Sur la mort de 4 de nos soldats en Afghanistan

J’ai fait mon service militaire pendant la guerre d’Algérie, pendant deux longues années. Plus tard, j’ai été nommé directeur à l’Otan du temps de la Guerre Froide. J’ai eu enfin le privilège d’être conférencier à l’Ecole supérieure de Guerre pendant un certain nombre d’années.

C’est dire l’attachement profond, et le respect, que je ressens pour l’institution militaire et les hommes qui l’incarnent. Car l’armée française représente, en effet, à mes yeux, un des derniers viviers de notre société qui cultive encore, dans la discrétion, les qualités d’honneur, de sacrifice, de courage et de patriotisme tant vilipendées aujourd’hui dans tant de secteurs de notre pays. Lire la suite

Le temps des grands dangers est-il de retour ?

Le temps des grands dangers est-il de retour ? Voilà une question qui aujourd’hui vient bien à son heure, alors que des bruits de bottes se font entendre un peu partout dans le monde – en Corée, en Afghanistan, au Moyen-Orient, en Afrique, dont la Libye. Le tableau est, pour l’immédiat, déjà bien chargé. Assistons-nous au retour de la guerre, comme le craignent certains ? Bien entendu, le pire n’est pas toujours sûr ! Mais le réalisme commande de porter le regard plus loin, sur le long terme, pour avoir une vue d’ensemble. Là, une présence s’impose, d’emblée, celle de la Chine.

Une situation mondiale grosse de conflits potentiels

Grosse d’un milliard et trois cents millions de Chinois actifs, entreprenants, de plus en plus sûrs d’eux-mêmes, voici l’« Empire du Milieu » au cœur de la problématique mondiale et sur tous les plans : au plan monétaire, c’est la guerre larvée des monnaies, yuan contre dollar ; au plan commercial, son colossal excédent condamne les partenaires de la Chine au déficit et à la stagnation ; au plan financier, les puissants investissements chinois sont partout où il ya une place stratégique à occuper : au Pirée, en Espagne, en Afrique, ailleurs ; au plan militaire, c’est une impressionnante et rapide montée en puissance qui commence à inquiéter ses voisins. Enfin la Chine rafle sur tous les points du globe où cela lui est possible, les ressources indispensables à la croissance : pétrole, matières premières, métaux rares, etc. On rencontre désormais la Chine en tout endroit de la planète, carnet de chèques en main.

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L’OTAN, l’Europe et la sécurité de la France

Depuis quelque temps, l’armée française est à l’honneur, du moins en apparence.

Après une longue période d’hibernation, la voilà enfin présente sur tous les fronts, (sauf en Irak évidemment), en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et en Libye[1]. Faut-il s’en réjouir ? En fait, ce réveil de l’armée s’articule en trois séquences distinctes, chacune ayant ses motivations circonstancielles propres et ses liens de causalité avec la suivante. On peut ainsi considérer que le retour à l’OTAN rendait quasi inévitable l’engagement de la France en Afghanistan puis difficilement évitable la tentation de porter les armes en Libye.

Le retour à l’OTAN

Etait-il obligatoire ou nécessaire ? Comment l’expliquer ou le justifier ? De fait, cette décision, prise personnellement par Nicolas Sarkozy fraichement élu à la présidence, a procédé de deux types de motivations fort différentes[2]. La première, commune à la plupart des chefs d’Etat en début de mandat, est de « faire différent » et, si possible, à moindre coût. Pour Sarkozy il convenait devant son électorat, de « marquer le coup », de faire montre, de façon spectaculaire, d’une volonté de rupture avec la position de ses prédécesseurs[3].

La deuxième motivation, plus sérieuse, a été la volonté de s’aligner sur l’Amérique, pour le meilleur et pour le pire. Ce n’est pas pour rien que la presse avait cru devoir affubler le nouveau président du sobriquet de « Sarko l’Américain ». En réalité, on aurait pu en dire presqu’autant de ses prédécesseurs à l’Elysée. Ces derniers n’avaient pas agi autrement lorsque l’heure était grave. Songeons au soutien inconditionnel du Général de Gaulle aux Etats-Unis à l’occasion de la crise des fusées à Cuba en octobre 1962 ou de l’attitude de François Mitterrand, bien des années après, dans des circonstances analogues, lors de la crise des fusées Pershing de 1983. Lire la suite

Guerre en Libye : motifs ambigus ; conséquences imprévisibles

Aurons-nous une guerre fraîche et joyeuse ? Voire…

On sait comment commencent les guerres et jamais comment elles finissent (voir sur ce chapitre le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan, et d’autres encore). Certes, Nicolas Sarkozy a obtenu, à l’arraché, cette guerre tant ardemment désirée, malgré une Allemagne réticente[1] (le mot est faible), des Américains fort réservés, des Russes et des Chinois franchement hostiles. Mais à quel prix ! Les dégâts collatéraux sont déjà là, trop visibles : citons l’embryonnaire diplomatie européenne, avec une Lady Ashton qui, de diaphane est devenue invisible, le couple franco- allemand une fois de plus mis à mal, sans compter le malheureux Juppé désavoué à peine nommé aux Affaires étrangères.

