L’UMP, l’huitre et les plaideurs

Le bon Lafontaine l’avait déjà écrit bien avant nous.

Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent
Une Huître que le flot y venait d’apporter :
Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ;
A l’égard de la dent il fallut contester

L’huitre, objet d’une convoitise acharnée, c’est évidemment la présidence de l’UMP où les deux protagonistes voient, peut-être à tort d’ailleurs, l’antichambre de l’élection présidentielle.

Les plaideurs, chacun a reconnu les deux François, François Copé et François Fillon. On pourrait d’ailleurs appeler cet épisode charmant « la guerre des deux François ».
Quand à Georges Dandin, mon Dieu, comment ne pas le distinguer sous les traits d’Alain Juppé, né malin, rusé, madré. Il espère bien, en fin de compte, empocher, tout ou tard, la mise, grâce à une affaire qui le place enfin, le destin est miséricordieux, après tant d’avanies, en position d’arbitre, de vieux Sage, de Gourou même au sein de l’UMP.

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La réélection de Barak Obama

La cause est entendue. Obama a été réélu par les minorités noires et latinos, mais aussi par la fraction de la communauté blanche dite libérale, lisons quasi socialiste, parfaitement incarnée naguère par feu Edwards Kennedy, milliardaire au grand cœur. C’est celle qui ne rêve que d’étendre encore davantage l’emprise de l’Etat fédéral à des fins de justice sociale, entendons par là une redistribution aussi large que possible en faveur des déshérités, celle qui a milité avec acharnement en faveur de la réforme du National Health Service votée voici plus de deux ans.

Aux Etats-Unis comme en France, l’électorat blanc a été victime de l’immigration. En fait, cela était prévisible voici dix ans, lorsque le Bureau of Census américain nous a appris que le dernier bébé né aux Etats-Unis cette année-là changeait la majorité de la population en faveur des minorités. Les blancs d’origine caucasienne devenaient minoritaires pour la première fois dans l’histoire de l’Amérique. Les conséquences électorales n’ont pas tardé à se manifester.

En gros, cette élection a vu le triomphe de l’Amérique sociale et compatissante contre l’Amérique industrieuse et industrielle, l’Amérique du travail, de la compétitivité et de la réussite individuelle contre l’Amérique compatissante soucieuse de la prise en charge par la collectivité de tous les « laissés pour compte de la croissance. Et ils sont nombreux Outre Atlantique où la crise financière a creusé encore davantage le fossé toujours béant des inégalités de la société américaine.

Cette réélection apparaît d’autant plus injustifiée que Obama, en dépit de son évidente bonne volonté et de ses qualités personnelles, a échoué sur toute la ligne, notamment en terme d’emplois et de croissance. La création d’emplois nouveaux reste anémique et la croissance oscille, pour l’instant, autour d’une trajectoire quasi plate et cela en dehors d’un déficit budgétaire qui reste phénoménal et des énormes quantités de liquidités enfournée à tour de bras par Ben Bernanke, le président d’une Fed complaisante devenue une machine à imprimer des billets. En dehors de cela, la crise des crédits hypothécaires n’est toujours pas résolue et bien des ménages modestes continuent à être expulsés sans ménagement de leurs logements.

Bien plus, la réforme du secteur bancaire et financier n’a été menée à bien qu’en partie et les fameux hedge funds recommencent à faire parler d’eux et proliférer ici et là. Les leçons de la dernière crise n’ont manifestement pas été tirées. Une nouvelle « bulle » spéculative de taille colossale est en train de se former. C’est le développement fort inquiétant du « shadow banking » (hedge funds, assurance, fonds de pensions et autres entités financières), ce secteur financier de 67 milles milliards de dollars (vous avez bien lu mille milliards), qui échappe totalement à la règlementation qui s’impose au secteur bancaire traditionnel. Décidément, la spéculation financière a encore de beaux jours devant elle. A quand la prochaine crise ?

Que faut-il attendre de cette réélection ? Il est permis de se demander si, avec la mise à l’écart de Mitt Romney, malgré ses défauts, l’Amérique n’a pas perdu sa dernière chance de se réformer et de remonter la pente. En d’autres termes, il est donc à craindre que les Etats-Unis, qui sont sur une pente hésitante depuis une dizaine d’années, ne vont pas à leur tour emprunter le chemin du déclin, comme la vieille Europe avant eux.

Car les « penseurs » Outre atlantique, et l’on pense ici naturellement au plus vociférant d’entre, le prix Nobel d’économie, mais surtout chroniqueur au New York Time, Paul Krugman, à la barbe fleurie, persistent à ne jurer que par l’évangile selon Keynes, à savoir, des déficits, encore des déficits et toujours des déficits (d’autant plus que comme il est prévisible, le nouveau Health Service qui entrera en œuvre en 2014 va se révéler un insondable gouffre à milliards de dollars (comme notre chère Sécu en Europe).

C’est que financer par le déficit est tellement commode. Aussi longtemps néanmoins que l’hydre de l’inflation ne réapparait pas (elle est contenu, pour l’instant) par le chômage et la compression du revenu moyen des ménages) et que les investisseurs étrangers, japonais mais surtout chinois, continuent, faute de mieux, à acheter les bons du trésor américains qui financent le déficit. Car les Etats-Unis, on le sait bien, disposent du redoutable privilège de battre monnaie internationale.

L’endettement des Etats-Unis va donc continuer à s’élever tranquillement vers le ciel avec cependant une double limite. La première serait si, pour une raison ou pour une autre, la Chine renâclait à financer l’Amérique, ce qui peut intervenir en cas de fâcherie sérieuse, (d’ordre diplomatique ou prudentielle) auquel cas les taux d’intérêt, qui sont restés à un niveau historiquement bas, et disons-le anormalement bas, commençaient à grimper, risquant du même coup d’étrangler dans l’oeuf une reprise économique toujours hésitante.

Il est vrai aussi que si la technique du « fracking » tenait ses promesses, et que les USA redeviennent exportateur net de pétrole et de gaz naturel, ce serait évidemment un ballon d’oxygène en faveur de ce pays qui pourrait à nouveau bénéficier d’un sursis inespéré dans la remise en ordre de son économie et notamment la reconstruction de ses infrastructures terriblement négligées. Mais saura-t-il en profiter ? Pour l’instant, il n’en a guère pris le chemin et il est à craindre que les ressources additionnelles ne soient utilisées pour financer de nouvelles largesses sociales en faveur de la nouvelle majorité, cad les anciennes minorités.

Un second obstacle qui se dresse sur la route du déficit à perpétuité tient à la majorité de la Chambre des Représentants où les Républicains, enragés de leur nouvelle défaite, ne semblent pas disposés au moindre compromis. Mais tout finira bien par s’arranger par un compromis boiteux, comme d’habitude.

C’est dans le domaine de la politique étrangère que le changement pourrait être le plus net. Le président Obama voudra sans doute, -il est né à Hawaii- concentrer son attention sur le Pacifique, face à la Chine, et se désintéresser un peu plus de cette insupportable Europe qui refuse obstinément de financer sa propre défense tout en s’enlisant voluptueusement, mois après mois, dans les méandres infinis de la crise de l’euro.

Par ailleurs, le processus, en route, d’islamisation insidieuse de la vieille Europe n’a certainement pas échappé aux observateurs américains. Entre une Europe plus ou moins islamisée et une Europe encore vaguement chrétienne, il est clair que les USA n’hésiteront pas privilégier la première, pour sauvegarder avant tout leurs intérêts stratégiques de long terme. Comme ils l’ont magistralement fait au Moyen-Orient (avec, il est vrai, des résultats bien ambigus). Et tant pis pour cette vieille Europe qui s’est obstinément montrée incapable de se défendre toute seule.

