L’affaire Depardieu

Ce que l’on peut appeler « l’affaire Depardieu », qui a trop longtemps défrayé la chronique, jette un singulier éclairage sur la sensibilité de l’opinion en France sur certains sujets.

En premier lieu, il semblerait que, dans l’ensemble, le public n’ait guère été incliné à condamner vigoureusement l’attitude, cynique et égoïste, de l’acteur. Certains y ont même vu une opportune réponse au « tour de vis fiscal » imposé par la conjoncture et dont ils s’estiment les injustes victimes : une revanche par procuration ou par personne interposée en quelque sorte.

En d’autres termes, les Français ne sont nullement choqués qu’un acteur, qui met en vente à 50 millions d’euros un hôtel à Paris, excusez-moi du peu, sans compter la maison de Belgique et une somptueuse villa en construction sur la côte en Normandie, puisse allègrement pratiquer, et en toute impunité, la « resquille fiscale ». L’homme a manifestement des moyens. Les mêmes s’indignent à grand bruit des gros salaires des cadres dirigeants qui font vivre la nation ( PSA, EDF etc. etc. ) nourrissent une indulgence sans bornes pour l’enfant de la balle qui a réussi. Cela peut surprendre mais il en est ainsi. Ah, mais c’est qu’il fait rire, lui . Drôle de pays que le nôtre.

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