Et dans quel but ? Le président veut-il redorer son blason par cette action d’éclat ? Faire grimper du nadir au zénith sa courbe de popularité ? Gagner l’affection des pays arables ulcérés par son coupable aveuglement lors des révolutions en cours au Moyen-Orient ?

Et par quel coup de baguette magique l’honorable Kadhafi, reçu en grande pompe à Paris en décembre 2007, gardes républicains sabres au clair, ne serait-il mué en en personnage diabolique voué aux gémonies par la communauté internationale [2]? Pour avoir osé prendre les armes pour se défendre contre des insurgés armés, comme l’ont fait ou le font le Yémen, l’Arabie Saoudite, Bahreïn etc.) au lieu de se laisser gentiment éconduire vers les vestiaires ?

Ou alors, derrière les grands et nobles principes affichés à l’ONU, l’objectif est-il tout simplement de couper la Libye en deux en gardant le contrôle de la partie « utile », là où sont les champs de pétrole et de gaz naturel ?

Mais voyons les choses d’un peu plus près. Lire la suite

Justes guerres et métier de soldat

La réflexion sur le métier de président des Etats-Unis,  commandant en chef des forces armées américaines, et la notion de guerre « juste », qui figurent dans   le  discours de Barak OBAMA à Oslo, digne d’Abraham Lincoln, mérite d’être poursuivie. Il faut le lire.  Tout y est.

Il en ressort que les guerres justes ne sont pas forcément nécessaires

Que les guerres nécessaires ne sont pas forcément justes.

Ceci étant, rappelons, en guise d’exorde, une constatation d’une affligeante banalité, à savoir que la notion de ce qui est juste ou non varie du tout au tout selon les époques et les sociétés humaines. Ce qui était justifié hier ne n’est plus aujourd’hui et le sera moins encore demain. Dont acte.

Par ailleurs, les guerres d’aujourd’hui ne sont pas celles d’hier, ni celles de demain. Comment va-ton réagir demain dans l’hypothèse d’une guerre nucléaire ? Allons plus loin. Une guerre nucléaire peut-elle être juste ?

En fait, aucune guerre n’est jamais juste dans la mesure où elle provoque forcément la mort de civils d’innocents, surtout pour ce qui concerne les guerres contemporaines.

Certes, c’était déjà largement le cas dans le passé. Songeons aux bombardements  dévastateurs de Coventry, d’Hambourg, d’Hiroshima et de Nagasaki.

Mais c’est encore plus vrai depuis la dernière guerre mondiale. Les conflits « modernes », dans leur majorité (sauf la guerre de Corée et celle du golfe) ne mettent plus aux prises des armées régulières agissant en corps constitués. Ce sont  des guerres de type post colonial, entendons par là le fait qu’elles mettent en présence des forces régulières qui affrontent le plus souvent des guérillas noyées dans la masse de la population civile (guerre d’Israël au Liban et dans la bande Gaza, guerre d’Algérie, guerre d’Indochine, puis du Vietnam, guerre d’Irak après la chute de Saddam Hussein, innombrables guerres civiles africaines, terrorisme au Liban, en Somalie, en Afghanistan,  que sais-je encore ?).

Ces guerres comportent forcément des « bavures » ou des « dégâts collatéraux » largement imprévisibles, pour ne pas dire  inévitables, qu’elles que soient les bonnes intentions des acteurs.

Notons au passage que ce sont des guerres pratiquement « ingagnables » (no-win wars comme le disent nos amis américains). Car les forces régulières ne sont pas armées sur le plan moral pour les affronter sans dommages moraux ou psychologiques démesurés, et souvent irréversibles,  ni équipées sur le plan opérationnel pour l’emporter définitivement sur le terrain et aussi que nos opinions publique se lassent vite d’une guerre prolongée.  Comment, en effet,  se faire aimer des populations locales tout en les bombardant régulièrement de jour comme de nuit (c’est le cas en Afghanistan avec les « drones ») ? Personne n’a encore trouvé la recette.

C’est donc la raison pour laquelle l’Occident -qui ne comprend jamais les leçons de son propre passé -est condamné à perdre régulièrement ce genre de guerre. C’est bien ce qui risque fort de se passer tôt ou tard en Afghanistan (les récits publiés dans la presse par d’anciens soldats américains revenus de ce pays sont éloquents à ce sujet).

