Pauvre France

Pauvre France, comme aurait dit Jean Lefebvre en son temps.

Voilà un ministre d’origine espagnole (il a été naturalisé en 1982, voici 30 ans, quelle ascension politique vertigineuse !) qui poursuit avec acharnement de son ire un Français d’origine camerounaise, pour défendre l’honneur des Français d’origine juive. Et les bons Français de souche, comme on dit, dans tout cela ? Ils contemplent ébahis ce spectacle étrange en se demandant dans quel pays nous vivons et dans quelle époque. Voilà où mène une politique d’immigration incontrôlée qui débouche inévitablement sur un communautarisme où chaque communauté hérissée et constamment sur la défensive cherche à défend bec et ongles son fief plutôt que de se fondre dans l’ensemble français.

Certes, l’anti-sémitisme est une bien vilaine chose et l’incitation à la haine raciale mérite d’être condamnée. Tout le petit peuple politique qui frétille de concert, à droite comme à gauche, en est bien d’accord et applaudit Monsieur Valls des deux mains. D’ailleurs les lois Gayssot et Pléven y pourvoient amplement, Dieu merci.

Mais fallait-il pour autant poursuivre l’ennemi avec une telle hargne jusque dans les coulisses d’un spectacle soit disant humoristique. L’emploi d’un marteau pilon pour écraser une mouche est-il recommandé ? La lutte contre l’antisémitisme n’est-elle pas en train de virer à l’hystérie ?

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Immigration, diversité, métissage et identité

1° Quelques définitions :
– le métissage suppose un certain degré de mélange des populations par intermariages. Il s’agit donc, par essence et au départ, d’un processus biologique et non, en principe, culturel. Ceci étant le métissage comporte forcément des implications d’ordre culturel ou religieux.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Juifs sont traditionnellement hostiles au métissage de peur de perdre leur identité ethnique et religieuse.
-La diversité, selon les conceptions actuelles, serait plutôt la coexistence aussi pacifique que possible de diverses communautés autochtones ou immigrées au sein d’un même ensemble national. C’est en quelque sorte un « communautarisme apprivoisé ».
-Métissage et diversité sont le fruit d’une immigration massive et de longue durée, pacifique ou forcée. En l’absence de flux migratoires importants, la question ne se pose guère.

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La methode Sarkozy : le liquide

Décidément, on ne finit pas d’en apprendre sur les méthodes peu orthodoxes de Nicolas Sarkozy pour accéder au pouvoir.
Car c’est décidément un bien curieux personnage que les Français ont porté à la tête de l’Etat, sans scrupules, capable de tout et dépourvu de toute correction. Qu’en en juge plutôt.

Chacun sait que les élections coûtent cher, et les élections présidentielles plus cher encore.
Cela se comprend. En dépit de aides de l’Etat, il faut trouver des ressources supplémentaire, ouvertes ou discrètes, pour financer les innombrables « faux frais » de la campagne, la location de salles, les affiches, les « primes » aux amis, les « pourboires » aux supplétifs occasionnels, et j’en passe. Il faut de l’argent, beaucoup d’argent en France, comme aux Etats-Unis d’ailleurs. Ce ne sont certainement pas les maigres cotisations des militants du parti qui peuvent y suppléer. Il faut trouver autre chose.

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Immigration, changements de société et mutations de civilisation

1° Les migrations sont aussi vieilles que l’homme.
Ce dernier, en quête de ressources, partage, en effet, avec la plupart des espèces animales, la capacité de coloniser sans répit, de nouveaux territoires accessibles.
Sans cela, l’homme n’aurait évidemment pas colonisé la planète entière dès les temps les plus reculés.

2° Mais le terme migration recouvre en réalité des choses bien différentes.
En premier lieu, il y a la colonisation de territoires vierges de toute présence humaine. En second lieu, il y a l’entrée, paisible ou violente, acceptée ou forcée, de territoires déjà occupés. C’est le second terme qui nous préoccupe ici.

3° Le XXI° siècle va être dominé par l’extraordinaire poussée démographique de l’homme, et notamment, par l’explosion démographique de l’Afrique. Selon les prévisions de l’ONU, les populations de ce continent pourrait atteindre 3,4 milliards d’individus à la fin de ce siècle. Dès lors un homme sur trois serait originaire d’Afrique. Un phénomène d’une telle ampleur ne peut qu’entraîner des conséquences difficilement imaginables, notamment en termes de flux migratoires.