Par contre, le volcan israëlien risque de se réveiller tout d’un coup, et l’Amérique, pourtant lasse des combats en terres étrangères, pourrait bien se voir happée à contre cœur dans un nouveau champ de bataille au Moyen-Orient. D’autant plus que le brasier syrien flambe de plus belle et que le feu couve sous les cendres en Lybie.

Dure leçon. Il ne suffit pas de gagner de justesse les élections américaines pour que la paix revienne miraculeusement dans le monde.
Dans ce contexte déprimé, une Amérique diminuée pourra-telle rester le grand Arbitre international, le champion des libertés dans le monde ? Voire.

Pour une politique migratoire de survie, pour une droite réunie

Pour une politique de redressement démographique

La France est en guerre, une guerre démographique bien sûr, une guerre que nous sommes en train de perdre, par aveuglement, par sottise, par idéologie, par lâcheté surtout. En telle enseigne que dans 20 ou 30 ans, la France, telle que nous la connaissons, n’existera plus. C’est dire à quel point ces problèmes d’immigration sont d’une importance vitale pour la survie même de notre pays. Et tout le reste est littérature.

Dans ce contexte, quelle pourrait être une politique d’immigration de survie ?

Immigration et politique migratoire de nos jours.

C’est le phénomène par lequel des populations étrangères, ou d’origine étrangère, envahissent progressivement, pacifiquement, mais en masse, de l’intérieur ou de l’extérieur, un territoire pour être en mesure de s’en assurer, à terme, le contrôle. Il suffit de lire les diverses déclarations des responsables de ces communautés pour en prendre conscience. Le message est clair.

En corollaire, une politique d’immigration est celle qui permet à un parti politique, en l’occurrence le parti socialiste, de s’emparer du pouvoir de façon parfaitement légale par le biais du processus électoral, pour être en position de le garder à perpétuité. Quitte à jouer le rôle de l’apprenti sorcier.

En matière d’immigration, pour faire simple, deux démarches sont concevables C’est plus ou moins le laisser faire, le laisser aller, la politique du « chien crevé au fil de l’eau ». On a déjà reconnu la politique de Nicolas Sarkosy : on expulse à grand coups de trompe deux malheureux Afghans (à un coût de 10 000 euros par tête), mais on laisse rentrer quasiment sans contrôle environ 250 000 personnes par an, clandestins compris.

Ou alors, on institue des mécanismes de contrôle à fois quantitatifs et qualitatifs qui permettent de réguler plus ou moins bien le volume et la qualité culturelle de la population étrangère admise sur le territoire en fonction des besoins de l’économie et du maintien d’un équilibre démographique relatif. C’est la politique du Canada, de la Nouvelle Zélande, de l’Australie.

En France, on ne sera pas surpris de savoir que nous avons fabriqué, -le génie français pour la fabrication d’usines à gaz -, un système bâtard qui mélange à la fois certains contrôles administratifs largement inefficaces d’ailleurs, pour le droit d’asile par exemple, mais surtout des droits automatiques à caractère légal, ou institutionnels, désormais coulés dans le bronze, le regroupement familial, l’immigration nuptiale, catégories pour lesquelles il n’existe véritablement aucuns contrôles quantitatifs. Si demain il venait fantaisie à un grand nombre d’Algériens français nouvellement naturalisés d’aller « se marier au bled », rien ne pourrait les empêcher le plus légalement du monde de ramener en France leurs nouvelles épousées qui auraient, bien sûr, vocation, à devenir françaises, et donc électrices, quelques années après. Et l’on peut aisément deviner dans quel sens elles vont alors voter. Il suffit d’analyser les résultats des dernières élections présidentielles, et législatives, où les populations d’origine immigrée, souvent à majorité musulmane, ont massivement voté à gauche, à plus de 80 %.

Ce qui amène à affirmer avec force que l’immigration n’est nullement une démarche humanitaire, comme on s’acharne sottement à le proclamer, ni une démarche économique, avec plus de 3 millions de chômeurs, c’est une évidence. Il s’agit bel et bien d’une démarche politique délibérée qui vise à chasser durablement la Droite du pouvoir et de permettre à la gauche de se constituer, aux frais du contribuable, une forteresse électorale quasi inexpugnable, c’est-à-dire d’assurer à la Gauche la capacité de s’emparer du pouvoir et le conserver pour longtemps, très longtemps. Avec, au passage, le mort de notre pays. Mais quel homme politique s’en soucie vraiment?

Dès lors, il reste aux droites, le choix difficile, mais vital, de s’unir pour survivre ensemble ou de mourir chacune de son côté.
Dans ce contexte, quelle politique pourrait permettre de rassembler ces droites diverses, aux contours fuyants, autour d’une politique d’immigration de survie démographique et politique?

D’abord les chiffres

En matière d’immigration, quelles sont les grandes masses, celles qui font véritablement problème ?

– l’immigration familiale : 82 235 titres de séjour mais 98 646 en 2006.En fait, au cours des cinq années sarkoziennes, l’immigration familiale a oscillé d’année en année entre 85 000 et 87 000 titres de séjour

– l’immigration nuptiale. Tout de suite après, le deuxième poste migratoire le plus important est l’immigration nuptiale avec 46 661 personnes en 2010 mais 50 350 en 2006. Là encore, cette catégorie a varié entre 47000 / 48 000 personnes par an.

Ces deux masses, à elles seules, représentent près des deux tiers des flux migratoires annuels.

Le reste, en comparaison, fait pâle figure. Les demandes d’aile certes s’élèvent à 41 619 en 2010 mais sur ce total 10 377 seulement sont agrées. Mais là attention. Car il est bien connu qu’en majorité, les demandeurs non acceptés disparaissent instantanément dans la nature et gonflent d’autant le nombre des « sans papiers ». D’autant plus que la République, bonne mère, accorde sans discrimination la gratuité des soins de santé, grâce à la CMUC, plus de 220 000 de bénéficiaires par an, sans compter la scolarité gratuite pour les enfants et des allocations de séjour pour les parents par l’ATA, l’allocation temporaire d’attente (un beau pléonasme administratif au passage). Qui voudrait s’en retourner au pays, avec ou sans papiers, dans de telles conditions ?

C’est une des formes de l’immigration clandestine et non des moindres. Car, pour 2010, 52 000 moins 10 000 donne environ 40 000. Ce qui explique pourquoi l’Etat chaque année régularise plus ou moins discrètement environ 30 000 clandestins. De toute façon, plus de 80 % des arrêtés de reconduite à la frontière ne sont pas exécutés.

Pour être complet, il faudrait ajouter :

– l’immigration dite humanitaire, qui tourne autour de 20 000 par an et les titres de séjour des étudiants étrangers, proche de 60 000

– et, ce que l’on oublie toujours, l’immigration Outre-mer, antichambre de l’immigration en métropole, qui nourrit une population illégale estimée à 110 00 personnes

– à ce total il faut ajouter l’immigration de travail qui varie de 10 à18 000 par an, laquelle va bientôt s’enrichir de quelques dizaines de milliers de « Gens du Voyage » qu’il importe d’insérer sur le marché du travail.

Nous arrivons bien au total à un chiffre égal ou supérieur à 250 000 immigrés.

Mais ce torrent migratoire nourrit directement, ne l’oublions pas, les naturalisations, celles qui augmentent le volume des nouveaux électeurs, de gauche en majorité.

