François la Chance

Yves-Marie Laulan Paris le 5 février 2015

François la Chance

Heureux François Hollande ! Il est manifestement béni par les Dieux qui peuplent l’Olympe socialiste. Jugez-en .
Voici quelques semaines, il était au plus bas dans les sondages, battant même au passage un record historique. Jamais dans l’histoire de la V° République un président de la République n’avait été aussi mal aimé de ses administrés avec autant d’opinions négatives.
Et voici que, miracle, le voici qui rebondit allègrement dans les sondages avec un gain de 20 points en quelques jours. Et passez muscade. Comment expliquer ce rétablissement prodigieux ?
C’est qu’entretemps trois sinistres canailles, des délinquants reconvertis dans le terrorisme, -cela fait plus noble-, ont accompli leur triste besogne. Les Français, peuple sensible, ont apprécié la dignité avec laquelle le président de la République a accompagné les malheureuses victimes à leurs dernières demeures en prononçant d’émouvants discours au profit des uns et des autres : la République attaquée, les victimes abattues, les policiers méritants. Personne n’a été oublié. Chacun a eu droit à son hommage présidentiel. Et le tour est joué. François s’est refait une vertu. Bravo l’artiste.
François Hollande devrait, son mandat achevé, se lancer dans une nouvelle carrière comme entrepreneur des Pompes Funèbres. Il y réussit si bien. Il est fait pour annoncer des nouvelles lugubres. Il est vrai qu’il a vraiment la tête de l’emploi, la mine digne, l’air défait, le teint couperosé parsemé de boutons, les paupières tombant mollement sur les yeux comme pour mieux dissimuler le regard. Comment Julie Gayet ne serait-il pas flattée d’accueillir dans ses draps , avec ou sans scooter, un président redevenu si populaire en si peu de temps et à peu de frais .
Car nos compatriotes, peu regardants, se sentent désormais confortés, protégés et compris. Peu importe que les chiffres du chômage, à 3,5 millions de chômeurs, aient eux aussi franchi un niveau historique ; peu importe que le déficit extérieur poursuive son chemin vers l’abîme ; peu importe que la politique économique poursuivie avec obstination contre vents et marées, en l’absence de toutes réformes, soit un fiasco spectaculaire.
Les Français, peuple à la mémoire bien fragile et à l’entendement limité, feraient pourtant bien, le moment d’émotion passé, s’interroger sur le fait que notre président socialiste, et le parti qui l’a fait élire, sont directement à l’origine du problème inextricable dans lequel la société française est se débat aujourd’hui. Car il y a bien des responsables de la situation quelque part, par exemple au gouvernement.
Voyons voir. Le terrorisme ne fleurit pas naturellement, comme des roses dans un jardin fertile. Il lui faut un milieu protecteur, un terreau accueillant dans lequel il peut s’implanter et pousser ses racines. Et ce milieu, c’est trente années d’immigration insouciante poursuivie, encouragée par le pouvoir socialiste , en dépit des avertissements multiples qui n’ont pas manqués de se faire entre tout au long de cette période .
Que n’avons pas entendu au cours de ces longues années. De quels discours, de quels sermons n’avons pas été abreuvés par la presse et les hommes politiques de gauche . La France, terre d’asile, nourrie de grands principes et gavée de bons sentiments, se devait d’accueillir tout le monde, d’où qu’ils viennent, mais, de préférence, de pays musulmans. Et c’est bien ce qui s’est passé.
Maintenant le mal est fait. Et il est rigoureusement impossible de revenir en arrière avec plus de 10 % de la population d’origine musulmane ou sous l’influence de l’Islam. Mais chut. Il ne faut pas le dire. Sinon gare. C’est le procès assuré. Il ne faut pas stigmatiser. Il ne faut pas amalgamer. C’est le nouveau « buzz », le nouveau mot d’ordre. Ah que la langue française est donc riche et belle lorsqu’il s’agit d’inventer de nouveau vocable lénifiants pour pousser des problèmes gênants sous le tapis . C’est la novlangue de la V° République socialiste.