En fait, le soldat, ou l’homme politique du temps de guerre, sont confrontés à des choix quasi insolubles : fallait-il renoncer au bombardement nucléaire d’Hiroshima au risque de condamner à mort un million supplémentaire de soldats américains ? Fallait-il renoncer à faire pleuvoir sur Hambourg  d’innombrables bombes incendiaires et retarder d’autant la délivrance des déportés agonisant dans les camps de concentration nazis ? Faut-il renoncer à extirper d’un prisonnier  suspecté de terrorisme,  par des moyens « que la morale réprouve », les renseignements qui permettront  de sauver les enfants de l’école voisine ? (rappelons  à ce sujet le beau film « L’honneur d’un capitaine » de Pierre Schoendoerffer). Combien de  morts, combien de souffrances peuvent-elles justifier d’autres morts, d’autres souffrances plus nombreuses ou plus terribles encore ?

En réalité, les choix de ce genre sont largement dictés par de considérations  d’opportunité qui s’imposent dans l’instant et sur le terrain. Qu’on le veuille ou non, les savantes exégèses des  textes  philosophiques ne peuvent guère éclairer le soldat dans l’action du  combat.

Ce n’est que  dans le calme de leur bureau, et rétroactivement, que censeurs et moralistes  peuvent tranquillement se prononcer   selon les principes de leur conscience et s’ériger en juges d’un passé qu’ils n’ont pas vécu.

Au final, toutes les  guerres, notamment celles de notre temps,  comportent nécessairement une fraction  d’injustice plus ou moins étendue. C’est la malédiction de  notre condition humaine, hier comme aujourd’hui. Mais le Droit et la morale sont heureusement là pour limiter et réduire au minimum, la plupart du temps a posteriori, cette part d’injustice inhérente à la guerre.

Yves-Marie Laulan

Président

Institut de Géopolitique des Populations

La guerre en Afghanistan

Comment gagner en Afghanistan ?

Le président OBAMA est désormais engagé, au  terme de longues supputations, sur une voie bien connue, car déjà plusieurs fois parcourue : le syndrome vietnamien (ou irakien).

De quoi s’agit-il ?

Devant un conflit engagé à la légère, face à un adversaire coriace et insaisissable, il faut se convaincre que cette guerre ne peut pas être gagnée, sauf à y mettre plusieurs centaines de milliers d’hommes . Vous avez bien lu, plusieurs centaines de milliers de soldats(rappelons qu’au plus fort de la guerre au Vietnam , les forces américaines dépassaient 450 000 soldats)

Or, ni l’opinion aux Etats-Unis, encore moins en Europe, n’est résignée à consentir un effort aussi colossal  à l’issue plus qu’incertaine. Que faire dès lors?

La méthode vietnamienne (ou soviétique en son temps) est là pour s’extirper de ce guêpier avec élégance en trois ou quatre étapes .

Temps I : les « alliés envoient des renforts importants, aujourd’hui 30 000 hommes, demain peut-être davantage, (le fameux surge en Irak) pour remporter l’affaire sur le terrain.

Temps II. Le pays étant  officiellement pacifié, on forme des forces locales afin de  mettre un terme au conflit  proprement et sans douleur.

Temps III: les « alliés »,  rassurés , la guerre étant gagnée aux yeux de leur opinion publique, retirent dignement leurs troupes qui rentrent à la maison.

Hélas , temps IV : l’armée vietnamienne, pardon, afghane,  s’effondre promptement sous les coups de boutoir de l’ennemi soi-disant terrassé et  les Talibans réapparaissent  triomphalement  en Afghanistan. La burka est de retour.

 

Yves-Marie Laulan

Ancien président du comité économique de l’OTAN

Ancien conférencier à l’Ecole supérieure de guerre

L’Iran et la Bombe

DÉBAT

De nouvelles négociations s’ouvrent avec l’Iran dans un climat

plein d’espoir. Faut-il pour autant pavoiser ? Ou est-il permis

de rester sceptique ? Yves-Marie Laulan nous offre une vision prospective

et ouvre ici un débat

 

 

Il ne fait guère de doute, aux yeux d’un observateur tant soit

peu averti, que l’Iran aura la bombe, tôt ou tard, d’une manière ou

d’une autre. Pourquoi ?

L’Iran est bien décidé à « avoir sa bombe » envers et contre

tous, et il ne cédera pas aux « affectueuses » pressions de l’Occident

(États-Unis et Europe). De toute façon, l’Iran sait fort bien que ces

pressions sont du bluff. Ni les États-Unis ni l’Europe n’ont l’envie ou la

capacité de recourir à la force (Obama, sauf erreur, n’a pas l’étoffe d’un

Truman (1). Quant à Brown et Merckel…(2) ! L’Occident, au demeurant,

n’a rien de bien sérieux à offrir en échange de la renonciation à

la bombe. Les « sanctions » imposées à différentes périodes de

l’histoire n’ont jamais servi à rien (3), si ce n’est à reculer les

échéances. La Chine et la Russie, quant à elles, seront toujours là pour

empêcher les choses d’aller trop loin. Manifestement l’Iran cherche

uniquement à gagner du temps de façon à mettre l’Occident devant le

fait accompli, ce qui ne saurait trop tarder.