Là encore, rappelons les chiffres. Ils sont éloquents. ils concernent trois catégories :

– les naturalisations par décrets, soit 94 573 en 2010,

– les naturalisations par déclaration auprès du ministère de l’Intérieur, soit 21 923 en majorité par mariage comme on l’a vu,

– les acquisition par déclaration auprès du ministère de la Justice, soit 26 779. Il s’agit pour l’essentiel d’étrangers nés en France

Nous arrivons ainsi à un total de 143 275 de nouveaux électeurs effectifs ou potentiels qui vont peser sur la balance des élections. Mais les décisions annoncées par la ministre de l’Intérieur laissent entrevoir que ce total sera prochainement porté à un niveau supérieur.

Un calcul rapide montre ainsi montre ainsi que, sur 5 ans, le temps d’un mandat présidentiel, en additionnant le croît naturel des populations immigrées et l’arrivée des nouveaux venus, l’heureux élu socialiste peut espérer accroître son capital électoral d’environ 12 %, et cela sans rien faire d’autre que d’ouvrir un peu plus largement les frontières de la France.

Il n’est guère surprenant dans ces conditions que la France étouffe littéralement sous le poids des dépenses sociales et du chômage qui en découle. Le coût de l’immigration a été estimé par l’Institut de Géopolitique des Populations à plus 73 milliards par an. Dans ces conditions, la réduction puis la suppression du déficit budgétaire n’est pas pour demain. Le rêve passe.

Voilà le défi auquel les Droites réunies seront confrontées pour élaborer une politique de survie électorale et politique.

Quels pourraient être les objectifs d’une telle politique ?

Le but d’une véritable politique de contrôle de l’immigration susceptible de rallier les suffrages d’une droite rassemblée, d’une droite au sens large du terme, allant du Front national au centre, UMP comprise, devrait être celle qui permettrait d’assurer la survie de la France, pour longtemps, sinon pour toujours, en terme d’identité nationale, d’identité culturelle mais aussi de sécurité intérieure, de progrès économique, de cohésion sociale. C’est cette France-là qui est compromise par une immigration massive et bien trop rapide. Car une intégration réclame du temps pour réussir. Sinon, c’est le chaos.

Cette politique de survie devrait se décliner nécessairement en termes quantitatifs et qualitatifs. Car c’est toujours le nombre qui, en fin de compte, fait problème. Mais à quel chiffre arrêter le curseur ? Le Front national, jadis, avec nostalgie parlait d’un objectif d’immigration zéro. Plus près de nous, Henri de Lesquen, président de Radio Courtoisie. rappelait les prophéties d’un grand Anglais, Enoch Powell, lequel appelait de ses vœux une ré immigration qui aurait permis selon lui, de ramener la part des étrangers dans la population britannique, à des proportions plus raisonnables. On peut toujours rêver.

Alors faut-il déterminer le chiffre optimal à l’aveuglette, comme on joue à la roulette ?

Il importe impérativement de s’appuyer sur un « guideline », un repère si l’on préfère. On peut le trouver dans les travaux antérieurs de Philippe Bourcier de Carbon. Ce dernier à l’occasion d’un précédent colloque en 2008, avait procédé à un certain nombre de projections sur le thème : « que se passera-t-il si les flux migratoires en provenance de Turquie, d’Afrique noire et du Maghreb, sont maintenus à 200 000 par an, ou s’ils sont ramenés à un chiffre inférieur ? »
Il serait fastidieux d’entrer dans le détail de ces calculs, fort remarquables par ailleurs. Il en ressort, et on s’en doutait un peu, qu’à un chiffre de 200 000 par an, la France sera promptement noyée, submergée, engloutie irrémédiablement sous le flux de ces immigrés venus d’ailleurs, mais majoritairement musulmans ou sous l’influence ne serait-ce que culturelle de l’Islam. On voit d’ailleurs déjà ce que cela donne dans certains quartiers ou certaines villes.
Par contre, toujours selon la même source, si l’immigration était ramenée à 100 00 personnes par an, la France devrait pouvoir survivre tant bien que mal, au moins pour un certain temps.

Bien sûr, les problèmes d’intégration subsisteraient. Il n’y a pas de miracle. Mais la France devrait normalement se montrer être capable d’assimiler cet afflux de population, pour autant que la proportion d’étrangers hors UE soit stabilisée à un niveau raisonnable. Il faut savoir donner du temps au temps, comme François Mitterrand aimait à le rappeler. Au-delà, elle dépérira puis elle mourra.

Ce chiffre de 100 000 immigrés hors UE par an devrait donc être le point de départ des négociations à entreprendre pour l’élaboration d’une politique de compromis avec les divers partenaires d’une future droite plurielle.

Les moyens

Mais comment y parvenir ? C’est là que le bât blesse. Car dans l’état actuel de notre arsenal législatif et règlementaire, cet objectif est rigoureusement impossible à atteindre
Il faudra donc nécessairement réécrire le décret Giscard / Chirac de juillet 1994 portant institution du regroupement familial et soumettre à des conditions plus rigoureuses le droit au mariage des Français avec des étrangers. Ce qui ne sera pas une mince affaire. Car à l’heure des divorces en masse, du PACS et bientôt du mariage « joyeux » (le mariage gay), les membres du Conseil constitutionnel persistent à prêter religieusement au mariage un caractère institutionnel quasi magique. Quelle pantalonnade. Ce qui en fait néanmoins un boulevard pour l’entrée en France d’une masse croissante de nouveaux mariés pour l’occasion.
De plus, il conviendrait de renforcer considérablement les conditions d’accession à la nationalité, pour les immigrés certes, aussi pour les jeunes nés sur le sol français Ces conditions devraient être subordonnées à une parfaite connaissance de la langue, de l’histoire, de la culture de notre pays, comme c’est le cas au Canada, par une série d’examens échelonnés dans le temps. Emmanuel Valls se prose de faire exactement tout le contraire. Ce n’est pas un hasard.

L’immigration intérieure

Mais ce n’est pas tout. Le contrôle de l’immigration comporte en fait deux volets : l’immigration venue de l’extérieur, comme on vient de le voir, et l’immigration intérieure, de loin la plus importante, celle qui est née sur notre sol.
Il s’agit des jeunes nés de l’immigration, ceux de la deuxième et troisième génération, ceux qui font problème, les jeunes désoeuvrés de nos cités, ceux d’Echirolles ou d’ailleurs, les Merah connus ou inconnus qui se dissimulent avant de frapper. Car il faut savoir qu’aujourd’hui un enfant sur 4 ou 5 nés sur le sol français est d’origine étrangère, c’est à dire majoritairement africaine ou maghrébine et souvent musulmane. Or les vieux sont chez nous et les « Jeunes » de l’autre côté. Autrement dit, maîtriser l’immigration de l’extérieur est bien, mais cela ne règle qu’en partie le problème. Inutile de fermer partiellement un robinet si à côté un autre reste largement ouvert
Cette l’immigration intérieure, celle que l’on ne maîtrise absolument pas, provient de populations à la fécondité deux ou trois supérieure à la nôtre. En 2008 ils représentaient 165 000 naissances sur une totale de 810 000 naissances. Ils doivent aujourd’hui représenter quelques 180 000 naissances sur un total de naissances de 800 000.

Le drame de la France est de réunir des populations ayant un comportement démographique et culturel totalement opposé. D’un côté, il y a les Françaises, qui constituent une population post « transition», comme les démographes aiment à le dire, à fécondité apaisée, tournant autour de 1,6 enfant par femme. De l’autre se trouvent des populations avant transition, à fécondité forte ou très forte, allant de 2,7 à 4,2 enfants par femme dans les cas extrêmes. Le résultat de ce taux différentiel est clair. Le premier groupe tend à s’amenuiser d’année en année alors que le deuxième ne cesse de croître. Ce qui, à terme, ne peut manquer d’engendrer de graves troubles sociaux. Il importe de rééquilibrer ces deux groupes.