Et l’on croit s’en tirer avec quelques mesures vaguement bricolées comme le stationnement, dans le froid, de quelques malheureux soldats plantés devant des lieux exposés et pour combien de temps. ? Et avec ça, la France sera sauvée et les terroristes terrorisés et l’islamisme radical exorcisé. De qui se moque- t-on ?
Bien plus. Les Français ne devraient-ils pas se demander comment justifier le fantastique échec de nos services de renseignements pourtant si souvent cités en exemple ? Comment expliquer que ces réseaux terroristes aient réussi à se mettre en place au nez et à la barbe notre police si vigilante ? Pourquoi avoir toléré la mise en place de dispositifs administratifs et douaniers permettant à des terroristes en herbe de quitter le territoire national , de passer en Turquie, de pénétrer dans un pays en proie à une guerre civile atroce, et de revenir tranquillement commettre quelques crimes sur le territoire national, au nom d’Allah bien sûr.
Or n’oublions pas que l’actuel Premier ministre, quelle que soit la sympathie que sa personnalité peut inspirer, a été ministre de l’Intérieur pendant des années. Pour ne pas être en reste, ne perdons pas de vue que Nicolas Sarkozy, avant d’être président de la République, a occupé le même poste. Et que dire d l’actuel et sympathique ministre de l’Intérieur Jacques Cazeneuve ? Il a certes fait preuve d’ un admirable sang-froid pendant ces évènements tragiques. Mais il n’était guère ne première ligne, tant s’en faut. Et qu’a-t-il fait pendant les deux années et plus où il a occupé ce poste ministériel ? N’était-il au courant de rien ? S’est-il préoccupé de mettre en place des mesures susceptibles de prévenir ces attentats ? Avons -nous affaire à des hommes politiques responsables de leurs actes, ou de leur omissions, ou à des potiches tout justes bonnes à inaugurer des monuments et à prononcer des allocution de condoléances aux familles de victimes..
Mais enfin qui a nommé, et sans doute imposé au gouvernement, l’incorrigible Christiane Taubira, Madame « prisons portes ouvertes », laquelle qui se proposait encore tout récemment de faire passer une loi apportant un relâchement supplémentaire à nos lois jugées trop répressives ? C’était vraiment le moment. Et Christiane Taubira est toujours en place que je sache.
Qu’ont‘ ils fait les uns et les autres pour remédier aux lacunes béantes de notre système de renseignements ? Qu’ont-ils fait par prévenir le retour de tels drames ?
Ou alors ne faut-il pas reconnaître honnêtement que le mal est fait, qu’il « n’est pas possible de mettre un gendarme devant chaque porte, comme l’avait dit tantôt un homme politique et qu’il faut s’habituer désormais à vivre dans l’attente du prochain attentat. Comme au Pakistan. On n’arrête pas le progrès.
Mais la « martingale » de François Hollande ne s’arrête pas là. Les Grecs délinquants viennent aussi miraculeusement à son secours. Ce pays endetté jusqu’au cou après des années de débauche financière, vient d’élire un gouvernement de combat avec à sa tête un premier ministre beau comme un jeune Dieu grec, digne d’une affiche de cinéma, d’extrême gauche par dessus le marché . Et allez zou. Jetons aux orties les bons principes de la rigueur financière. A bas l’austérité qui fâche l’opinion. C’est dit. On remboursera ne plus ses dettes (de façon à pouvoir recommencer demain de plus belle ).
C’est là un met qui exhale sans nul doute un fumet délicieux aux narines délicates de notre cher président. Ne plus rembourser ses dettes, et avec, en prime, la compréhension de l’Union européenne de la communauté et la bénédiction de l’Amérique. ? Mais cela intéresse bigrement le président d’une France lourdement endettée, presque autant que la Grèce.
Et Françoise Hollande, toujours charmeur, d’accueillir en sauveur et en ami le nouveau premier ministre grec porteur d’aussi bonnes promesses. Le voilà instauré dans un nouveau rôle qui lui va comme un gant, celui d’intermédiaire obligé de l’Union européenne. Décidément, François Hollande, tel un caméléon de charme, est irremplaçable dans tous ses emplois successifs.