La seule inconnue, mais elle est de taille, dans ce scénario écrit

d’avance est la réaction d’Israël, le dos au mur (4).

faut donc envisager dès maintenant l’hypothèse d’un Iran

armé d’une et bientôt, de plusieurs armes nucléaires et analyser la

situation dans ses conséquences ultimes. Elles ne sont pas forcément

réjouissantes. Mais autant regarder les choses en face.

Dans cette situation, deux hypothèses se présentent.

L’Occident se décide, quand ce sera trop tard bien entendu, à

frapper militairement l’Iran (ce pays ayant acquis la bombe), sachant

qu’il réagira sauvagement de façon à faire le plus de dégâts possible

en Israël, dans la région, et même en Europe. Mais c’est une hypothèse

peu vraisemblable, les démocraties, comme en 1938, ayant l’art

1) Il est cocasse de voir que c’est le moment choisi par le jury d’Oslo pour lui décerner le prix

Nobel de la Paix. L’histoire a de ces ironies.

(2) Chamberlain était un foudre de guerre à côté.

(3) Sauf à déclencher Pearl Harbour après l’embargo américain sur le pétrole (voir les sanctions

contre l’Irak de Saddam Hussein, contre Fidel Castro, contre la Corée du Nord etc.).

(4) Il y a toujours la possibilité du reflexe de Massada, mais qui ne ferait que reculer les échéances.

 

de temporiser avant de se résoudre, parfois, mais toujours trop tard, à

l’inévitable.

Une hypothèse est par conséquent plus probable : l’Occident

reste passif devant un Iran nucléarisé et « attend de voir venir». Ce

qui l’attend est un bouleversement profond de l’équilibre géostratégique

mondial dans un monde devenu très instable et dangereux.

Autrement dit, le problème est moins l’accès de l’Iran à la

bombe que ce qui va suivre. Car la conséquence quasi certaine de la

possession de l’arme nucléaire par l’Iran est, de toute évidence, une

inévitable et catastrophique prolifération nucléaire tous azimuts (5).

Au Moyen-Orient, ce sera une course à la prolifération

nucléaire, chaque pays ayant le souci de se doter à son tour d’une

bombe de façon à se soustraire aussi vite que possible au chantage

nucléaire de l’Iran, qui ne manquera pas de s’exercer promptement (6)

(dans l’ordre des probabilités : l’Arabie Saoudite, la Turquie, la Libye,

la Syrie, l’Égypte et l’Algérie).

Cette course à la bombe ne sera naturellement pas immédiate.

Elle demandera plusieurs années, voire quelques décennies, mais elle

paraît inévitable. Car les acheteurs et les vendeurs de matériaux fissiles

et de la technologie adéquate vont se presser autour de ce marché

porteur.

En Afrique, il est permis de penser que l’Afrique du Sud, qui

avait volontairement renoncé à la bombe, va, cette fois, compte tenu

2

L’Iran et la bombe.

Et après ?

(5) Sans compter la sanctuarisation des pays abritant le terrorisme !

(6) Sachant que dans un tel contexte la garantie américaine ne vaudra pas grand-chose.

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du nouveau contexte international, se décider à aller jusqu’au bout. Le

Nigeria en fera autant.

Dans le reste du monde, des candidats probables à la bombe

pourraient se manifester dans d’autres régions du globe : Asie du Sud

Est (Corée du Sud, Japon, Thaïlande, Indonésie) ; Amérique latine

(Argentine, Brésil, Chili, Mexique, éventuellement Venezuela).

En d’autres termes, l’Iran va ouvrir la boîte de Pandore

nucléaire dans le monde entier, avec, non pas comme aujourd’hui,

moins d’une dizaine d’acteurs, mais plusieurs dizaines.

Ce qui change tout, naturellement. Les futurs pays candidats à

la bombe sont loin, pour la plupart, de disposer d’un appareil d’État

structuré, organisé et contrôlé et d’une élite politique « raisonnable ».

On dira, avec raison, que c’est déjà le cas avec le Pakistan et la Corée

du Nord (7). Mais ce sont précisément ces deux pays qui sont largement

à l’origine des « fuites nucléaires » dans le monde (8) (sans

compter les complaisances de la Chine et même de la Russie). Alors

comment les choses peuvent-elles évoluer ?

Les risques d’un conflit nucléaire, déclenché par « accident »

ou de façon délibérée, vont croître de façon exponentielle avec la multiplication

du nombre des acteurs et la détérioration de leur « qualité

», entendons par là leur capacité de contrôler étroitement le risque

d’un conflit nucléarisé. Là encore, l’analyste en est réduit à conjecturer

de façon aussi plausible que possible.

Selon les plus optimistes (le général Beaufre ou le général

Gallois) (9), il ne se passera rien, l’atome rendant automatiquement les

fous raisonnables, compte tenu des épouvantables conséquences de

son usage.