Ici il n’existe qu’un seul moyen de maîtriser cette immigration intérieure de façon à inciter ces familles à rejoindre les taux de fécondité de l’ensemble de la population : limiter sévèrement les allocations familiales aux familles, quelle que soit leur origine, qui dopent artificiellement leur fécondité. Ces allocations seraient réservées au 1+ et 2° enfants et rien, ou pratiquement rien, au-delà.

Pour couronner ce dispositif de redressement démographique, on ne peut manquer de prendre en compte la loi Simone Veil/Roudy. Cette loi avait hypocritement pour objet de supprimer les avortements. Sancta simplicitas. Le nombre des avortements cavalcade allègrement entre 200000 et 250 000 par an selon les années. Mais, grâce à Dieu, Simone Veil trône honorablement à l’Académie française en récompense des bons et loyaux services rendus à la nation.

Quoiqu’il en soit, si l’on veut faire sérieux, une politique de survie ne pourra laisser cette loi de « suicide démographique » inchangée.

Quelles sont les chances de voir un jour cette politique de survie adoptée ? Chacun pourra en juger par lui-même. Mais son indice de probabilité est sans doute égal à celui qui calculerait la probabilité de voir François Hollande gravir l’Everest en solitaire, sans bouteille d’oxygène.

Quoi qu’il en soit, la France vit clairement sur un volcan démographique. Et elle ne le sait pas. Et, plus précisément, ne veut pas le savoir. Mais ce volcan va tôt ou tard entrer en éruption.

Le grand retour de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy n’a pas tardé à effectuer une rentrée plus ou moins discrète sur la scène politique. Nul doute qu’il va s’y incruster avec l’énergie du désespoir.

Cela se comprend. Rien de plus infortunés que ces anciens présidents battus qui traînent dans l’ennui une existence inutile et misérable sans savoir quoi faire de leur temps, tels ces pitoyables chevaux de course, fourbus et réformés que l’on met au pré. Surtout s’ils sont encore jeunes. Songeons à Bill Clinton, Georges Bush ou VGE ou à Jacques Chirac. A cet égard, dans un souci de miséricorde, on devrait songer à voter une loi interdisant à toute personne de se présenter aux présidentielles avant d’avoir atteint l’âge canonique de 70 ans. Comme ça, on aurait la paix. Mais, avec Nicolas Sarkozy, il n’y a heureusement rien à craindre de semblable.

Car nous avions été bien naïfs. Les quelques rares observateurs qui avaient osé imaginer « l’après Sarkozy » le voyaient déjà quitter les berges de la Seine pour celles du Potomac et aller honnêtement gagner beaucoup d’argent dans un grand cabinet d’avocat d’affaires américain (tout comme jadis la ravissante Christine Lagarde). D’autant plus qu’il dispose d’un carnet d’adresses pratiquement sans égal au monde, depuis le prince de Monaco jusqu’à l’Evêque coadjuteur de la principauté d’Andorre.

Mais ce n’est pas du tout. Le voilà qui se déguise en touriste ordinaire au Maroc avant de rentrer à Paris pour s’enfermer au Conseil Constitutionnel dont il est membre de droit. Cela se comprend. La République, décidément bien généreuse offre un véritable pont d’or à ses anciens présidents. Voyez plutôt.

Tout comme Giscard avant lui, et notre Chirac, Sarkozy dispose d’un équipage de prince. La République lui verse 11 500 euros nets par mois, auxquels s’ajoute 6 000 euros versés au titre d’ancien Chef d’Etat. Cela fait déjà un joli pactole de 17 500 euros par mois. C’est quand même mieux que le smig. La petite Julia ne manquera pas de jouets à Noël. Cela d’autant plus qu’à cela s’ajoutent des « primes de sujétion » (on se demande lesquelles) d’un montant inconnu mais dont on peut s’imaginer qu’elles sont rondelettes. En outre, l’heureux bénéficiaire de ces largesses est logé dans un appartement de fonction « meublé et équipé », qu’il peut voyager sans limites et gratuitement sur Air France, et que deux policiers assurent la protection de sa précieuse personne, sans compter pas moins de sept collaborateurs.
Ah, j’allais oublier. Il dispose aussi d’une voiture de fonction qui ne doit pas être probablement une Coccinelle ou une Smart. On comprend aisément que dans ces conditions il soit difficile de renoncer à ce pactole, à vie, d’aller s’exiler à New York où, au surplus, il faut travailler dur pour gagner son pain quotidien.

Mais il y a plus. Car des délices nouveaux l’attendent à Paris où il va pouvoir jouer un rôle convoité, celui de la statue du Commandeur auprès de l’ancienne majorité. Ne fait-on pas déjà courir le bruit que les Français commencent à regretter Sarkozy ?

En fait, pour ceux qui pénètrent quelque peu la psychologie du personnage, son seul but dans la vie sera désormais de prendre sa revanche sur le destin injuste qui l’a privé d’un second mandat où son immense talent aurait pu s’épanouir à loisir. Là deux voies royales s’offrent à lui : soit chercher à revenir purement et simplement à l’Elysée ; soit barrer systématiquement la route au rival imprudent qui ferait mine de vouloir en faire autant. Chacun sait que l’on tire autant de satisfaction de l’échec de ses amis que de ses propres succès.

En d’autres termes, le boulevard qui s’ouvre devant lui, et on peut en imaginer d’avance les arcanes infinies, va lui permettre de mettre sans cesse des bâtons dans les roues de l’impudent François Copé si ce dernier s’imagine pouvoir rivaliser avec son ancien patron. Mieux encore, il lui sera loisible d’avoir recours à l’inusable et docile François Fillon, son ombre portée à la tête de l’UMP, comme sa marionnette préférée. Il pourra commodément en tirer les ficelles dans l’ombre pour avancer masqué vers son propre but. Tout cela en attisant savamment les rivalités fratricides au sein de son propre camp. Que de riantes perspectives.

De sorte qu’avec une droite divisée et éclatée, la gauche peut heureusement se préparer à l’ exercice ininterrompu du pouvoir pendant de longues années. Du Songe d’Attali au rêve de Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy est-il vraiment un agent d’Israël ?

L’idée parait absurde a priori. Pourtant il est permis de se demander si, comme acteur direct ou à titre de supplétif des Etats-Unis, Nicolas Sarkozy n’a pas eu tendance à privilégier systématiquement les intérêts d’Israël au détriment de ceux de la France.

Il est quand même surprenant, en effet, de constater que sa première déclaration publique, peu de temps après son échec aux présidentielles, a été pour « tacler » comme on dit aujourd’hui le président Hollande sur sa faiblesse supposée envers la Syrie. Curieux hasard.

On notera, au passage, qu’il n’est guère dans la tradition républicaine qu’un président fraîchement battu prenne la parole en public pour critiquer sans tarder son heureux successeur, surtout sur des questions de politique étrangère. Il est vrai que Nicolas Sarkozy ne s’est jamais beaucoup soucié de la bienséance et des convenances républicaines. On ne se refait pas.

Mais pourquoi cette ardeur renouvelée envers la Syrie ? On avait pu croire, un instant, que sur l’affaire libyenne, Sarkozy, alors président, s’était laissé convaincre par le trop fameux Bernard Henri Levy porté par un amour immodéré pour les Libyens en grand danger de mort sous la férule tyrannique de l’infâme Kadhafi (reçu quand même en grande pompe à l’Elysée quelques années auparavant).

Mais, avec le recul, il apparaît clairement qu’avec ou sans BHL, c’est Sarkozy lui-même qui était bel et bien à l’origine de cette généreuse croisade en faveur des Libyens épris de liberté. Ces derniers ont donné sans tarder la preuve de leur attachement aux vertus démocratique en rétablissant la Charia pour améliorer la condition féminine puis, tout récemment, selon diverses sources, en sodomisant, torturant et assassinant le malheureux ambassadeur Christopher Stevens, pourtant leur ami de toujours.