Vladimir Poutine est-il atteint d’autisme ?

Vladimir Poutine est, selon une étude américaine, atteint d’une forme atténuée d’autisme. Ainsi s’expliquerait son regard fixe et le fait qu’il n’écoute personne. Ce n’est pas exclu.
Mais ce qu’il y a de sûr est qu’il a une idée fixe : remettre tôt ou tard la main sur l’Ukraine pour reconstituer l’Empire russe. Et c’est pourquoi n’a pas prêté la moindre attention aux propos tenus par François Hollande et Angéla au cours de leur énième toute récente mission à Moscou pour « sauver la paix ».
C’est qu’il n’a aucune raison de le faire. Ils n’ont « rien à lui vendre », sauf une vague promesse de l’atténuation, voire la suppression des fameuses sanctions », dont on a pu voir qu’elles ne servent rigoureusement à rien et que Vladimir Poutine s’en moque éperdument. Depuis le temps, l’Occident devrait savoir que les dirigeants de la Russie, comme avant ceux de l’Union soviétique auparavant, sont largement insensibles à l’argument économique. Ils traitent le niveau de vie des Russes et leurs ressources comme une espèce d’édredon capable d’absorber n’importe quel choc conjoncturel. Ils peuvent le gonfler ou comprimer à loisir, au nom du patriotisme russe, du souvenir de la grande guerre patriotique et de la lutte contre l’ennemi héréditaire, l’Amérique Et grâce à la vodka… potion magique, panacée universelle, qui permet aux Russes de tout supporter. D’ailleurs Vladimir Poutine, en fin connaisseur de l’âme russe, vient d’en abaisser le prix. Ce n’est pas un hasard.

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Poutine heureux en amour ou en affaires?

Yves-Marie Laulan                                                Paris le 19 juin 2014

 

Poutine heureux en amour ou en affaires ?

La France avait déjà connu la Mandelamania . La voici aujourd’hui plongée dans une extase similaire à propos du président russe, Vladimir  Poutine, heureusement pour ce dernier, de son vivant et non après sa mort.

A dire vrai ce culte concerne surtout les « gens de droite », voire d’extrême droite, FN en tête, et guère les gens de gauche, ceux-ci étant peu enclins aux épanchements affectifs concernant la Russie, pays qu’ils regardent  avec une certaine méfiance . Pensez donc ! Un pays où l’homosexualité n’est pas considérée comme une vertu  cardinale pour la société et la famille et où on tendance à punir davantage les criminels que les victimes. Un monde à l’envers !

Comment expliquer cette bonne presse au profit d’un leader étranger somme tout fort lointain des préoccupations politiques françaises au quotidien ?

En premier lieu, les Jeux fastueux, incontestablement réussis, de Sotchi ont atteint leur but. Ils ont, sans conteste, fortement impressionné l’opinion publique mondiale désormais convaincue d’avoir affaire à une puissance restaurée dans sa grandeur et sa stabilité.

Rappelons-nous . Que n’avait-on dit sur ces Jeux , non sans quelque malice (du côté américain) ? Qu’ils était horriblement coûteux, 50 milliards de dollars , sinon plus, ce qui est vrai . Que  cet argent aurait été mieux dépensé pour acheter des casseroles neuves ou des lessiveuses pour les ménagères russes, (enfin des investissements); ce qui est toujours vrai. Mais  l’impact  de ces achats ménagés, bien qu’incontestablement utiles,  sur les médias mondiaux aurait été probablement plus modeste. On  a aussi avancé qu’il y avait un risque sérieux d’ attentats terroristes. Or pas un acte criminel n’est venu perturber le bon déroulement de cette manifestation sportive. Pari gagné donc pour W. Poutine.

