Vladimir Poutine est-il atteint d’autisme ?

Vladimir Poutine est, selon une étude américaine, atteint d’une forme atténuée d’autisme. Ainsi s’expliquerait son regard fixe et le fait qu’il n’écoute personne. Ce n’est pas exclu.
Mais ce qu’il y a de sûr est qu’il a une idée fixe : remettre tôt ou tard la main sur l’Ukraine pour reconstituer l’Empire russe. Et c’est pourquoi n’a pas prêté la moindre attention aux propos tenus par François Hollande et Angéla au cours de leur énième toute récente mission à Moscou pour « sauver la paix ».
C’est qu’il n’a aucune raison de le faire. Ils n’ont « rien à lui vendre », sauf une vague promesse de l’atténuation, voire la suppression des fameuses sanctions », dont on a pu voir qu’elles ne servent rigoureusement à rien et que Vladimir Poutine s’en moque éperdument. Depuis le temps, l’Occident devrait savoir que les dirigeants de la Russie, comme avant ceux de l’Union soviétique auparavant, sont largement insensibles à l’argument économique. Ils traitent le niveau de vie des Russes et leurs ressources comme une espèce d’édredon capable d’absorber n’importe quel choc conjoncturel. Ils peuvent le gonfler ou comprimer à loisir, au nom du patriotisme russe, du souvenir de la grande guerre patriotique et de la lutte contre l’ennemi héréditaire, l’Amérique Et grâce à la vodka… potion magique, panacée universelle, qui permet aux Russes de tout supporter. D’ailleurs Vladimir Poutine, en fin connaisseur de l’âme russe, vient d’en abaisser le prix. Ce n’est pas un hasard.