Alors pourquoi cet enthousiasme pour une intervention française en Syrie ? C’est là qu’il faut procéder, comme le disent les Anglo-saxons, à un petit exercice de « connecting dots », consistant à tirer des traits entre des points apparemment sans lien.

Avant la Libye, il y avait eu le retour en fanfare à l’OTAN qui a entraîné la mort en Afghanistan d’une centaine de nos soldats avant de se traduire, dans les mois à venir, par un retrait précipité sous la pression des Talibans, décidément bien coriaces. Mais pourquoi l’envoi d’un contingent de 4000 hommes, là où Chirac, pour une fois fort sage, s’était contenté d’envoyer une petite poignée de « conseillers » ? La réponse est claire. Il s’agissait de renouer des liens forts avec la puissance américaine quelque froissée après le refus français d’aller se balader en Irak. Jusqu’ici rien à dire, sauf que cette expédition aux antipodes, sans objet et sans succès, aura un peu plus épuisé nos forces et nos hommes dans un conflit sans issue. Nos soldats sont-ils morts pour rien ?

Mais là où le tableau se précise c’est quand on se rappelle que la France de Sarkozy a cru bon d’installer le 26 mai 2009 une base militaire de 500 hommes face à l’Iran (à 150 miles très exactement), à proximité du Detroit d’Ormuz, un magnifique Dien Bien Phu en perspective en cas de conflit sérieux. Cela rappelle évidemment certains souvenirs.

En termes de sécurité de nos approvisionnements pétroliers, une base française dans le Golfe persique n’a évidemment aucune portée opérationnelle. Quant à se lancer militairement à l’assaut de Téhéran à partir de là, on demande à voir. Pure bravade ou un geste de portée symbolique, ou diplomatique si l’on préfère, à l’adresse de l’Iran, pour faire plaisir aux Emirats ? Mais croit-on vraiment intimider l’Iran de la sorte ? Et, peut-on se demander, à l’instigation de qui cette décision, qui pourrait se révéler lourde de conséquences, a-t-elle été prise, et au profit de qui, les USA ou Israël ?

Là dessus intervient l’écrasement de la petite Libye, avec le concours en sous-main de la puissante Amérique qui détruit subrepticement les défenses anti aériennes de ce pays ainsi que les centres de communications (sans compter la fourniture de carburant et de munitions aux vaillants alliés européens à court de tout). Pourquoi cette démonstration de force purement gratuite ? Sans doute pour intimider les pays du Moyen-Orient qui douteraient de la détermination de la France de Sarkozy à entrer avec conflit avec l’Iran aux côtés d’Israël.

L’occasion n’a pas tardé à s’en présenter avec l’affaire de Syrie. Une fois de plus la France se porte aux avants postes, BHL en tête, pour sonner la charge contre la communauté alaouite, branche chiite, regroupée autour du président Bashar al-Assad sous le voile pieux d’une nouvelle croisade à caractère humanitaire, bien sûr. On a déjà vu le film. En fait, il s’agissait tout bonnement d’abattre Bashad Al Assad, soutenu par l’Iran chiite et de préparer son remplacement par un homme de paille sunni quelconque supposé favorable à un accommodement avec Israël et, bien entendu, les Etats-Unis ainsi qu’avec l’Arabie Saoudite, place forte des Sunnis mais surtout, grand pourvoyeur de pétrole à l’Amérique perpétuellement assoiffée. Cherchez l’erreur.

Car, patatras, le beau château de cartes s’effondre. En effet : a) Al Assad se défend comme un beau diable avec l’énergie du désespoir, sachant bien qu’en cas de défaite, son sort serait, au mieux, celui de Kadhafi b) La Chine et la Russie, déjà bernés avec la résolution de l’ONU 1973 par Juppé, notre va-t’en guerre de Dax (département des Landes), n’ont aucune envie de se laisser rouler dans la farine une fois de plus c) Les USA en pleine campagne électorale n’ont aucune intention de se laisser entraîner derechef dans une nouvelle guerre forcément impopulaire et plus qu’incertaine au Moyen-Orient d) et, surtout, la Syrie n’est pas la Libye.

Une intervention intempestive de la France se traduirait par des pertes bien plus sévères pour nos armes. Sans compter qu’une fois Al Assad abattu, tout porte à croire que ce serait une coalition d’islamistes fanatiques, déjà venus de tous les coins du monde, Afghanistan compris, qui viendraient s’emparer du pouvoir pour se lancer à partir de cette base aimablement offerte par l’occident, toujours prêt à jouer les apprentis sorciers, dans des attaques terroristes tous azimuts. A cet égard l’assassinat atroce de l’ambassadeur américain en Libye a, sans aucun doute, refroidi les ardeurs de l’Amérique et montré clairement les dangers d’un humanitarisme interventionniste excessivement naïf.

Mais qu’importe, pour notre Sarko national, rien ne serait trop coûteux pour affaiblir l’Iran, que ce soit directement ou indirectement, et se substituer, s’il le faut, à l’ami américain défaillant pour soutenir Israël.

Défense et illustration de François Hollande, présentement président de la République française

Les Jeux olympiques à peine terminés, les Français, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont inventé un nouveau sport national qu’ils pratiquent avec enthousiasme. Il s’agit, dirait-on en anglais, du « Hollande bashing », que l’on peut traduire par l’exercice consistant « à casser du sucre » à qui mieux mieux sur le dos du malheureux président fraîchement élu. On n’en voudra pour preuve que le récent numéro de l’Express, magazine teigneux par excellence, hier thuriféraire, aujourd’hui contempteur, lequel publie sans vergogne un article au titre évocateur : « Les cocus de François Hollande ». Il était grand temps qu’une voix compatissante et autorisée, -celle de l’auteur de ces lignes en l’occurrence-, monte au créneau déserté pour venir au secours de l’infortuné persécuté

En fait, objectivement, il est permis d’affirmer que le nouveau président n’a pas si mal que cela commencé son mandat. On pourrait même avancer qu’il n’a pas, jusqu’à présent tout au moins, commis de fautes majeures (peut-être qu’il n’en a pas eu le temps, mais c’est déjà ça). Considérons donc les faits, non pas d’un œil polémique ou idéologique, mais tels qu’ils se présentent au regard de l’observateur impartial (que je suis).

1° Tout d’abord, pour entamer son mandat, il n’a pas fait de déjeuners coquins au Fouquet’s, ni de croisières de luxe sur le yacht des copains. Cela compte sous la V° République telle qu’elle a été pratiquée par son prédécesseur.

2° En second lieu, soyons justes, homme pour homme, la composition du gouvernement Ayrault fait plutôt bonne figure par rapport au précédent. On y retrouve même quelques « poids lourds de qualité », ne serait, pour commencer, que le Premier Ministre lui–même, qui pèse quand même plus lourd que l’inexistant François Fillon (dont on peut se demander ce qu’il a bien plus fabriquer à Matignon pendant 5 longues années, à part relayer avec constance la voix de son maître, bref, un Premier Ministre pour rire). Mais, au deuxième plan, on discerne des personnalités parfaitement respectables, malgré la présence inopportune de deux « verrues » de taille il est vrai, la gracieuse Christiane Taubira, la Madone des prisons portes ouvertes, venue tout exprès de Guyane pour détraquer encore davantage notre système judiciaire et Cécile Duflot, l’illuminée de l’EELV et du 20° arrondissement).