Au surplus  l’homme a de quoi séduire par son   charme personnel. Poutine porte beau , comme on disait autrefois des « Lions  de salon »  au XIX° siècle. Il faut bien reconnaître, même si  notre orgueil national devait en souffrir, que son visage  viril l’emporte largement sur la face molle et rougeaude, tavelée de verrues du président français. Au surplus,  le kimono ceinturé  d’une ceinture noire de judo, le président russe a fière allure, comme d’ailleurs torse nu et bronzé à cheval sur un étalon blanc comme on l’a vu de temps à autre.. Apparemment l’entraînement sportif sur les tatamis  du KGB vaut largement celui des moquettes de la rue Solférino . L’homme sait soigner son image  et doit faire rêver bien  des Natachas russes, très sentimentales comme chacun sait, tout  comme des Françaises sans doute, sinon l’entourage masculin de Marine Le Pen….

Mais il y a plus. Rappelons-nous l’adage  bien connu : « les  ennemis de mes ennemis  sont mes amis ». Car Poutine incarne à ravir tout ce que la droite déteste cordialement, et non sans quelques raisons, dans la France socialiste d’aujourd’hui veule, molle, avachie, déboussolée, accumulant les déboires et totalement   incapable  de gouverner convenablement le pays.

Or Poutine a su très habilement capter à son profit le renouveau de l’église orthodoxe en Russie qui connait une renaissance remarquable après des années d’oppression sous Staline. Pendant ce temps, notre Jacques Chirac, en bon laïcard  bien obtus, -resté fidèle aux mânes du petit Père Combes de 1905-, refusait d’inscrire les racines chrétiennes de l’Europe dans la Constitution de l’Europe. En outre, dans une Europe en pleine débandade identitaire où les valeurs morales sont à la dérive, patriotisme au premier chef, la vision d’un homme d’ Etat qui célèbre la grandeur de son pays et des valeurs traditionnelles a quelque chose de fortement tonique.

Par ailleurs, Poutine est un maître de la gouvernance autoritaire de son pays . C’est le despote éclairé dans toute sa splendeur, celui dont aurait pu rêver Voltaire (qui  appréciait, on le sait, l’hospitalité fastueuse de Frédéric II de Prusse au château du Sous Souci) .

Certes, les bonnes âmes scrupuleuses imbibées du respect des principes démocratiques gémiront devant  la façon quelque peu cavalière, voire carrément désinvolte dont Poutine  interprète l’alternance démocratique au pouvoir. La démocratie « à la russe » ressemble fort en  effet à une comédie de boulevard  avec deux  personnages, Vladimir Poutine et le gentil Dmitri Medvedev qui jouent aimablement  au « culbuto »[1] tous les cinq ans, l’un remplaçant  l’autre  à la tête du pays. Mais    toujours le même, à savoir l’actuel président, conservant bien entendu l’intégralité du  pouvoir, qu’il soit Président ou Premier ministre. Et ce petit jeu dure depuis une bonne quinzaine d’années.

Mais, après tout, si les Russes s’en déclarent satisfaits, c’est leur affaire. Devrions-nous nous déclarer plus royalistes que le roi ? Et d’ailleurs la démocratie en France est-elle vraiment respectée avec un parti, le FN, lequel obtient régulièrement plus de 25 % des suffrages à chaque consultation électorale mais pas plus deux députés à l’Assemblée nationale ? Alors, autant balayer devant notre pas de porte avant d’aller scruter la paille dans  l’œil du voisin.

***

Il faut dire aussi que Poutine est remarquablement avisé quand il s’agit de flatter l’opinion publique et notamment celle de ses amis de droite. La Voix de la Russie, organisme de propagande  patenté, fait sans vergogne de la publicité en faveur de la Russie et   influence une partie non négligeable du public français.

Bien mieux, Marine Le Pen a été reçue comme un chef d’Etat à Moscou ce qui n’a pas dû peu flatter l’orgueil d‘un leader politique en  peu accoutumé à recevoir tant  d’égards  dans son propre pays [2].

En contraste, le malheureux Obama, le président américain, a fait bénéficier le président François Hollande d’une réception à grand spectacle à Washington, allant même jusqu’à lui accorder le rare privilège de s’adresser publiquement au Congrès américain, Sénat et Chambre réunis. S’agissant d’un leader plutôt minable et proprement décrié dans  son propre pays, cet hommage appuyé a été perçu au mieux comme une maladresse  incongrue voire même déplacée, preuve supplémentaire de la capacité de notre grand voisin et ami  américain à accumuler les gaffes diplomatiques.