4° L’immigration est, par définition, destructrice du tissu social, à des degrés divers selon l’intensité des flux migratoires. Comme le disait Paracelse, « c’est dans la dose qu’est le poison » ;
Certes, l’immigration est, en soi, et en principe, un élément de dynamisme économique, ne serait-ce que du fait de la stimulation de la demande globale de consommation. En revanche, elle nécrose le tissu social dans lequel elle s’implante.
En d’autres termes, l’immigration massive fortifie le corps mais altère ou, au pire, porte atteinte à l’identité à l’âme des populations d’accueil.
Au delà d’un certain degré, en effet, d’une part, elle dissout les liens de solidarité et les références identitaires existant entre les différents groupes sociaux (sentiment d’appartenance à une classe sociale, valeurs nationales, références religieuses, traditions, héritage culturel, modes de comportement etc.) et génère des tensions entre les différentes composantes de la population en quête de reconnaissance sociale et d’accès aux biens de consommation.

5° Le XXI° siècle verra l’opposition entre les nations à forte intensité migratoire, -Etats-Unis, Europe – à faible homogénéité sociale- et les nations à faible intensité migratoire mais à forte homogénéité sociale : Chine, Inde, Japon, Russie, Afrique, Amérique latine, Moyen-Orient.
Lesquelles, des sociétés composites et des sociétés homogènes, vont l’emporter dans le combat pour les ressources et la domination géopolitique régionale ou mondiale ?

6° Car les sociétés composites souffrent d’un mal originel, à savoir la difficulté, ou l’incapacité de dégager un consensus global sur les objectifs politiques et sociétaux à atteindre. La volonté collective se disperse et se dissout entre une multitude d’individus sans liens relationnels forts entre eux, si ce n’est la satisfaction des besoins de consommation.
A cet égard, il est prévisible que les Etats-Unis, de plus en plus dominés par des minorités avides de pouvoir d’achat et de consommation de biens matériels, auront de plus en plus de difficulté à définir et à mettre en œuvre une politique étrangère au service d’une vision stratégique d’ensemble du destin américain.

Qui va survivre ou dominer le monde de demain ?

L’affaire Depardieu

Ce que l’on peut appeler « l’affaire Depardieu », qui a trop longtemps défrayé la chronique, jette un singulier éclairage sur la sensibilité de l’opinion en France sur certains sujets.

En premier lieu, il semblerait que, dans l’ensemble, le public n’ait guère été incliné à condamner vigoureusement l’attitude, cynique et égoïste, de l’acteur. Certains y ont même vu une opportune réponse au « tour de vis fiscal » imposé par la conjoncture et dont ils s’estiment les injustes victimes : une revanche par procuration ou par personne interposée en quelque sorte.

En d’autres termes, les Français ne sont nullement choqués qu’un acteur, qui met en vente à 50 millions d’euros un hôtel à Paris, excusez-moi du peu, sans compter la maison de Belgique et une somptueuse villa en construction sur la côte en Normandie, puisse allègrement pratiquer, et en toute impunité, la « resquille fiscale ». L’homme a manifestement des moyens. Les mêmes s’indignent à grand bruit des gros salaires des cadres dirigeants qui font vivre la nation ( PSA, EDF etc. etc. ) nourrissent une indulgence sans bornes pour l’enfant de la balle qui a réussi. Cela peut surprendre mais il en est ainsi. Ah, mais c’est qu’il fait rire, lui . Drôle de pays que le nôtre.

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Immigration et mariage gay

Il est un aspect du » mariage gay » qui a été ignoré.
C’est qu’il ouvre une fenêtre supplémentaire à l’immigration légale.

On sait que le droit au mariage permet à de jeunes immigrés, la plupart d’origine maghrébine ou africaine, d’aller « chercher une épouse au bled », comme l’écrivait tantôt le journal La Croix.
Si, demain, il venait fantaisie à plusieurs centaines de milliers d’Algériens français nouvellement naturalisés d’aller « se marier au bled », rien ne pourrait les empêcher le plus légalement du monde, après épousailles, de ramener en France leurs nouvelles épousées qui auraient, bien sûr, vocation, à devenir françaises quelques années après.

L’immigration nuptiale représente quand même, bon an mal an, environ 50 000 entrées supplémentaires, à très grande majorité musulmanes, qui viennent renforcer la présence de l’Islam dans notre pays. C’est, de fait, la deuxième « fenêtre » à l’immigration légale, après le regroupement familial.