Mais, après tout, Pierre Moscovici aux Finances vaut largement le sémillant François Baroin à la mèche accrocheuse et Laurent Fabius a quand même plus de présence, -et surtout de bon sens-, que le cher Alain Juppé, devenu « buveur de sang » sur le tard. Après avoir eu la peau de Kadhafi, ne voulait-il absolument lancer une armée française exsangue dans une aventure plus que douteuse en Syrie ? Mais la suite de la galerie n’est pas si mauvaise. Manuel Valls est un ministre de l’Intérieur à poigne dans une situation extraordinairement difficile, largement léguée pas ses prédécesseurs : il poursuit sans barguigner le démantèlement des camps sauvages des Roms ainsi que les évacuations par charter, au grand désespoir des associations de soutien, toujours vigilantes. Même Arnaud Montebourg pourrait faire un ministre très présentable s’il consentait à grandir et à devenir adulte. Enfin, cerise sur le gâteau, le nouveau ministre de la Culture, rompant une tradition inaugurée par la droite, n’a pas, oh merveille, le « petit défaut » si cher à Paul Claudel.

Mais, dit-on d’un ton tragique, François Hollande ne tient pas ses promesses électorales. La belle affaire ! C’est ici le lieu de rappeler le célèbre apophtegme de Jacques Chirac, orfèvre en la matière : « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». On ne saurait mieux dire en si peu de mots. Quelle concision ! Quel style !

Car les Français sont d’incorrigibles gamins. Les promesses électorales sont évidemment conçues pour séduire l’électorat et faire élire le candidat, nullement pour être tenues. Et cela se comprend. Les électeurs ont évidemment envie d’entendre ce qui leur fait plaisir, ce qui va dans le sens de leur avantage personnel ou catégoriel, et nullement dans celui de l’intérêt général, qu’ils ne connaissent pas ou dont ils se moquent éperdument (les enseignants ou les fonctionnaires, par exemple). Ergo, dans la plupart des cas, tenir une promesse électorale va à l’encontre des intérêts de la nation. Qu’on se le dise. Et tant pis pour ceux qui se retrouvent parmi « les cocus » de l’élection, de scrutin en scrutin, et cela depuis la nuit des temps.

Pour en revenir à François Hollande, il ne tient pas ses promesses ? Et c’est tant mieux. C’est en cela qu’il est un bon président (à condition qu’il tienne la rampe, ce qui reste à voir). Et la droite, la plus bête du monde, dit-on, à juste titre, a bien tort de l’accabler de critiques. Elle devrait l’encenser au contraire, car il fait le « sale boulot » que le regretté Sarko a bien été incapable de mener à bien.

Il va augmenter les impôts de 33 milliards d’euros pour réduire le déficit ? C’est exactement ce qu’il fallait faire et que notre cher Nicolas n’a pas eu le courage de mettre en oeuvre. Ces impôts vont porter sur les classes moyennes ? Et sur qui diable voulez-vous qu’ils portent ? Sur les Chinois ou les Japonais, ou encore sur nos malheureux smigards ou une poignée de riches qui s’envolent à tire d’aile à l’étranger, footballeurs et artistes de gauche en tête. En fait, c’est de 80 milliards qu’il devrait réduire le déficit public, les 50 milliards de différence étant à trouver en taillant hardiment dans les dépenses de santé et, bien sûr, les retraites, sans compter les aides à l’immigration. Mais là c’est une toute autre histoire, car on toucherait ici à nos chères « vaches sacrées. Mais on en reparlera, à coup sûr, plus tard. Nécessité fait loi.

Il va créer 65 000 postes d’enseignants supplémentaires mais les compenser par une réduction drastique des emplois dans les ministères jugés non prioritaires, et Dieu sait s’il y en a. C’est très exactement qu’une droite courageuse et lucide aurait dû faire (quoiqu’à vrai dire, ces créations des postes seront, au mieux, un emplâtre sur une jambe de bois, le mal existentiel de l’éducation nationale en France étant autrement profond).

Mieux, il refuse d’augmenter la rémunération des fonctionnaires ? Mais, on le sait, nos fonctionnaires sont des privilégiés (l’emploi à vie, ça compte en période de chômage chronique), trop bien payés et bien trop nombreux.

On lui fait grief d’alléger les charges des entreprises et d’augmenter les prélèvements sur les particuliers ? Mais, excusez-moi, c’est très exactement ce que tous les économistes dignes de ce nom – il en reste – n’ont cessé de préconiser pour opérer le redressement du pays.

Ah, prenons garde de ne pas oublier dans la longue liste des bienfaits méconnus de François Hollande, – qui tel Sainte Thérèse de L’Enfant Jésus les déverse sur nous comme autant de pétales de rose, le maintien du nucléaire reconnue « filière d’avenir », le clin d’œil au gaz de schiste, le maintien de la loi Hadopi et des contrôles d’identité cependant que le blocage du prix de l’essence et l’allocation d’autonomie pour les étudiants (autrefois plus prosaïquement dénommées bourses pour étudiants) passent joyeusement à la trappe. Et comment ne pas s’en réjouir hautement ?

Bien sûr, car tout se paie dans notre monde pécheur, il faut en contrepartie s’attendre à voir fleurir un certain nombre de fleurs vénéneuses, le mariage gay, cette caricature grotesque du mariage ordinaire et pire encore l’adoption d’enfants par des ménages homosexuels, petits innocents condamnés à vivre dans un environnement familial anormal. C’est le massacre des Saints Innocents, version moderne.

Mais le malheureux François Hollande n’a guère le choix. La route des largesses économiques étant coupée, il lui faut bien donner quelques compensations dans le domaine sociétal, comme on jette un os à des roquets. Car cela ne coûte rien (sauf à l’âme de la France) et ça fait tellement plaisir à la poignée d’homosexuels qui tiennent le haut du pavé à Paris.

Décidément, vive Monsieur François Hollande, le Bienfaiteur du pays, qui fait exactement le contraire de ce qu’il a promis, pour le plus grand bien de la France.

Mais « pourvou que ça doure », comme disait naguère Laetitia Buonaparte.

Nicolas le Mal aimé

Nicolas le mal aimé
Le jugement que l’on est en droit de porter sur le mandat de Nicolas Sarkozy ne peut être que globalement négatif, comme l’aurait dit en d’autres temps Valéry Giscard d’Estaing, autre président sortant malheureux.
Car que d’occasions perdues, que de possibilités inexploitées. En 2007 Nicolas Sarkozy avait toutes les cartes en main avec un gouvernement à sa botte, une large majorité au Sénat et à l’Assemblée nationale, une opinion publique majoritairement favorable et une économie en bon ordre : 5 ans plus, tout cela était devenu un champ de ruines. La France a clairement été victime d’une « mauvaise gouvernance » selon l’expression à la mode.
Nicolas Sarkozy , personnage quelque peu agressif, léger et emporté, a été, avant tout, victime de lui-même, je veux dire de son tempérament. Il n‘aura pas réussi à se faire aimer des Français, malgré la rituelle visite annuelle au Salon de l’Agriculture mise à la mode par Jacques Chirac. Mais était-il vraiment fait pour être président de la République ? N’est-on pas tout simplement en présence d’une simple monstrueuse et incroyable « erreur de casting », délibérément commise par l’intéressé lui-même ?
En fait, il est surprenant, après tant de sottises et de maladresses, qu’il ait quand même réussi à réaliser au 2° tour un score somme toute fort honorable. Cela, certes, porte le témoignage de son incroyable énergie nerveuse et de son tempérament de lutteur qui ne s’avoue jamais vaincu, mais aussi, et peut-être surtout, du réflexe de crainte de beaucoup de Français devant l’inconnue socialiste, la peur du vide en quelque sorte. La France ne risquait-elle pas de sombrer dans un abîme dont elle ne pourrait jamais remonter ?
Ceci dit, le pire n’est pas toujours inévitable, comme le disait jadis avec sagesse Georges Pompi

Le ouistiti et l’hippopotame

Les jeux sont sans doute déjà faits, et sauf miracle de dernière minute -mais ils sont rares en politique- notre Sarko national va perdre l’Elysée demain.