A cela s’ajoute le fait qu’une partie non négligeable de l’opinion publique en France conserve, au  plus profond  de son inconscient, une sorte de rancœur  à l’encontre de l’Oncle Sam en général et  des « Anglo-saxons » en particulier, Ils sont , en effet, perçus, telle naguères la « perfide Albion », comme l’ennemi héréditaire de notre pays, de Jeanne d’Arc à Fachoda. Le fastes de la célébration du Débarquement en Normande n’ont fait qu’effleurer, sans le faire disparaître  le ressentiment profond qu’éprouvent encore aujourd’hui beaucoup de Français à l’encontre des Américains jugés trop riches, trop envahissants, trop puissants, bref, trop américains. Ce qui n’empêche nullement les jeunes Français de copier servilement toutes les modes venus d’Outre Atlantique . Quand même.

La Russie de W. Poutine offre donc  un contrepoids bienvenu au vieux  ressentiment français, ne serait-ce que parce que la présence russe en France demeure remarquablement discrète, en dépit des exploits des maffias russes sur le Côte d’Azur.

***

Ceci étant, ce tableau idyllique comporte quand même des zones d’ombre. Dans leur enthousiasme les thuriféraires de Poutine sont allés jusqu’à célébrer comme un triomphe l’accord gazier conclu entre la Chine et la Russie portant sur la livraison pendant 30 ans  de 400 milliards de m3. Cet accord a été interprété  comme un pied de nez à l’Europe, pour la punir de ses états d’âme sur l’Ukraine,  et un bras d’honneur à l’Amérique,  et au dollar américain  dont on annonce le déclin inévitable (depuis 60 ans quand même). Mais là il faut se demander si Poutine le géopoliticien sagace, n’a pas fait une fort mauvaise affaire au détriment de Poutine, l’économiste amateur.

Sur le papier l’affaire parait très satisfaisant.   Dans la réalité, le tableau est peut-être moins plaisant. Il semblerait, en premier lieu,  que la Russie ait dû accepter une forte décote sur le prix, fixé, en principe, à 350 dollars le baril en équivalent pétrole, mais probablement sensiblement  en dessous du prix de marché.

Au surplus,  ces livraisons seront payables en yuans et non en dollars comme il est de coutume en matière de commerce d‘ hydrocarbures. Mais cela signifie que la Russie, qu’elle le veuille ou non, devra acheter pendant 30 longues années des produits chinois au prix convenu dans l’accord gazier. Et cela quelles que soient les fluctuations du yuan dont on sait qu’il a tendance à valser, toujours à la baisse, au gré des autorités chinoises et de la conjoncture économique de la Chine.

Au total ,  les Russes seront littéralement pieds et poings liés, prisonniers de leurs acheteurs chinois. Cela rappelle étrangement la fameuse fable de Don Juan et de son tailleur. En  premier lieu, pas question de se livrer avec un partenaire aussi redoutable au petit jeu favori de Gazprom : « je livre, je livre plus, je change le prix en cours de contrat, je réduis les approvisionnements » etc etc. La Russie a pu se livrer sans risques à ce petit jeu délicieux avec la malheureuse Ukraine . Mais  avec la Chine, pas question . Ou gare à la casse.

Par ailleurs , avec le gaz de schiste, les experts nous disent que le prix du gaz naturel est inévitablement à baisser. Les Chinois vont- ils accepter de bon cœur de surpayer le gaz naturel russe pendant 30 ans ? Cette mansuétude chinoise serait bien surprenante.

Et puis qu’importer en masse de la Chine sur des volumes aussi colossaux ? Des tee-shirts en coton , des jouets pour enfants ou du riz bio ? Ce retour au bilatéralisme commercial après  des décennies de multilatéralisme est un retour en arrière commercial comportant bien des inconvénients comme les Russe vont en faire surement l’expérience.