Combien le nouveau droit au mariage ouvert par le « mariage gay » pourra –t-il entraîner de nouveaux entrées ? Nul ne peut évidemment le savoir. Mais il y a tout lieu de croire qu’elle sera loin d’être négligeable.

Il serait opportun de ne pas oublier cette conséquence du « projet gay » dans les débats qui s’ouvrent à l’Assemblée nationale.

Lettre ouverte à M. Barbier, directeur de l’Express, sur l’immigration

Paris, le 22 décembre 2012

Monsieur Christophe Barbier
Directeur
L’Express

Cher Monsieur,

Vous savez l’estime que je vous porte, depuis toujours. Aussi ai-je été extrêmement surpris de prendre connaissance du dernier numéro de l’Express consacré aux « coûts de l’immigration » et notamment à votre éditorial de ce même numéro.

Pour simplifier, vous développez deux idées, à dire vrai qui ne sont pas neuves, car la gauche, dont vous êtes le porte parole, ne cesse de les ressasser inlassablement depuis 30 ans, à savoir :

1° Les immigrés rapportent plus qu’ils ne coûtent.

2° Grâce à l’immigration, la France pourra tenir tête à l’Allemagne, et même l’emporter sur notre rivale de toujours.

La démonstration est éblouissante. Le malheur veut qu’elle n’a ni queue ni tête car fondée sur des éléments faux, incomplets, tronqués, ou déformés. Excusez-moi du peu.
Cela s’appelle, en bon français, de la désinformation comme le pratiquaient jadis certains régimes autoritaires de sinistre mémoire dont vous vous souvenez peut-être.

Reprenons votre démonstration, point par point. Ici, le modeste lecteur de l’Express que je suis, car je n’ai pas ni votre formation intellectuelle, ni votre vaste expérience des problèmes démographiques (voir cependant mon CV ci-joint), ne peut s’empêcher de penser que vous avez commis deux erreurs majeures, en fait, peu dignes de la direction d’un grand hebdomadaire comme l’Express.

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L’UMP, l’huitre et les plaideurs

Le bon Lafontaine l’avait déjà écrit bien avant nous.

Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent
Une Huître que le flot y venait d’apporter :
Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ;
A l’égard de la dent il fallut contester

L’huitre, objet d’une convoitise acharnée, c’est évidemment la présidence de l’UMP où les deux protagonistes voient, peut-être à tort d’ailleurs, l’antichambre de l’élection présidentielle.

Les plaideurs, chacun a reconnu les deux François, François Copé et François Fillon. On pourrait d’ailleurs appeler cet épisode charmant « la guerre des deux François ».
Quand à Georges Dandin, mon Dieu, comment ne pas le distinguer sous les traits d’Alain Juppé, né malin, rusé, madré. Il espère bien, en fin de compte, empocher, tout ou tard, la mise, grâce à une affaire qui le place enfin, le destin est miséricordieux, après tant d’avanies, en position d’arbitre, de vieux Sage, de Gourou même au sein de l’UMP.

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La réélection de Barak Obama

La cause est entendue. Obama a été réélu par les minorités noires et latinos, mais aussi par la fraction de la communauté blanche dite libérale, lisons quasi socialiste, parfaitement incarnée naguère par feu Edwards Kennedy, milliardaire au grand cœur. C’est celle qui ne rêve que d’étendre encore davantage l’emprise de l’Etat fédéral à des fins de justice sociale, entendons par là une redistribution aussi large que possible en faveur des déshérités, celle qui a milité avec acharnement en faveur de la réforme du National Health Service votée voici plus de deux ans.

Aux Etats-Unis comme en France, l’électorat blanc a été victime de l’immigration. En fait, cela était prévisible voici dix ans, lorsque le Bureau of Census américain nous a appris que le dernier bébé né aux Etats-Unis cette année-là changeait la majorité de la population en faveur des minorités. Les blancs d’origine caucasienne devenaient minoritaires pour la première fois dans l’histoire de l’Amérique. Les conséquences électorales n’ont pas tardé à se manifester.

En gros, cette élection a vu le triomphe de l’Amérique sociale et compatissante contre l’Amérique industrieuse et industrielle, l’Amérique du travail, de la compétitivité et de la réussite individuelle contre l’Amérique compatissante soucieuse de la prise en charge par la collectivité de tous les « laissés pour compte de la croissance. Et ils sont nombreux Outre Atlantique où la crise financière a creusé encore davantage le fossé toujours béant des inégalités de la société américaine.