Un scénario plus pessimiste, tenant compte du poids de l’irrationnel

dans les décisions au plus haut niveau (10), n’exclut pas une

3

L’Iran et la bombe.

Et après ?

(7) Les relations entre Mme Bhutto et l’armée pakistanaise en matière nucléaire donnent froid

dans le dos. Les militaires ont pratiquement fait ce qu’ils ont voulu ; Le Monde du 18 septembre

2009.

(8) Voir Le Monde du 18 septembre 2009 avec Abdul Qadeer Khan.

(9) L’un et l’autre étaient convaincus du triomphe de la raison dans la gestion des affaires

humaines.

(10) On songerait au déclenchement de l’opération Barberousse par Hitler en juillet 1942 ou

Saakashvili voulant récupérer en catimini l’Ossetie du Sud pendant les Jeux Olympiques de

Pékin. Les erreurs de calcul sont légion dans l’histoire des guerres.

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décision irréfléchie d’un des acteurs, pas forcément les plus importants,

de recourir à l’arme atomique pour se donner l’avantage dans un

conflit avec un antagoniste plus puissant. C’est la fameuse riposte du

« faible au fort » (11). Cela pourrait tout aussi bien être celle du

« plus fou au plus fort » ». Autrement dit, un conflit nucléaire à caractère

local.

Dès lors, que peut-il se passer ? Dans le meilleur des cas, le

conflit reste local, les deux acteurs échangeant quelques coups

nucléaires avant d’en rester là et de déclarer la partie nulle (avec

quand même plusieurs dizaines ou centaines de milliers de morts au

tapis et de vastes zones de la planète stérilisées ou menacées par les

retombées radioactives). Ce qui n’est pas rien, après tout.

Que va faire dans cette hypothèse la communauté internationale

? Elle peut choisir de ne rien faire, comme à l’accoutumée, sauf

à se lancer dans le processus bien connu de consultations, de négociations,

d’enquêtes, de déclarations solennelles n’aboutissant à rien,

dont le conflit avec l’Iran a donné un avant-goût. Elle peut aussi décider,

devant la gravité de la situation, de réagir en force, c’est-à-dire de

tenter de contraindre les pays détenteurs (et ils seront nombreux) de

se soumettre, bon gré mal gré, à un contrôle international, sous peine

de représailles si terribles qu’elles mettraient en cause leur existence

même. Et de passer à l’acte en cas de refus ou de réticences.

Cela suppose vertu et détermination. Tout le monde n’a pas la

force d’âme d’un de Gaulle.

Au surplus, cela présume surtout un bouleversement profond

des relations internationales encore fondées sur le principe de la souveraineté

nationale, chacun s’occupant sans souci de son pré carré,

pourvu qu’il n’envahisse pas son voisin. L’on passerait dès lors dans

une sorte de « droit d’ingérence renforcé ».

Toutefois, cette modification du droit international n’aurait de

sens que si elle s’accompagnait en même temps de la mise en place

d’une sorte de « gendarme nucléaire » international (12), formé

sans doute des cinq ou six « vieilles » nations nucléarisées, France,

Grande-Bretagne, États-Unis, Chine, Russie et Inde, face à la horde

4

L’Iran et la bombe.

Et après ?

(11) Rappelons que la dissuasion française est précisément fondée sur ce principe.

(12) En dehors des traditionnelles enceintes de l’ONU dont on a pu goûter la totale inefficacité.

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des nouveaux arrivants dans l’arène nucléaire, qu’il s’agirait en quelque

sorte de mettre, tant bien que mal, au pas. Or on en est fort loin.

Pour l’instant tout au moins, ni la Chine ni la Russie n’ont la

moindre intention de faire pression sur l’Iran, nucléarisé ou non. Leur

position est trop confortable. En effet, ce à quoi on assiste est la

redite, mais en beaucoup mieux monté, du coup de poker raté de

Khrouchtchev avec la crise des fusées à Cuba de 1962.

Ces deux puissances, Chine et Russie, entendent bien laisser

l’Occident se dépêtrer comme il le pourra de ses démêlés avec l’Iran,

tout en restant neutres sur la touche, les mains dans les poches, en

spectateurs non engagés. Une position idéale.

Bien plus, leur jeu à terme serait bien de pouvoir laisser

l’Occident (13) s’embourber peu à peu dans une position de vulnérabilité

et de dépendance stratégiques (14) de façon à renverser à leur profit

l’équilibre géopolitique mondial ; ne serait-ce qu’en accaparant le

meilleur des ressources naturelles indispensables à la croissance, et

cela sans prendre le moindre risque.