Mais quel gâchis ! Quel dommage que Sarko ait ainsi sottement gâché sa partition. Il y a seulement 5 ans, il avait toutes les cartes en mains : le Sénat, l’Assemblée nationale, une bonne partie de l’opinion, une économie stable et une immigration plus ou moins maîtrisée. Cinq ans après, un champ de ruine.

Il a tout gâché par « légèreté de cervelle » comme aurait dit Montaigne, en croyant « faire le petit malin ». Ainsi de la nomination de socialistes à des postes importants. Il a cru, l’infortuné, pouvoir s’en glorifier au cours du dernier débat. Il fallait voir le ricanement discret, difficilement dissimulé sur le visage rond et lisse de son adversaire.

Comme l’on ne savait pas, depuis toujours, qu’immanquablement, les forces de gauche votent toujours ensemble, au dernier moment. Alors qu’à droite ! Il n’y a qu’à voir le malheureux Bayrou, à la face de paysan béarnais qui n’a pas pu vendre ses cochons au prix espéré, céder ses maigres voix au plus offrant dans l’espoir d’en tirer un sous maroquin dans le prochain gouvernement socialiste. Quelle grandeur d’âme. Or la gauche ne renvoie jamais, jamais l’ascenseur. C’est la droite, culpabilisée, qui veut faire la généreuse au mépris du bon sens le plus élémentaire, et s’amuse à pratiquer ce genre de gracieusetés. Jamais la gauche. A ce système, on perd des voix à droite, on n’en gagne aucune à gauche. Et ça recommence, à chaque consultation électorale.

Ceci étant, au risque de passer pour un naïf, je reste convaincu que Sarko, au cours de ce dernier débat, a gagné haut la main. Les médias ont soutenu, quasi unanimement, le contraire. Cela permet de mesurer le degré d’aveuglement et la masse de préjugés de nos chers journalistes, incapables de discerner ce qu’ils ont devant les yeux. Sarko, très combattif, précis dans ses chiffres , documenté dans ses arguments, possédait parfaitement ses dossiers. Il a livré un beau combat, le dernier sans doute. Et je n’ai pourtant aucune indulgence, on le sait, à son endroit.

Celui d’en face s’est révélé tel qu’en lui même : belles phrases généreuse et creuses, gracieuses envolées lyriques, engagements flous et vagues à souhait, nobles propositions flatteuses à l’oreille, quitte à interrompre sans cesse son interlocuteur, au mépris des convenances, pour dissimuler son embarras chaque fois qu’il était en difficulté. Du beau travail de socialiste nourri au grain dans le sérail mitterrandien. Le capitaine Francesco Schettino, dont le navire va couler, fait une charmante révérence au public et annonce pompeusement que tout va bien à bord.

Sur le parcours de Sarko, tout a été dit. N’en rajoutons pas. « On ne tire pas sur une ambulance » disait charitablement naguère François Giroud à propos de Chaban Delmas. Tout ce que l’on peut avancer est qu’il a été bien meilleur à la fin qu’au début, ne serait-ce qu’en termes de dignité présidentielle. Mais le mal était déjà fait. Et quel dommage d’avoir perdu toute crédibilité par un flux ininterrompu de promesses tous azimuts en dernière minute.

Autre imprudence, qu’il paie aujourd’hui au prix fort, cette fâcheuse manie de vouloir tout faire, lui-même, au premier rang, au mépris des dispositions de la Constitution sur la dévolution des pouvoirs. On ne peut pas dire que ce malheureux Fillon, diaphane et translucide à souhait, ait le moindrement du monde assumé la responsabilité du gouvernement. Un Rocard aurait démissionné sans tarder. Fillon a préféré la précaire et provisoire sécurité de Matignon pour jouer le rôle, peu glorieux, de courroie de transmission entre le président et ses ministres. On le Premier Ministre doit servir de « fusible » en cas de courts circuits. Sinon c’est le président qui prend en pleine face la décharge des inévitables rancœurs accumulées au fil de années de gouvernent. C’est le cas aujourd’hui .

Si Sarko évoque parfois un gracieux callithrix secoué de tics, Hollande a tout de l’hippopotame, les rondeurs (elles vont revenir au galop avec le riche régime de l’Elysée), l’épaisseur du cuir (dont on fait des fouets fort efficaces) et les dents redoutables. C’est un herbivore placide et paresseux au naturel, mais susceptible de devenir dangereux à l’occasion. La pauvre Martine Aubry en a fait l’expérience.

Que va-t-il faire ? Rien sans doute sur le plan économique car il n’y a pas « de grain à moudre » (bien que beaucoup de pots à fracasser). Il va se rattraper sur le sociétal, seul domaine où il aura les coudées franches et aucun scrupule : on aura droit au mariage entre homosexuels de divers genres bien sûr, ou entre un homme et un chien, un singe ou un perroquet. Que sais-je encore ? Toujours ces avancées sociales qui font la grandeur du socialisme. Sans compter une grande opération « portes ouvertes » à l’immigration et la distribution de passeports, comme pour les préservatifs, dans des machines à sous.

Cet homme, qui n’a jamais exercé la moindre responsabilité ni dans le public ni dans le privé, possède en revanche une connaissance raffinée de tous les méandres, toutes les arcanes de la vie politique en coulisses d’un parti politique, le PS en l’occurrence. Il incarne à merveille le retour sur scène du radical socialiste type de la III° République dont « les dandinements sur place » dissimulent l’absence totale de mouvement. A côté, Jacques Chirac passerait pour un champion de la vélocité.

Reste l’épineuse question de son entourage. Il y a tout lieu de craindre le pire. Voyez-vous Eva Joly Garde des Sceaux peuplant nos prisons de mises en examens prises en rafales ? Et Martine Aubry au Finances ? Et Ségolène Royal aux Affaires étrangères allant en Afrique implorant son pardon pour tout le bon travail qu’on y a fait ?

Bref, de beaux jours nous attendent, comme le dirait Samuel Beckett.

Un mot sur les consignes de votes au 2° tour. Marine veut faire tomber Sarko. Fort bien. C’est de la bonne politique… de parti. Mais reste à savoir si plutôt qu’un aller/retour, ce ne serait pas un aller simple qu’on risque de prendre. Car les trends migratoires porteurs de droits de vote sont clairs. Le PS entend se bâtir une forteresse électorale inexpugnable avec le vote des étrangers naturalisés par fournées compactes. Or, dans 5 ans, il y aura, au minimum, un à deux millions supplémentaires d’électeurs issus de l’immigration dont la majorité votera massivement à gauche. C’est bien joli de triompher au sein de la droite mais si la droite est éliminée de la scène politique, le FN aura l’air fin.

Adoncques, une affaire à suivre.

Quelques réflexions –désabusées– entre les deux tours de scrutin

Pour faire court, les Français ont le choix entre la peste et le choléra. Ils ont à choisir entre un président sortant qui n’a pas su tenir ses promesses passées (et qui n’a naturellement aucune intention de tenir les promesses présentes) et un président aspirant qui n’a aucune chance de tenir les siennes, sauf à plonger le pays dans l’instant dans les affres d’une crise d’une exceptionnelle gravité.