Cette réélection apparaît d’autant plus injustifiée que Obama, en dépit de son évidente bonne volonté et de ses qualités personnelles, a échoué sur toute la ligne, notamment en terme d’emplois et de croissance. La création d’emplois nouveaux reste anémique et la croissance oscille, pour l’instant, autour d’une trajectoire quasi plate et cela en dehors d’un déficit budgétaire qui reste phénoménal et des énormes quantités de liquidités enfournée à tour de bras par Ben Bernanke, le président d’une Fed complaisante devenue une machine à imprimer des billets. En dehors de cela, la crise des crédits hypothécaires n’est toujours pas résolue et bien des ménages modestes continuent à être expulsés sans ménagement de leurs logements.

Bien plus, la réforme du secteur bancaire et financier n’a été menée à bien qu’en partie et les fameux hedge funds recommencent à faire parler d’eux et proliférer ici et là. Les leçons de la dernière crise n’ont manifestement pas été tirées. Une nouvelle « bulle » spéculative de taille colossale est en train de se former. C’est le développement fort inquiétant du « shadow banking » (hedge funds, assurance, fonds de pensions et autres entités financières), ce secteur financier de 67 milles milliards de dollars (vous avez bien lu mille milliards), qui échappe totalement à la règlementation qui s’impose au secteur bancaire traditionnel. Décidément, la spéculation financière a encore de beaux jours devant elle. A quand la prochaine crise ?

Que faut-il attendre de cette réélection ? Il est permis de se demander si, avec la mise à l’écart de Mitt Romney, malgré ses défauts, l’Amérique n’a pas perdu sa dernière chance de se réformer et de remonter la pente. En d’autres termes, il est donc à craindre que les Etats-Unis, qui sont sur une pente hésitante depuis une dizaine d’années, ne vont pas à leur tour emprunter le chemin du déclin, comme la vieille Europe avant eux.

Car les « penseurs » Outre atlantique, et l’on pense ici naturellement au plus vociférant d’entre, le prix Nobel d’économie, mais surtout chroniqueur au New York Time, Paul Krugman, à la barbe fleurie, persistent à ne jurer que par l’évangile selon Keynes, à savoir, des déficits, encore des déficits et toujours des déficits (d’autant plus que comme il est prévisible, le nouveau Health Service qui entrera en œuvre en 2014 va se révéler un insondable gouffre à milliards de dollars (comme notre chère Sécu en Europe).

C’est que financer par le déficit est tellement commode. Aussi longtemps néanmoins que l’hydre de l’inflation ne réapparait pas (elle est contenu, pour l’instant) par le chômage et la compression du revenu moyen des ménages) et que les investisseurs étrangers, japonais mais surtout chinois, continuent, faute de mieux, à acheter les bons du trésor américains qui financent le déficit. Car les Etats-Unis, on le sait bien, disposent du redoutable privilège de battre monnaie internationale.

L’endettement des Etats-Unis va donc continuer à s’élever tranquillement vers le ciel avec cependant une double limite. La première serait si, pour une raison ou pour une autre, la Chine renâclait à financer l’Amérique, ce qui peut intervenir en cas de fâcherie sérieuse, (d’ordre diplomatique ou prudentielle) auquel cas les taux d’intérêt, qui sont restés à un niveau historiquement bas, et disons-le anormalement bas, commençaient à grimper, risquant du même coup d’étrangler dans l’oeuf une reprise économique toujours hésitante.

Il est vrai aussi que si la technique du « fracking » tenait ses promesses, et que les USA redeviennent exportateur net de pétrole et de gaz naturel, ce serait évidemment un ballon d’oxygène en faveur de ce pays qui pourrait à nouveau bénéficier d’un sursis inespéré dans la remise en ordre de son économie et notamment la reconstruction de ses infrastructures terriblement négligées. Mais saura-t-il en profiter ? Pour l’instant, il n’en a guère pris le chemin et il est à craindre que les ressources additionnelles ne soient utilisées pour financer de nouvelles largesses sociales en faveur de la nouvelle majorité, cad les anciennes minorités.