Il faut voir dans cette affaire le dédain du géopoliticien amateur de « coups » au détriment de l’optimum économique. Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire de la Russie.

Au-delà de ce marché qui sera peut-être un « marché de dupes » du siècle, il faut se demander si ce rapprochement avec la Chine célébré à grand spectacle ne comporte pas des dangers dont le leader russe n’est peut-être pas très conscient. Comme le dit si bien l’adage bien connu,  « lorsqu’on déjeune avec le diable, il faut se munir d’une longue cuillère ». Car, pour la Russie, le danger stratégique à long terme est bien  la Chine  voisine, et non la lointaine Amérique.

Car Il ne fait guère de doute qu’après avoir digéré le Tibet, ce à quoi s‘affaire la Chine pour le moment, c’est vers la Sibérie que va se tourner inévitablement le regard des  Chinois en quête de nouveaux territoires à avaler. Ici la rivalité entre ces deux puissances est inscrite dans leur géographie. D’ailleurs une colonisation sournoise de la Sibérie par des colons chinois est déjà en cours, si l’on en croit certains témoignages. Jusqu’où cette invasion démographique ira-t-elle. ? L’avenir nous le dira.

En attendant, Poutine ferait bien de ne pas se satisfaire de « victoire »éphémère sur le rival américain. Peut-être  se trompe-t-il de guerre et d’adversaire, comme Staline en 1938[3]. A long terme Poutine serait-il  un si bon stratège que cela ?



[1] Jeu d’enfant divertissant où le jouet retombe toujours en place quel que soit la façon dont il tombe.

[2] Il est vrai que Gérard Depardieu en a reçu autant, ce qui est moins flatteur

[3] Il est fait évidemment ici au trop fameux pacte Molotov-Ribbentrop de 1938 qui a précédé de quelques années seulement  l’invasion de l’Union soviétique  par les troupes du Reich.

Attentats : une marche pour rien?

Ils mangèrent du raison vert et leurs enfants ont eu les dents agacées

Comme le disait tantôt suavement l’ineffable Edouard Balladur, « il ne faut pas bouder son plaisir ». Ne boudons donc pas notre plaisir de voir la France, pour une fois, rassemblée dans une marche « historique » -comme on dit aujourd’hui à tout propos- contre le terrorisme islamique ; une Assemblée nationale entonnant tous partis confondus la Marseillaise, une première depuis près de 100 ans ; un président de la République enfin dans son rôle à la tête de l’Etat ; et un Premier Ministre qui a trouvé, lui, des accents de Chef de l’Etat.
Mais il faut se demander si nous ne sommes pas une fois de plus en train de céder à l’ivresse des mots et à l’euphorie d’une cohésion nationale miraculeusement retrouvée. Or c’est précisément là que le bât blesse. Car la France reste coupée en deux. Ne nous voilons pas les yeux comme on le fait à plaisir depuis 30 ans. Le fond de l’affaire est que le terrorisme est l’enfant légitime, ou le sous-produit, d’une immigration forcenée à majorité musulmane. Cette immigration a créé les conditions idéales pour l’implantation du terrorisme sur le territoire national. Mais, hélas, au-delà du problème du terrorisme, les conséquences réelles pour notre pays en sont infiniment plus graves. Il s’agit tout simplement de notre identité nationale. A cet égard, deux livres récents à succès annoncent la fin de notre pays comme nous l’avons fait nous même sans relâche et sans aucun succès, depuis près de 30 ans. L’immigration, voilà l’ennemi.

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La problématique de Vladimir Poutine

Avec l’entrée en récession de la Russie, Vladimir Poutine est aujourd’hui confronté à une crise systémique dont il ne faut pas se dissimuler la gravité. Les troubles qu’il entretient plus ou moins ouvertement dans le Sud-Est de l’Ukraine en espérant y trouver un dérivatif ou un palliatif pour les difficultés propres à la Russie, en sont une des manifestations. Considérée sous cet angle, la démarche de Vladimir Poutine et parfaitement logique et rationnelle. Elle se justifie en termes d’économie de moyens et de ressources.