Le malheur, pour les socialistes, est que l’on n’est plus en 1981 et que la France est devenue hautement vulnérable à la crise financière et économique qui nous guette. Or ce que les candidats à la présidence ont oublié de rappeler à leurs électeurs est que leur marge de manœuvre est extraordinairement limitée. Au moindre de faux pas, c’est le plongeon dans la tourmente des marchés. En fait, si on l’avait un peu perdue de vue depuis quelque temps, car elle ne fait plus la une des journaux, la crise s’est brutalement réveillée depuis le début de l’année en raison des inextricables difficultés que traverse l’Espagne, sans parler de l’Italie, des Pays Béas, et cela malgré l’action anesthésiante de la BCE qui a massivement inondé le marché de liquidités ( qu’il faudra bien rembourser d’ici trois ans). La croissance n’est pas repartie, l’endettement continue de s’alourdir et aucun des problèmes de fond qui paralysent l’Europe et l’euro n’ont été résolu. Mais, « après nous, le déluge », n’est-ce pas ?

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Lettre ouverte à Alain Juppé sur la Syrie

Mon Cher Alain,

Vous savez l’admiration sans bornes, et même l’affection –le mot n’est pas trop fort- que je vous porte depuis le jour où je vous ai rencontré, jeune inspecteur des finances fraîchement émoulu du concours, mais déjà confortablement logé à la Mairie de Paris. Vous en avez fait du chemin depuis cette heureuse époque !

C’est la raison pour laquelle l’ainé que je suis pour vous, -car j’étais déjà haut fonctionnaire à l’OTAN quand vous étiez encore en culottes courtes-, prend respectueusement la liberté de vous donner quelque conseils qui vous seront, j’en suis sûr, fort utiles, dans la période incertaine que nous traversons.

Vous vous interrogiez tantôt sur la raison pour laquelle ces coquins de Chinois et ces fripons de Russes avaient proprement torpillé le 4 février dernier votre projet de résolution sur la Syrie à l’ONU.

Permettez-moi de vous éclairer sur ce point

Ils vous ont tout simplement rendu la monnaie de la pièce.

Car, rappelez-vous, vous les aviez proprement « roulés dans la farine » avec la fameuse résolution 1973 de l’ONU qui vous autorisait à bombarder, du haut des airs, la Libye du colonel Kadhafi pour « sauver des vies humaines ». Pourquoi pas ? L’humanitaire qui fait pleurer les chaumières fait toujours recette dans nos médias. Mais vous en avez profité, toute honte bue, et au mépris du droit international, pour écraser ce malheureux pays sous un tapis de bombes (et ce, avec l’aide occulte des Etats-Unis sans laquelle nos forces n’auraient pas tenu plus de 15 jours, faute de carburant et de munitions, sans compter la destruction des batteries antiaériennes de la Lybie sans laquelle nos forces aériennes auraient sans doute subi des pertes insupportables).

Mais, allant plus loin dans votre logique, vous avez cherché le renversement du régime, et même autorisé indirectement l’assassinat par une foule déchaînée du Colonel Kadhafi, certes, personnage fort peu recommandable, mais quand même. Pour un ministre qui invoque à tout propos « l’honneur de la France » et pour un président qui se réfère à tout instant aux droits de l’homme, avouez que cela n’est pas trop mal.

Or il se trouve que Chinois et Russes, eux, ont conservé la mémoire et qu’ils n’entendent pas voir ce scénario se répéter trop souvent. Et pourquoi ne pas intervenir au Tibet et en Tchétchénie tant que vous y êtes ?

D’autant plus que ces interventions irréfléchies se terminent inévitablement par des désastres. Il ne vous échappera pas que, selon les gazettes, la Libye est au bord du chaos, que la Charia est en voie d’y être rétablie (ah ! la libération des femmes) et que les milices y font la loi. Cerise sur le gâteau, les milices Touareg que vous avez si péniblement délogées sont allées incontinent s’installer au Nord du Mali où elles trouvent naturellement à s’employer pour déstabiliser la région et les régimes qui sont nos amis. Du beau travail en vérité. Cela valait effectivement la peine de rameuter l’Europe à grands cris pour parvenir à un tel résultat. Et tout cela pour gratter quelques points de plus (vite envolés) dans les sondages.

Mais réfléchissez un peu si cet exerce n’est pas trop pénible en période pré électorale. Chaque fois que l’occident a voulu se mêler des affaires d’autrui, au nom des sacro saints droits de l’homme, les conséquences ont été proprement catastrophiques. Voyez la Libye, voyez l’Irak, voyez l’Afghanistan dont nous allons avoir toutes les peine du monde à nous extirper sans trop de dommages. Demain ce sera l’Iran ?

Vous voudriez que la France aille encore se mêler des affaires syriennes ? Certes, le régime du président Bachar el Assad n’est guère un modèle de démocratie et que le personnage lui-même est fort peu sympathique. Le mot est faible. Les abus de pouvoir sont flagrants et la répression, semble-t-il, féroce. Mais, tout d’abord, que savez-vous de la réalité sur le terrain que nous ne connaissons qu’au travers des informations fournies par les insurgés ? Ce qui n’est pas forcément un modèle d’objectivité. Au surplus, que proposez-vous de faire ?

La Syrie, comme nombre de ces pays au Moyen-Orient, et je cite le Yémen, la Jordanie, l’Irak, le Liban, la Somalie, la Libye, et même l’Egypte –excusez-moi du peu- sont autant de pays composé de minorités, souvent de tribus à vrai dire, séparées par d’innombrables et anciennes haines intertribales et religieuses fortement enracinées . Pour la seule Syrie, la minorité alaouite au pouvoir depuis 40 ans, fédère à grand peine la majorité sunnite, mais aussi les minorités druzes, chrétiennes, kurdes, que sais-je encore.

Et vous envisagez, piqué par ce tracassin interventionniste hérité du « droit d’ingérence » du célèbre Bernard Kouchner, d’intervenir dans ce guêpier pour y rétablir sans doute la paix, l’harmonie, la concorde entre ces communautés ennemies, au prix sans doute de pertes humaines dont vous avez perdu le souvenir, comme naguère au Liban avec l’attentat du Drakkar, 58 morts, du temps de François Mitterrand (241 morts pour les Américains à Beyrouth). Certes, la tentation est grande d’aller tailler quelques croupières à l’Iran qui ne cesse de nous causer du chagrin et aussi, à quelques semaines des élections présidentielles, de faire apparaître la France, comme pour la Libye, comme l’ardent défenseur de tous les persécutés dans le monde. Cela nous vaudra bien quelques manchettes dans les journaux et une remontée, que l’on espère n’être pas trop fugace, dans les sondages du lendemain.

Mais admettons que cela ne se passe trop mal. Allez-vous vous installer là-bas pour longtemps, comme naguère au Liban, puis en Afghanistan, puis l’évacuer subrepticement, comme on l’a fait au là et ailleurs, au Vietnam, en Irak et bientôt en Afghanistan, en laissant ce malheureux pays « délivré » par les armes occidentales en proie à une guerre civile qui promet de faire passer les troubles actuels comme de paisibles manifestations ?

Laissez donc les Russes, et pourquoi pas les Chinois, se débrouiller comme ils l’entendent puisqu’ils ont la prétention de s’immiscer dans cette inextricable affaire.

Sachez, mon Cher Alain, que la meilleure politique, dans certaines circonstances, est de savoir s’abstenir et de n’intervenir que lorsque les intérêts fondamentaux du pays, la France en l’occurrence, au cas où vous l’auriez oublié, sont engagés.

En Syrie, c’est loin d’être le cas.

Et abstenez-vous, pour l’amour du Ciel, d’aller chercher conseil auprès de M. Bernard-Henry Levy, l’homme par qui la catastrophe arrive, inévitablement.

Yves-Marie Laulan