Ou du moins, en apparence. Car on reste surpris de l’assurance

de ces deux grandes puissances, Chine et Russie, lesquelles, tels les

apprentis sorciers de la légende, semblent ne pas trop se soucier des

risques liés à la prolifération du feu nucléaire (15). Peut-être s’imaginent-

elles pouvoir tranquillement « tirer les marrons du feu » et rester

protégées par un quelconque miracle des retombées terrifiantes d’un

éventuel conflit nucléaire, local ou généralisé, l’une par l’immensité

de son territoire, l’autre par l’immensité de sa population. Leurs dirigeants

n’ont apparemment pas appris grand chose de l’histoire des

conflits, nucléaires ou non

Ce qui nous permet d’évoquer une dernière hypothèse, pessimiste

celle-là : le conflit gagne de proche en proche par le jeu des

alliances (comme en été 1914 avec l’attentat de Sarajevo, ou en 1940

avec l’invasion de la Pologne) et le conflit nucléaire devient mondial.

On se trouve ici en présence d’un scénario du type Armageddon

ou Apocalypse porté à l’écran avec le célèbre Docteur Folamour. Mais

5

L’Iran et la bombe.

Et après ?

(13) Tenu en respect par l’Iran et les autres pays fraîchement nucléarisés.

(14) Par Iran interposé.

(15) Il arrive qu’un molosse tenu en laisse se retourne contre son maître.

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nous sortons ici heureusement du domaine du prévisible et de l’imaginable.

En conclusion, avant l’Iran nucléarisé, ces scénarios paraissaient

fort peu probables. Avec l’Iran nucléarisé, ces mêmes scénarios

gagnent en probabilité, sans que l’on sache jusqu’à quel point.

Dès lors, faut-il répéter avec feu le président Pompidou que

« le pire n’est pas toujours inévitable » ? Même s’il n’a pas toujours

été évité.

Yves-Marie LAULAN

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L’Iran et la bombe.

Et après ?

Président de l’Institut de géopolitique des populations, Yves-Marie Laulan a été président du

Comité économique de l’Otan et conférencier à l’École supérieure de guerreYves-Marie Laulan

 

Paris le 9 octobre 2009

Institut de Géopolitique des Populations

                                            L’IRAN et la bombe. Et après ?

                                              Quelques perspectives

 

De nouvelles négociations s’ouvrent avec l’Iran dans un climat plein d’espoir. Faut-il pour autant pavoiser ? Ou est-il permis de rester sceptique ?

1°Il ne fait guère de doute aux yeux d’un observateur tant soit peu averti, que l’Iran aura la bombe, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre. Pourquoi ?

-parce que l’Iran est bien décidé  à avoir sa bombe envers et contre tous, et qu’il ne  cédera   pas aux « affectueuses » pressions  de l’Occident (Etats-Unis et Europe),

-que, de toute façon, l’Iran sait fort bien que ces pressions sont du bluff, ni les Etats-Unis ni l’Europe n’ayant ni l’envie ni la capacité de recourir à la               force (Obama, sauf erreur, n’a pas l’étoffe d’un Truman[1]). Quant à   Brown , Merckel…),[2]

-que l’Occident, au demeurant, n’a rien de bien sérieux à offrir en échange de la renonciation à la bombe,

-que les « sanctions » imposées à différentes périodes de l’histoire n’ont jamais servi à rien [3], si ce n’est à reculer les échéances,

-que la Chine et la Russie seront toujours là pour empêcher les  choses d’aller trop loin,

-si bien que manifestement l’Iran cherche uniquement à gagner du temps de façon à mettre l’Occident devant le fait accompli, ce qui ne saurait trop tarder.

La seule inconnue, mais elle est de taille,  dans ce scénario écrit d’avance est la réaction d’Israël, le dos au mur.[4]

Il faut donc envisager dès maintenant l’hypothèse d’un Iran armé d’une et bientôt, de plusieurs bombes nucléaires  et analyser la situation dans ses conséquences ultimes.

Elles ne sont pas forcément réjouissantes. Mais autant regarder les choses en face.

2° Dans cette situation, deux hypothèses se présentent :

-l’Occident se décide, quand ce sera trop tard bien entendu, à frapper militairement l’Iran (ce pays ayant la bombe), sachant  qu’il réagira sauvagement de façon à faire le plus de dégâts  possible en Israël, dans la région, et même en Europe. Mais c’est une hypothèse peu vraisemblable, les démocraties, comme en 1938, ayant l’art de temporiser avant de se résoudre, parfois, mais toujours trop tard, à l’inévitable.

-d’où une hypothèse plus probable : l’Occident reste passif devant un Iran nucléarisé et « attend de voir venir». Ce qui l’attend est  un bouleversement profond de l’équilibre géostratégique mondial dans un monde devenu très instable et dangereux.

3° Autrement dit, le problème est moins l’accès de l’Iran à la bombe que ce qui va suivre. Car la conséquence  quasi certaine de la possession de l’arme nucléaire par l’Iran  est, de toute évidence,  une inévitable et catastrophique prolifération nucléaire tous azimuts[5].