Les années euphoriques

Pendant une quinzaine d’années, à la suite de l’effondrement de l’empire soviétique et du de chaos de la période de Boris Eltsine, parvenu au pouvoir pour donner un nouveau souffle à la Russie, Vladimir Poutine semblait bénéficier d’excellentes chances de réussir dans son entreprise.

Mais, depuis les Jeux de Sotchi, qui devaient affirmer aux yeux du monde « que la Russie était de retour », cette tentative de redressement commence à donner des signes de faiblesse et même à marquer le pas.

Au départ, avec une bonne tenue des prix du pétrole et une croissance moyenne à 5% l’an pendant une quinzaine d’années, les objectifs de l’entreprise de restauration lancée par le nouveau maître de la Russie paraissaient raisonnablement accessibles.

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Requiem pour Vladimir Poutine

Malheureux Vladimir ! Quand il est allé aimablement participer au dernier G20 en Australie, en novembre dernier, savez-vous ce que le Premier Ministre australien, ce grossier personnage, n’a rien trouvé de mieux à lui dire en guise de bienvenue : « Je vous serre la main (sous-entendu, parce que je ne peux pas faire autrement), mais il faudrait cesser de menacer l’Ukraine ». Oser dire cela au représentant de la première puissance mondiale (enfin après l’Amérique, la Chine, l’Europe, l’Inde, le Japon, le Lichtenstein et bien d’autres). Mais quel toupet !

Et les reproches de pleuvoir de tous côtés tout au long de la session à telle enseigne que Poutine n’a eu d’autre ressources que de s’enfuir précipitamment de cette maudite réunion, comme un cancre chassé de la classe, sans que personne ne lui serre la main, sauf les policiers casqués de service chargés d’assurer sa sécurité. Et encore ces derniers n’avaient-ils guère le choix, étant précisément en service. On en avait le cœur serré pour lui.

L’Ukraine, toujours l’Ukraine, c’est assommant à la fin. Alors qu’il y a tellement de choses bien plus intéressantes à évoquer comme les ballets du Bolchoï ou les exportations de vodka, les poupées russes ou les ventes de peaux de castor etc. etc. Mais voilà. C’est comme ça. Les Occidentaux, dont on sait qu’ils veulent la perte de la Russie, depuis toujours, ne pensent qu’à ça. Pas de chance.

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Ces Français renégats qui partent faire le Djihad

1° Mais il faut au préalable rappeler une évidence que l’on aurait tendance à perdre de vue. Ce triste phénomène, qui fait la Une des médias,- est-, en fait, parfaitement banal et marginal. Marginal, car il ne concerne qu’une poignée de jeunes crétins désœuvrés et désorientés, dépourvus de cœur et de cervelle. On en aurait identifié formellement deux ou trois et on parle allègrement de plusieurs centaines. Mais qu’en sait-on exactement ? De toute façon, sur une population de 63 millions de personnes, c’est quand même fort peu. L’effet grossissant de la télévision et des médias qui adorent gonfler les chiffres à plaisir pour frapper les esprits est évidemment ici à l’œuvre. Banal, car on sait que la nature humaine est, dans certaines circonstances, capable des pires atrocités. Cela s’est vu en tout temps et en tous lieux. Notre époque n’y fait nullement exception. En troisième lieu, ces manifestations sordides qui exercent sur nous une sorte de fascination perverse, sont largement le fruit de l’action d’internet et des médias. Il est tellement plaisant de frissonner d’horreur devant son écran de télévision.
Sans cela, ces épisodes sinistres cesseraient d’attirer l’attention et seraient promptement ramenés à leur place, celle d’un petit tas d’ordures sans intérêt. Il y a clairement une mise en scène médiatique. C’est exactement ce que cherchent ces malheureux.

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L’Afrique, toujours sous perfusion, s’agite plus que jamais

L’Afrique n’en finit pas de nous occasionner des soucis sur le plan de la sécurité. Rien à voir avec l’Ukraine ou la Crimée, fort heureusement. Mais après le Mali, c’est maintenant la Centrafrique qui entre en fusion.