Un second obstacle qui se dresse sur la route du déficit à perpétuité tient à la majorité de la Chambre des Représentants où les Républicains, enragés de leur nouvelle défaite, ne semblent pas disposés au moindre compromis. Mais tout finira bien par s’arranger par un compromis boiteux, comme d’habitude.

C’est dans le domaine de la politique étrangère que le changement pourrait être le plus net. Le président Obama voudra sans doute, -il est né à Hawaii- concentrer son attention sur le Pacifique, face à la Chine, et se désintéresser un peu plus de cette insupportable Europe qui refuse obstinément de financer sa propre défense tout en s’enlisant voluptueusement, mois après mois, dans les méandres infinis de la crise de l’euro.

Par ailleurs, le processus, en route, d’islamisation insidieuse de la vieille Europe n’a certainement pas échappé aux observateurs américains. Entre une Europe plus ou moins islamisée et une Europe encore vaguement chrétienne, il est clair que les USA n’hésiteront pas privilégier la première, pour sauvegarder avant tout leurs intérêts stratégiques de long terme. Comme ils l’ont magistralement fait au Moyen-Orient (avec, il est vrai, des résultats bien ambigus). Et tant pis pour cette vieille Europe qui s’est obstinément montrée incapable de se défendre toute seule.

Par contre, le volcan israëlien risque de se réveiller tout d’un coup, et l’Amérique, pourtant lasse des combats en terres étrangères, pourrait bien se voir happée à contre cœur dans un nouveau champ de bataille au Moyen-Orient. D’autant plus que le brasier syrien flambe de plus belle et que le feu couve sous les cendres en Lybie.

Dure leçon. Il ne suffit pas de gagner de justesse les élections américaines pour que la paix revienne miraculeusement dans le monde.
Dans ce contexte déprimé, une Amérique diminuée pourra-telle rester le grand Arbitre international, le champion des libertés dans le monde ? Voire.

Le ouistiti et l’hippopotame

Les jeux sont sans doute déjà faits, et sauf miracle de dernière minute -mais ils sont rares en politique- notre Sarko national va perdre l’Elysée demain.

Mais quel gâchis ! Quel dommage que Sarko ait ainsi sottement gâché sa partition. Il y a seulement 5 ans, il avait toutes les cartes en mains : le Sénat, l’Assemblée nationale, une bonne partie de l’opinion, une économie stable et une immigration plus ou moins maîtrisée. Cinq ans après, un champ de ruine.

Il a tout gâché par « légèreté de cervelle » comme aurait dit Montaigne, en croyant « faire le petit malin ». Ainsi de la nomination de socialistes à des postes importants. Il a cru, l’infortuné, pouvoir s’en glorifier au cours du dernier débat. Il fallait voir le ricanement discret, difficilement dissimulé sur le visage rond et lisse de son adversaire.

Comme l’on ne savait pas, depuis toujours, qu’immanquablement, les forces de gauche votent toujours ensemble, au dernier moment. Alors qu’à droite ! Il n’y a qu’à voir le malheureux Bayrou, à la face de paysan béarnais qui n’a pas pu vendre ses cochons au prix espéré, céder ses maigres voix au plus offrant dans l’espoir d’en tirer un sous maroquin dans le prochain gouvernement socialiste. Quelle grandeur d’âme. Or la gauche ne renvoie jamais, jamais l’ascenseur. C’est la droite, culpabilisée, qui veut faire la généreuse au mépris du bon sens le plus élémentaire, et s’amuse à pratiquer ce genre de gracieusetés. Jamais la gauche. A ce système, on perd des voix à droite, on n’en gagne aucune à gauche. Et ça recommence, à chaque consultation électorale.

Ceci étant, au risque de passer pour un naïf, je reste convaincu que Sarko, au cours de ce dernier débat, a gagné haut la main. Les médias ont soutenu, quasi unanimement, le contraire. Cela permet de mesurer le degré d’aveuglement et la masse de préjugés de nos chers journalistes, incapables de discerner ce qu’ils ont devant les yeux. Sarko, très combattif, précis dans ses chiffres , documenté dans ses arguments, possédait parfaitement ses dossiers. Il a livré un beau combat, le dernier sans doute. Et je n’ai pourtant aucune indulgence, on le sait, à son endroit.

