François la Chance

Yves-Marie Laulan Paris le 5 février 2015

François la Chance

Heureux François Hollande ! Il est manifestement béni par les Dieux qui peuplent l’Olympe socialiste. Jugez-en .
Voici quelques semaines, il était au plus bas dans les sondages, battant même au passage un record historique. Jamais dans l’histoire de la V° République un président de la République n’avait été aussi mal aimé de ses administrés avec autant d’opinions négatives.
Et voici que, miracle, le voici qui rebondit allègrement dans les sondages avec un gain de 20 points en quelques jours. Et passez muscade. Comment expliquer ce rétablissement prodigieux ?
C’est qu’entretemps trois sinistres canailles, des délinquants reconvertis dans le terrorisme, -cela fait plus noble-, ont accompli leur triste besogne. Les Français, peuple sensible, ont apprécié la dignité avec laquelle le président de la République a accompagné les malheureuses victimes à leurs dernières demeures en prononçant d’émouvants discours au profit des uns et des autres : la République attaquée, les victimes abattues, les policiers méritants. Personne n’a été oublié. Chacun a eu droit à son hommage présidentiel. Et le tour est joué. François s’est refait une vertu. Bravo l’artiste.
François Hollande devrait, son mandat achevé, se lancer dans une nouvelle carrière comme entrepreneur des Pompes Funèbres. Il y réussit si bien. Il est fait pour annoncer des nouvelles lugubres. Il est vrai qu’il a vraiment la tête de l’emploi, la mine digne, l’air défait, le teint couperosé parsemé de boutons, les paupières tombant mollement sur les yeux comme pour mieux dissimuler le regard. Comment Julie Gayet ne serait-il pas flattée d’accueillir dans ses draps , avec ou sans scooter, un président redevenu si populaire en si peu de temps et à peu de frais .
Car nos compatriotes, peu regardants, se sentent désormais confortés, protégés et compris. Peu importe que les chiffres du chômage, à 3,5 millions de chômeurs, aient eux aussi franchi un niveau historique ; peu importe que le déficit extérieur poursuive son chemin vers l’abîme ; peu importe que la politique économique poursuivie avec obstination contre vents et marées, en l’absence de toutes réformes, soit un fiasco spectaculaire.
Les Français, peuple à la mémoire bien fragile et à l’entendement limité, feraient pourtant bien, le moment d’émotion passé, s’interroger sur le fait que notre président socialiste, et le parti qui l’a fait élire, sont directement à l’origine du problème inextricable dans lequel la société française est se débat aujourd’hui. Car il y a bien des responsables de la situation quelque part, par exemple au gouvernement.
Voyons voir. Le terrorisme ne fleurit pas naturellement, comme des roses dans un jardin fertile. Il lui faut un milieu protecteur, un terreau accueillant dans lequel il peut s’implanter et pousser ses racines. Et ce milieu, c’est trente années d’immigration insouciante poursuivie, encouragée par le pouvoir socialiste , en dépit des avertissements multiples qui n’ont pas manqués de se faire entre tout au long de cette période .
Que n’avons pas entendu au cours de ces longues années. De quels discours, de quels sermons n’avons pas été abreuvés par la presse et les hommes politiques de gauche . La France, terre d’asile, nourrie de grands principes et gavée de bons sentiments, se devait d’accueillir tout le monde, d’où qu’ils viennent, mais, de préférence, de pays musulmans. Et c’est bien ce qui s’est passé.
Maintenant le mal est fait. Et il est rigoureusement impossible de revenir en arrière avec plus de 10 % de la population d’origine musulmane ou sous l’influence de l’Islam. Mais chut. Il ne faut pas le dire. Sinon gare. C’est le procès assuré. Il ne faut pas stigmatiser. Il ne faut pas amalgamer. C’est le nouveau « buzz », le nouveau mot d’ordre. Ah que la langue française est donc riche et belle lorsqu’il s’agit d’inventer de nouveau vocable lénifiants pour pousser des problèmes gênants sous le tapis . C’est la novlangue de la V° République socialiste.