La seule chose qui pourrait, et encore, le faire bouger serait la mise en exécution de la menace américaine de livrer des armes défensives à l’armée ukrainienne pour prévenir la déroute qui ne saurait tarder dans l’état actuel des choses.
Quant aux Européens, nouveaux Chamberlain, ils ont encore plus affaibli leur main qu’ils ont au préalable claironné urbi et orbi qu’ils feraient appel à tous les moyens possibles, sauf à la force militaire. Or c’est précisément la seule chose qui pourrait ébranler Vladimir Poutine. On ne saurait être plus maladroit. Quand on se mêle à jouer à la géopolitique, il faut en prendre les moyens et en adopter les modes opératoires.
Ce qui explique la manœuvre de retardement de Vladimir Poutine qui est d’autant plus au courant de la situation que c’est l’armée régulière russe, ayant mis le masque bas, qui est engagée sur ce champs de bataille, uniformes dégriffés compris. Pour le maître du Kremlin, le but est de gagner du temps pour créer sur le terrain une situation quasiment irréversible. Son objectif est clairement une Ukraine croupion partiellement occupée par la Russie. Cette dernière pourra à terme obtenir sous la menace russe le renversement du gouvernement ukrainien démocratiquement élu ou tout au moins sa mise sous la tutelle russe.
A cet égard, ces atermoiements de Hollande et Merkel n’ont rigoureusement à rien, si ce n’est à faire gagner du temps, et du terrain, à l’armée russe. Ils se sont fait les adjoints de fait de la diplomatie russe. Il est affligeant qu’ils soient rendus, bon gré mal gré, complices de cette triste comédie. Manifestement l’esprit de Munich plane sur l’Europe.
Et pourtant les enjeux sont colossaux.
Si, par lâcheté, comme tout porte à le croire, l’Occident perd l’Ukraine qui appelle à l’aide, les conséquences seront clairement désastreuses. Comment s’imaginer que la protection apportée par l’OTAN gardera la moindre valeur. Comment croire que l’Union européenne si péniblement construite au cours des dernières décennies conservera la moindre crédibilité puisqu’à la merci du moindre coup de force, du moindre coup de tête de son puissant voisin russe. Et ils ne manqueront pas. Car s’il est quelque chose d’avéré c’est que l’ours russe, mis en appétit ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Comment s’imaginer que le couple franco-allemand, qui se sera dégonflé comme une baudruche au moindre coup de vent, ne sera pas irrémédiablement rangé au magasin des accessoires inutiles de l’histoire européenne.
Ce sont 30 à 60 ans d’histoire européenne qui seront emportés au loin par cette tourmente. D’autant plus que l’Amérique, humiliée, n’aura plus qu’à se retirer dans la forteresse américaine, drapée derechef dans un splendide isolationnisme dont il lui sera difficile de se dégager.
Il est fort à parier que Vladimir Poutine est parfaitement conscient de tout cela C’est ce qui lui permet de s’aventurer sur ce terrain avec autant d’assurance. Car il peut espérer rafler sur un seul coup de dés ce que l’Union soviétique a été incapable d’obtenir en 60 ans de guerre froide : renvoyer l’Amérique sur le continent américain et placer sans coup férir l’Europe occidentale sous influence russe : un rêve qui parait désormais à sa portée.
Nos deux responsables politiques, disons-le clairement, sont allés en vain à Canossa. Mais pourquoi les Européens sont-ils aussi manipulables ?
Pour ce qui concerne Angela Merkel, il faut se rappeler qu’étant originaire de l’Allemagne de l’Est occupée par l’armée rouge jusqu’en 1991, elle a vu de ses propres yeux pendant son enfance les forces soviétiques à la manœuvre sur le territoire allemand. Ce genre de souvenir ne peut manquer de laisser des traces. Par ailleurs, sa nature de femme lui donne peut-être un tempérament plus porté à la négociation qu’à l’affrontement.
Quant à François Hollande, ce n’est certainement pas un Winston Churchill. Son passé de socialiste l’a formaté à croire qu’avec le temps, tout peut s’arranger, et à lui donner une appétence marquée pour le compromis. On peut en attendre le pire en cas de choix dramatiques. Son tempérament le portera plus proche de Daladier que de de Gaulle. Pour ce qui concerne David Cameron, le premier Ministre britannique, on n’en entend plus parler. Nul ne sait où il est. Peut-être aux abonnés absents, peut-être en vacances dans les Caraïbes. Notre temps n’est pas favorable à l’éclosion de héros.
Il est vrai que nos leaders timorés ont des excuses. C’est l’état déplorable des forces armées de la France et de l’Allemagne, et même de l’Angleterre. Depuis 30 années, l’effort de défense de nos trois pays a été, d’année en année, laminé en raison de la montée en puissance des crédits sociaux. A telle enseigne que notre pays ne consacre guère que 1,5 % du PIB à nos forces armées. L’Allemagne et la Grande Bretagne ne font pas mieux.
Il en résulte que nous avons une excellente armée, mais uniquement opérationnelle pour des opérations outremer, comme en Mali, ou en coalition, comme en Afghanistan, mais totalement incapable d’agir avec une quelconque efficacité sur le théâtre européen.
On assure ainsi que l’armée française ne sait plus comment manœuvrer au niveau de la division, faute d’entrainement et de moyens. Or en Europe, il ne s’agirait pas d’intervenir contre des bandes de guérilleros prompts à s’égayer dans la nature mais de bloquer l’avance de colonnes massives de blindés appuyés par de l’artillerie. C’est une toute autre affaire. Tout militaire tant soit peu informé sait bien qu’en 24 ou 48 heures les tanks russes pourraient être à Paris ( à condition qu’ils n’aient pas trop de pannes en route quand même). On comprend que nos leaders politiques ne soient guère portés à l’intrangisance ou à la fermeté dans de telles conditions.
Reste le cas de Vladimir Poutine. C’est une personnalité difficile à cerner. Il est manifeste qu’il s’agit d’un homme hors du commun, contrairement à Obama, à notre François Hollande ou à David Cameron, qui seraient plutôt des leaders de calibre ordinaire. On ne se maintient pas 15 ans au sommet d’un pays aussi difficile à gouverner sans cela. Ceci étant, il faut bien voir que sa position n’est pas forcément confortable. Dans nos démocraties parlementaires, en cas d’échec avéré, le remède est simple. Le responsable politique malheureux est purement et simplement renvoyé par les électeurs dans ses foyers.
Rien de tel en Russie où cette soupape d’échappement n’existe pas. En cas d’échec, c’est la chute sans rémission. Or Vladimir Poutine est parvenu au faite du pouvoir sur deux engagements explicites : restaurer la grandeur de la Russie et, à titre accessoire, améliorer le niveau de vie des Russes. Or il est en passe de perdre sur les deux tableaux.
Avec l’effondrement du prix du pétrole, le niveau de vie des Russes dévisse aussi. Avec l’instauration d’un régime démocratique en Ukraine, après les manifestations de la place Maiden et les élections irréprochables du président Petrochenko, l’Ukraine a choisi de se dégager de l’étreinte russe et de se tourner vers l’Europe au point d’envisager de joindre l’Union européenne et même l’OTAN. Il s’agit là d’une perspective totalement inacceptable pour le leader russe. C’est l’effondrement du rêve de Poutine de reconstituer sur de nouvelles bases l’empire russe. Le voilà le dos au mur et prêt à prendre tous les risques pour parvenir à ses fins et se maintenir au pouvoir.
Irait-il jusqu’à prendre le risque d’un conflit nucléaire s’il en était besoin ? Certainement car il sait fort bien que jamais l’Occident timoré ne serait capable d’envisager de sang-froid une telle éventualité. A cette partie de poker menteur, il serait surement le gagnant. Dès lors, pourquoi se gêner ? L’abcès de fixation ukrainien étant bel et bien enflammé, il suffit de l’entretenir et à l’envenimer au besoin pour parvenir au but.
Quoiqu’il en soit Poutine a d’ores et déjà gagné avec une Ukraine mutilée et assujettie. Il aura aussi réussi au passage à mettre à mal le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le principe de l’intangibilité des frontières établies depuis la fin du dernier conflit mondial. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
Mais ce genre de partie comporte toujours deux phases.
C’est ici le lieu de rappeler les paroles prophétique de Winston Churchill dans de semblables circonstances : » Vous avez accepté la honte pour ne pas avoir la guerre, vous avez la honte et vous aurez la guerre »

Une réflexion au sujet de « Vladimir Poutine est-il atteint d’autisme ? »

  1. Bonjour Monsieur,

    Je suis très malheureux de ne plus vous entendre sur radio courtoisie, il y a encore deux ans vous étiez sur cette radio, et subitement plus rien, me faisant du souci pour vous, et je me disais qu’il y avait peut-être un différent avec le patron de la radio, qui malheureusement à fait fuir pas mal d’intervenants et de patrons d’émissions de grande qualité, comme Mme de Tafin.
    En espèrant vous réentendre, et éventuellement vous revoir sur un éventuel colloque.
    Mon email : doughp48sx@gmail.com

    Edmond Monange

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