Celui d’en face s’est révélé tel qu’en lui même : belles phrases généreuse et creuses, gracieuses envolées lyriques, engagements flous et vagues à souhait, nobles propositions flatteuses à l’oreille, quitte à interrompre sans cesse son interlocuteur, au mépris des convenances, pour dissimuler son embarras chaque fois qu’il était en difficulté. Du beau travail de socialiste nourri au grain dans le sérail mitterrandien. Le capitaine Francesco Schettino, dont le navire va couler, fait une charmante révérence au public et annonce pompeusement que tout va bien à bord.

Sur le parcours de Sarko, tout a été dit. N’en rajoutons pas. « On ne tire pas sur une ambulance » disait charitablement naguère François Giroud à propos de Chaban Delmas. Tout ce que l’on peut avancer est qu’il a été bien meilleur à la fin qu’au début, ne serait-ce qu’en termes de dignité présidentielle. Mais le mal était déjà fait. Et quel dommage d’avoir perdu toute crédibilité par un flux ininterrompu de promesses tous azimuts en dernière minute.

Autre imprudence, qu’il paie aujourd’hui au prix fort, cette fâcheuse manie de vouloir tout faire, lui-même, au premier rang, au mépris des dispositions de la Constitution sur la dévolution des pouvoirs. On ne peut pas dire que ce malheureux Fillon, diaphane et translucide à souhait, ait le moindrement du monde assumé la responsabilité du gouvernement. Un Rocard aurait démissionné sans tarder. Fillon a préféré la précaire et provisoire sécurité de Matignon pour jouer le rôle, peu glorieux, de courroie de transmission entre le président et ses ministres. On le Premier Ministre doit servir de « fusible » en cas de courts circuits. Sinon c’est le président qui prend en pleine face la décharge des inévitables rancœurs accumulées au fil de années de gouvernent. C’est le cas aujourd’hui .

Si Sarko évoque parfois un gracieux callithrix secoué de tics, Hollande a tout de l’hippopotame, les rondeurs (elles vont revenir au galop avec le riche régime de l’Elysée), l’épaisseur du cuir (dont on fait des fouets fort efficaces) et les dents redoutables. C’est un herbivore placide et paresseux au naturel, mais susceptible de devenir dangereux à l’occasion. La pauvre Martine Aubry en a fait l’expérience.

Que va-t-il faire ? Rien sans doute sur le plan économique car il n’y a pas « de grain à moudre » (bien que beaucoup de pots à fracasser). Il va se rattraper sur le sociétal, seul domaine où il aura les coudées franches et aucun scrupule : on aura droit au mariage entre homosexuels de divers genres bien sûr, ou entre un homme et un chien, un singe ou un perroquet. Que sais-je encore ? Toujours ces avancées sociales qui font la grandeur du socialisme. Sans compter une grande opération « portes ouvertes » à l’immigration et la distribution de passeports, comme pour les préservatifs, dans des machines à sous.

Cet homme, qui n’a jamais exercé la moindre responsabilité ni dans le public ni dans le privé, possède en revanche une connaissance raffinée de tous les méandres, toutes les arcanes de la vie politique en coulisses d’un parti politique, le PS en l’occurrence. Il incarne à merveille le retour sur scène du radical socialiste type de la III° République dont « les dandinements sur place » dissimulent l’absence totale de mouvement. A côté, Jacques Chirac passerait pour un champion de la vélocité.

Reste l’épineuse question de son entourage. Il y a tout lieu de craindre le pire. Voyez-vous Eva Joly Garde des Sceaux peuplant nos prisons de mises en examens prises en rafales ? Et Martine Aubry au Finances ? Et Ségolène Royal aux Affaires étrangères allant en Afrique implorant son pardon pour tout le bon travail qu’on y a fait ?

Bref, de beaux jours nous attendent, comme le dirait Samuel Beckett.

Un mot sur les consignes de votes au 2° tour. Marine veut faire tomber Sarko. Fort bien. C’est de la bonne politique… de parti. Mais reste à savoir si plutôt qu’un aller/retour, ce ne serait pas un aller simple qu’on risque de prendre. Car les trends migratoires porteurs de droits de vote sont clairs. Le PS entend se bâtir une forteresse électorale inexpugnable avec le vote des étrangers naturalisés par fournées compactes. Or, dans 5 ans, il y aura, au minimum, un à deux millions supplémentaires d’électeurs issus de l’immigration dont la majorité votera massivement à gauche. C’est bien joli de triompher au sein de la droite mais si la droite est éliminée de la scène politique, le FN aura l’air fin.

Adoncques, une affaire à suivre.