Depuis deux ans, ce continent déshérité a exigé de la France deux interventions militaires, de faible envergure il est vrai, pour ramener un semblant d’ordre dans l’un et l’autre de ces deux pays agités de soubresauts convulsifs sporadiques, l’opération Serval au Mali, puis, dans la foulée, l’opération Sangaris en Centrafrique. On se demande d’ailleurs où les militaires en charge de ces affaires sont allés pêcher des noms aussi bizarres. Tant mieux, cela montre qu’à défaut d’être suroccupés, nos militaires ont de l’imagination.

Ces interventions appellent deux observations. La première est qu’il s’agit d’opérations « en trompe l’œil » en ce sens que, relativement peu coûteuses, elles sont immanquablement couronnées de succès (du moins en apparence), compte tenu de la faiblesse relative de l’adversaire. Elles contribuent ainsi à donner au public, fort ignorant et du reste indifférent à la « chose militaire », une fausse idée de l’état réel de nos forces armées dont la faiblesse intrinsèque, faute de ressources adéquates, est ainsi camouflée aux yeux de l’opinion.

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L’Ukraine et la Crimée : la problématique

L’affaire de l’Ukraine n’a pas fini de faire couler de l’encre. Or il y a plusieurs aspects pourtant importants du problème ukrainien qui n’ont guère attiré l’attention des observateurs. C’est, d’une part, la situation économique de l’Ukraine, pays potentiellement fort riche, mais en situation de faillite virtuelle. Par ailleurs, la Crimée pose un problème épineux de droit international : dans quelle mesure une population faisant partie d’un ensemble national peut-elle faire sécession et proclamer unilatéralement son indépendance du pouvoir central ? Ce que la Crimée vient de faire. En dernier lieu, pour compléter ce tour d’horizon, quels sont les moyens dont disposent éventuellement l’UE et les Etats-Unis pour faire pression sur Poutine et le faire changer d’avis ?

1°Pourquoi l’Ukraine est-elle en état de faillite virtuelle ? Car c’est bien là le nœud du problème. Car si ce pays avait des finances en équilibre avec une économie prospère, il n’aurait pas eu besoin d’appeler à l’aide l’Union européenne, si bien que Poutine n’aurait pas eu l’occasion de venir se mêler des affaires ukrainiennes.

Rappelons que l’Ukraine a un énorme problème d’endettement. Le déficit des paiements extérieurs atteint 8 % du PNB, et au cours des deux prochaines années, en 2014 et 2015, ce sont 35 milliards de dollars qui viennent à échéance. Par ailleurs, les réserves de change sont au plus bas, les banques sont à court de liquidités et l’endettement atteint 180 % du PIB, des taux « grecs ». Notons, au surplus, qu’entre 1996 et 2013, la population de l’Ukraine a perdu 7 millions de personnes en raison d’un des plus faible taux de fécondité d’Europe (1,1 enfant par femme) et, sans doute, d’une forte émigration.

Sur le plan de l‘économie, le tableau n’est guère plus plaisant. Depuis 1991, l’économie de l’Ukraine s’est contractée de 30 % alors même que celle de la Russie augmentait de 20 %. On comprend ainsi pourquoi certaines régions frontalières de l’Ukraine sont tentées de regarder à l’Est plutôt qu’à Kiev.

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L’Ukraine et le coup de bluff de Vladimir Poutine

Poutine joue avec le sort de l’Ukraine comme un gros matou s’amuse avec une minuscule souris. Il joue aussi avec les nerfs du monde occidental qui voudrait tant que ce cauchemar s’en aille de lui-même pour qu’il puisse enfin retourner tranquillement à ses petites occupations quotidiennes. Hélas, le problème ukrainien a la tête dure.

Cette affaire a eu au moins de mérite de révéler au monde le vrai visage de Vladimir Poutine que l’on avait presque oublié après les fastes somptueux des Jeux de Sochi. Panem et circences disaient les anciens Romains. Nous avons eu les jeux du Cirque blanc et maintenant il nous faut avaler le pain noir de la géopolitique. Tout a son prix.

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