Et l’on croit s’en tirer avec quelques mesures vaguement bricolées comme le stationnement, dans le froid, de quelques malheureux soldats plantés devant des lieux exposés et pour combien de temps. ? Et avec ça, la France sera sauvée et les terroristes terrorisés et l’islamisme radical exorcisé. De qui se moque- t-on ?
Bien plus. Les Français ne devraient-ils pas se demander comment justifier le fantastique échec de nos services de renseignements pourtant si souvent cités en exemple ? Comment expliquer que ces réseaux terroristes aient réussi à se mettre en place au nez et à la barbe notre police si vigilante ? Pourquoi avoir toléré la mise en place de dispositifs administratifs et douaniers permettant à des terroristes en herbe de quitter le territoire national , de passer en Turquie, de pénétrer dans un pays en proie à une guerre civile atroce, et de revenir tranquillement commettre quelques crimes sur le territoire national, au nom d’Allah bien sûr.
Or n’oublions pas que l’actuel Premier ministre, quelle que soit la sympathie que sa personnalité peut inspirer, a été ministre de l’Intérieur pendant des années. Pour ne pas être en reste, ne perdons pas de vue que Nicolas Sarkozy, avant d’être président de la République, a occupé le même poste. Et que dire d l’actuel et sympathique ministre de l’Intérieur Jacques Cazeneuve ? Il a certes fait preuve d’ un admirable sang-froid pendant ces évènements tragiques. Mais il n’était guère ne première ligne, tant s’en faut. Et qu’a-t-il fait pendant les deux années et plus où il a occupé ce poste ministériel ? N’était-il au courant de rien ? S’est-il préoccupé de mettre en place des mesures susceptibles de prévenir ces attentats ? Avons -nous affaire à des hommes politiques responsables de leurs actes, ou de leur omissions, ou à des potiches tout justes bonnes à inaugurer des monuments et à prononcer des allocution de condoléances aux familles de victimes..
Mais enfin qui a nommé, et sans doute imposé au gouvernement, l’incorrigible Christiane Taubira, Madame « prisons portes ouvertes », laquelle qui se proposait encore tout récemment de faire passer une loi apportant un relâchement supplémentaire à nos lois jugées trop répressives ? C’était vraiment le moment. Et Christiane Taubira est toujours en place que je sache.
Qu’ont‘ ils fait les uns et les autres pour remédier aux lacunes béantes de notre système de renseignements ? Qu’ont-ils fait par prévenir le retour de tels drames ?
Ou alors ne faut-il pas reconnaître honnêtement que le mal est fait, qu’il « n’est pas possible de mettre un gendarme devant chaque porte, comme l’avait dit tantôt un homme politique et qu’il faut s’habituer désormais à vivre dans l’attente du prochain attentat. Comme au Pakistan. On n’arrête pas le progrès.
Mais la « martingale » de François Hollande ne s’arrête pas là. Les Grecs délinquants viennent aussi miraculeusement à son secours. Ce pays endetté jusqu’au cou après des années de débauche financière, vient d’élire un gouvernement de combat avec à sa tête un premier ministre beau comme un jeune Dieu grec, digne d’une affiche de cinéma, d’extrême gauche par dessus le marché . Et allez zou. Jetons aux orties les bons principes de la rigueur financière. A bas l’austérité qui fâche l’opinion. C’est dit. On remboursera ne plus ses dettes (de façon à pouvoir recommencer demain de plus belle ).
C’est là un met qui exhale sans nul doute un fumet délicieux aux narines délicates de notre cher président. Ne plus rembourser ses dettes, et avec, en prime, la compréhension de l’Union européenne de la communauté et la bénédiction de l’Amérique. ? Mais cela intéresse bigrement le président d’une France lourdement endettée, presque autant que la Grèce.
Et Françoise Hollande, toujours charmeur, d’accueillir en sauveur et en ami le nouveau premier ministre grec porteur d’aussi bonnes promesses. Le voilà instauré dans un nouveau rôle qui lui va comme un gant, celui d’intermédiaire obligé de l’Union européenne. Décidément, François Hollande, tel un caméléon de charme, est irremplaçable dans tous ses emplois successifs.

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