-au Moyen Orient, ce sera une course éperdue à la prolifération nucléaire, chaque pays ayant le souci de se doter à son tour d’une bombe de façon à se soustraire aussi vite que  possible au chantage nucléaire de l’Iran, qui ne manquera pas de s’exercer promptement[6].

Ce seront, dans l’ordre des probabilités : l’Arabie Saoudite, la Turquie, la Libye, la Syrie, l’Egypte et l’Algérie.

Cette course à la bombe ne sera naturellement pas immédiate. Elle demandera plusieurs années, voire décennies. Mais elle paraît inévitable. Car les acheteurs et les vendeurs de matériaux fissiles et de la technologie adéquate vont se presser autour de  ce marché porteur.

– En Afrique, il est permis de penser que l’Afrique du Sud, qui avait volontairement renoncé à la bombe, va, cette fois, compte tenu du nouveau contexte international,  se décider à aller jusqu’au bout. Le Nigéria en fera autant.

-dans le reste du monde, le tableau des candidats probables à la bombe pourrait se présenter ainsi :  a) Asie du Sud Est : Corée du Sud, Japon, Thaïlande, Indonésie

b) Amérique latine : Argentine, Brésil, Chili, Mexique, (Vénézuéla peut-être).

En d’autres termes, l’Iran  va ouvrir la boite de Pandore nucléaire dans le monde entier, avec, non pas comme aujourd’hui, moins d’une dizaine d’acteurs, mais plusieurs dizaines.

Ce qui change tout naturellement. Les futurs pays candidats à la bombe sont loin, pour la plupart, de disposer d’un appareil d’Etat structuré, organisé et contrôlé  et d’une élite politique « raisonnable ». On dira, avec raison, que c’est déjà le cas avec le Pakistan et la Corée du Nord[7]. Mais ce sont précisément ces deux pays  qui sont largement à l’origine des « fuites nucléaires dans le monde[8] (sans compter les « complaisances de la Chine et même de la Russie).

Alors comment les choses peuvent-elles évoluer ?

Les risques d’un conflit nucléaire, déclenché par « accident » ou de façon délibérée, va croître de façon plus que proportionnelle avec la multiplication du nombre des acteurs et la détérioration de leur « qualité », entendons par là leur capacité de contrôler étroitement le risque d’un conflit nucléarisé.

4° Là encore, l’analyste en est réduit à conjecturer  de façon aussi plausible que possible.

A Selon les optimistes, (le général Beaufre ou le général Gallois)[9], il ne sera passera rien, l’atome rendant automatiquement les fous  raisonnables, compte tenu des épouvantables conséquences de son usage.

B Un scénario moins optimiste,  tenant compte du poids de l’irrationnel dans les décisions au plus haut niveau[10], n’exclut pas une décision irréfléchie d’un des acteurs, pas forcément  les plus importants, de recourir à l’arme atomique pour se donner l’avantage dans un conflit avec un antagoniste plus puissant. C’est la fameuse riposte du « faible au fort ». [11]Cela pourrait tout aussi bien être celle du « fou au plus  fort » ». Autrement dit, un  conflit nucléaire à caractère local.

Dès lors, que peut-il se passer ? Dans le meilleur des cas, le conflit reste local, les deux acteurs échangeant quelques coups nucléaires avant d’en rester là et de déclarer la partie nulle (avec quand même plusieurs dizaines ou centaines de milliers de  morts au tapis et de vastes zones de la planète stérilisées  ou menacées par les retombées radioactives).  Ce qui n’est pas rien, après tout.

Que va faire dans cette hypothèse la  communauté internationale ?

Ou bien, elle ne fera rien, comme à l’accoutumée, sauf à se lancer dans le processus bien connu de consultations, de négociations,  d’enquêtes, de déclarations solennelles n’aboutissant à rien,  dont le conflit avec l’Iran a donné un avant goût.

Ou elle décide, devant la gravité de la situation, à réagir en force, c’est-à-dire de tenter de contraindre les  pays détenteurs  (et ils seront nombreux) de se soumettre, bon gré mal gré, à un contrôle international,  sous peine de représailles si terribles qu’elles mettraient en cause leur existence même. Et de passer à  l’acte en cas de refus ou de réticences.

Ce qui suppose beaucoup de vertu et de détermination. Tout le monde n’a pas la force d’âme d’un de Gaulle.

Au surplus, cela présume surtout un bouleversement profond des relations internationales encore fondées sur le  principe de la souveraineté nationale, chacun  s’occupant sans souci de son pré carré, pourvu qu’il n’envahisse pas  son voisin.

L’on passerait dès lors  dans une sorte de « droit d’ingérence renforcé ».

Mais cette modification du droit international n’aurait de sens que si elle s’accompagnait en même temps de  la mise en place d’une sorte de « gendarme nucléaire »   international,[12] formé sans  doute des  5 ou 6 « vieilles » nations nucléarisées  , France, Grande Bretagne, Etats-Unis, Chine, Russie et Inde, face à la  horde des nouveaux arrivants sur le théâtre  nucléaire, qu’il s’agirait  en quelque sorte de mettre, bon gré mal gré, au pas.  Or on en est fort loin.

