L’Europe malade de l’Allemagne?

Yves-Marie Laulan Paris le 12 octobre 2015
l’Europe malade de l’Allemagne ?

L’Allemagne d’Angela Merkel serait-elle, à son tour, frappée par les trois coups du destin : le crash d’Andréas Lubitz, pilote de la compagnie aérienne Germanwings, la monstrueuse tromperie de Volkswagen et enfin l’effarante « boulette » de la Chancelière, confrontée avec la crise des migrants, versant étourdiment de l’huile sur le feu au lieu de colmater la brèche. Bien plus, voici que, tout dernièrement la Deutsche Bank, la principale banque allemande donne à son tour des signes de fragilité avec des pertes de 7 milliards d’euros qui ont, dans l’instant, entraîné une baisse en Bourse de 20 %. L’Allemagne, jusqu’ici considérée comme le pilier de l’euro, le roc économique inébranlable sur lequel l’Europe d’après- guerre est ancrée, serait-elle devenue subrepticement un « colosse aux pieds d’argile », d’une inquiétante fragilité derrière une apparence de force et de sérénité ?
Le crash de la Germanwings révèle l’étonnante légèreté des contrôles d’une compagnie aérienne renommée. Celle-ci n’a pas hésité, sans états d’âme excessifs, à confier un avion chargé de passagers confiants aux mains d’un pilote fou dont la fragilité psychologique avait été avérée, sans erreur possible, par de multiples diagnostics médicaux étalés sur plusieurs années. Mais qui s’est préoccupé de les demander, de les consulter et enfin d’en tirer les conséquences logiques ? Mieux valait sans doute fermer les yeux sur le recrutement d’un pilote moins couteux dans une filiale de la compagnie mère, la Lufthansa. Rentabilité avant sécurité.
L’affaire Volkswagen tire ses racines d’une origine analogue. On peut la résumer par un adage bien connu : « si la température ne nous convient pas, cassons le thermomètre ». Il fallait mettre les véhicules allemands aux normes de pollution exigées aux Etats-Unis, tout en conservant de bonnes performances en matière de prix, de consommation de carburant et de vitesse. Ce n’était pas possible. La quadrature du cercle. Mais un peu d’imagination y a suppléé : un logiciel magique logé dans le tableau de bord permettant de déjouer les tests indiscrets. Et voilà le tour joué. A ceci près que la confiance dans le « made in Germany » risque fort de « passer à la casserole » pour longtemps.
La monnaie repose, on le sait sur la confiance. Mais c’est aussi la confiance qui fonde les relations entre les nations au sein de l’Europe. On était familier avec la faiblesse traditionnelle de la France qui engrange chaque année, bon gré mal gré, quelque 80 à 90 milliards de déficit extérieur à telle enseigne que son endettement extérieur va bientôt égaler le montant de son PNB et tutoyer la dette de la Grèce. Mais baste, peu importait. La France, c’est bien connu , qu’elle soit à gauche ou à droite, ne sait pas et ne saura jamais gérer son économie.
Car il y avait toujours à ses côté l’Allemagne, la grand sœur raisonnable et généreuse, fourmi épargnante prête à servir d’ombrelle à la cigale française qui pouvait en toute impunité emprunter à des taux historiquement bas pour financer ses déficits devenus chroniques. Mais que va devenir le couple franco-allemand si la France structurellement boiteuse est désormais mal soutenue par une Allemagne qui trébuche à son tour ? Ce couple va-t-il illustrer la fable de « l’aveugle et du paralytique » au grand dam d’une Union européenne dont on mesure aujourd’hui toute la fragilité à l’épreuve de la crise des migrants.
Car les réalisations de la construction européenne que les eurocrates extasiés exhibaient avec la fierté d’un Tartarin exposant les dépouilles des fauves abattus, -Union européenne, euro, espace de Schengen-, se révèlent à l’usage, et à l’épreuve, singulièrement fragiles. Un grand nombre de pays membres au nord de l’Europe renâclent sans vergogne devant les quotas de migrants que la Commission européenne et les gouvernements français et allemands prétendent leur imposer, au nom de l’amour de l’humanité et de la solidarité européenne. C’est qu’ils ont l’instinct du bétail que l’on mène à l’abattoir. Ils savent bien plus ou moins confusément que, crise humanitaire ou pas, ces flux de migrants emmènent avec eux leurs problèmes, leurs religions et leurs préjugés et leurs prétentions menacent à terme leur identité, leur façon de vivre et la paix sociale de leurs pays
Déjà, dans les camps en Allemagne, messieurs les migrants proclament hautement qu’il n’est pas question de renoncer à la Charia pour leurs femmes, -Ligue des Droits de l’Homme ou pas-, tout en refusant de manger du porc cher à la population d’accueil et en réclamant à haute et intelligible voix de la viande hallal. Quand même. Il faut savoir vivre. Et cela aujourd’hui. Qu’en sera-t-il demain ?
En fait, la seule solution raisonnable devant ces flots humains venant d’outre Orient serait soit, de refuser simplement et simplement de les recevoir,- après personne ne leur a demandé de venir- soit de les loger dans de camps provisoires, mais certes confortables, de réfugiés, avec engagement de les ramener chez eux ultérieurement, de gré ou de force. Nullement de les installer sur place à demeure. Mais lequel par nos gouvernements pusillanimes oserait tenir un discours aussi musclé, humanitarisme médiatique oblige ? Car les médias, alertés par les associations charitables de service, sont là qui guettent le moindre faux pas, comme des vautours autour d’une bête malade.
Il faut appeler ces migrations pour ce qu’elles sont : une invasion. Et une invasion religieuse qui plus est. Or une invasion est un acte de guerre. Et, à la guerre, il faut savoir se défendre. Angela Merkel, excellente comptable et manœuvrière politique de talent, en est-elle capable ? N’a-t-elle pas montré ici les limites de ses capacités « d’homme d’Etat » ?

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