Sur la mort de 4 de nos soldats en Afghanistan

J’ai fait mon service militaire pendant la guerre d’Algérie, pendant deux longues années. Plus tard, j’ai été nommé directeur à l’Otan du temps de la Guerre Froide. J’ai eu enfin le privilège d’être conférencier à l’Ecole supérieure de Guerre pendant un certain nombre d’années.

C’est dire l’attachement profond, et le respect, que je ressens pour l’institution militaire et les hommes qui l’incarnent. Car l’armée française représente, en effet, à mes yeux, un des derniers viviers de notre société qui cultive encore, dans la discrétion, les qualités d’honneur, de sacrifice, de courage et de patriotisme tant vilipendées aujourd’hui dans tant de secteurs de notre pays. Lire la suite

L’OTAN, l’Europe et la sécurité de la France

Depuis quelque temps, l’armée française est à l’honneur, du moins en apparence.

Après une longue période d’hibernation, la voilà enfin présente sur tous les fronts, (sauf en Irak évidemment), en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et en Libye[1]. Faut-il s’en réjouir ? En fait, ce réveil de l’armée s’articule en trois séquences distinctes, chacune ayant ses motivations circonstancielles propres et ses liens de causalité avec la suivante. On peut ainsi considérer que le retour à l’OTAN rendait quasi inévitable l’engagement de la France en Afghanistan puis difficilement évitable la tentation de porter les armes en Libye.

Le retour à l’OTAN

Etait-il obligatoire ou nécessaire ? Comment l’expliquer ou le justifier ? De fait, cette décision, prise personnellement par Nicolas Sarkozy fraichement élu à la présidence, a procédé de deux types de motivations fort différentes[2]. La première, commune à la plupart des chefs d’Etat en début de mandat, est de « faire différent » et, si possible, à moindre coût. Pour Sarkozy il convenait devant son électorat, de « marquer le coup », de faire montre, de façon spectaculaire, d’une volonté de rupture avec la position de ses prédécesseurs[3].

La deuxième motivation, plus sérieuse, a été la volonté de s’aligner sur l’Amérique, pour le meilleur et pour le pire. Ce n’est pas pour rien que la presse avait cru devoir affubler le nouveau président du sobriquet de « Sarko l’Américain ». En réalité, on aurait pu en dire presqu’autant de ses prédécesseurs à l’Elysée. Ces derniers n’avaient pas agi autrement lorsque l’heure était grave. Songeons au soutien inconditionnel du Général de Gaulle aux Etats-Unis à l’occasion de la crise des fusées à Cuba en octobre 1962 ou de l’attitude de François Mitterrand, bien des années après, dans des circonstances analogues, lors de la crise des fusées Pershing de 1983. Lire la suite