C Car pour l’instant tout au moins, ni la Chine ni la Russie n’ont la moindre intention de faire pression sur l’Iran, nucléarisé ou non. Leur position est trop confortable.

En  effet, ce à quoi on assiste est la redite, mais en beaucoup mieux monté, du coup de poker raté de Khrouchtchev avec la crise des fusées à Cuba de 1962

Ces deux puissances, Chine et Russie, entendent bien laisser l’Occident se dépêtrer comme il le pourra  de ses démêlés avec l’Iran, tout en restant neutres sur la touche, les mains dans les poches, en spectateurs non engagés. Une position idéale.

Bien plus, leur jeu à terme pourrait bien être  de laisser l’Occident[13] s’embourber peu à peu dans une position de vulnérabilité et de dépendance stratégiques[14]  de  façon à renverser à leur profit l’équilibre géopolitique mondial, ne serait-ce qu’en accaparant le meilleur des ressources naturelles indispensables à la croissance, et cela sans prendre le moindre risque .

Ou du moins, en apparence. Car on reste surpris  de l’assurance  de ces deux grandes puissances, Chine et Russie,  lesquelles, tels les apprentis sorciers de la légende, semblent ne pas trop se soucier des risques  liés à la prolifération du feu nucléaire[15]. Peut-être s’imaginent-elles pouvoir  tranquillement « tirer les marrons du feu » et rester protégées par un  quelconque miracle des retombées terrifiantes d’un éventuel conflit nucléaire, local ou généralisé, l’une par l’immensité de son territoire, l’autre par l’immensité de sa population.  Leurs dirigeants n’ont apparemment  pas appris  grand chose de l’histoire des conflits, nucléaires ou non

C Ce qui nous permet d’évoquer une dernière hypothèse, pessimiste celle-là : le conflit gagne de proche en proche par le jeu des alliances (comme en été 1914 avec l’attentat de Sarajevo, ou en 1940 avec l’invasion de la Pologne) et le conflit nucléaire devient mondial. .

On se trouve ici en présence  d’un scénario  du type Armageddon ou Apocalypse porté à l’écran avec le célèbre  Docteur Folamour. Mais nous sortons ici heureusement du domaine du prévisible et de l’imaginable.

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En conclusion, avant l’Iran nucléarisé, ces scénarii paraissaient fort peu probables.

Avec l’Iran nucléarisé, ces mêmes scénarii gagnent en probabilité, sans que  l’on sache jusqu’à quel   point.

Dès lors, faut-il répéter avec feu le président Pompidou que « le pire n’est pas toujours inévitable » ? Même s’il  n’a pas toujours été évité.

 

Yves-Marie Laulan

Président de l’Institut de Géopolitique des Populations

ancien président du Comité économique de l’OTAN

ancien conférencier à l’Ecole supérieure de Guerre

courriel :ylaulan@yahoo.fr



[1] Il est cocasse de voir que c’est le moment choisi par le jury d’Oslo pour lui décerner le prix Nobel de la Paix. L’histoire a de ces ironies.

[2] Chamberlain était un foudre de guerre à côté.

[3] Sauf à déclencher Pearl Harbour après l’embargo américain sur le pétrole (voir les sanctions contre l’Irak de Saddam Hussein, contre Fidel Castro, contre la Corée du Nord etc. etc..

[4] Il y a toujours la possibilité du reflexe  de Massada mais qui ne ferait que reculer les échéances.

[5] Sans compter la sanctuarisation des pays abritant le terrorisme !

[6] Sachant que dans un tel contexte la garantie américaine ne vaudra pas grand-chose.

[7] Les relations entre Mme Bhutto et l’armée pakistanaise en matière nucléaire donnent froid dans le  dos. Les militaires ont pratiquement fait ce qu’ils ont voulu. Le Monde du 18 septembre 2009

[8] Voir le Monde du 18 septembre 2009 avec Abdul Qadeer Khan

[9] L’un et l’autre  étaient convaincus du triomphe de la raison dans la gestion des affaires humaines.

[10] On songerait au déclenchement de l’Opération Barberousse par Hitler en juillet 1942 ou  Saakashvili voulant récupérer  en catimini l’Ossétie du Sud pendant les Jeux Olympiques de Pékin. Les erreurs de calcul sont légion dans l’histoire des guerres.

[11] Rappelons que la dissuasion française est précisément fondée sur ce principe.

[12] En dehors des traditionnelles enceintes de l’ONU dont on a pu goûter la totale inefficacité

[13] Tenu en respect par l’Iran et les autres pays fraichement nucléarisés.

[14] Par Iran interposé.

[15] Il arrive qu’un molosse tenu en laisse se retourne contre son maître.a Bombe