Attentats : une marche pour rien?

Ils mangèrent du raison vert et leurs enfants ont eu les dents agacées

Comme le disait tantôt suavement l’ineffable Edouard Balladur, « il ne faut pas bouder son plaisir ». Ne boudons donc pas notre plaisir de voir la France, pour une fois, rassemblée dans une marche « historique » -comme on dit aujourd’hui à tout propos- contre le terrorisme islamique ; une Assemblée nationale entonnant tous partis confondus la Marseillaise, une première depuis près de 100 ans ; un président de la République enfin dans son rôle à la tête de l’Etat ; et un Premier Ministre qui a trouvé, lui, des accents de Chef de l’Etat.
Mais il faut se demander si nous ne sommes pas une fois de plus en train de céder à l’ivresse des mots et à l’euphorie d’une cohésion nationale miraculeusement retrouvée. Or c’est précisément là que le bât blesse. Car la France reste coupée en deux. Ne nous voilons pas les yeux comme on le fait à plaisir depuis 30 ans. Le fond de l’affaire est que le terrorisme est l’enfant légitime, ou le sous-produit, d’une immigration forcenée à majorité musulmane. Cette immigration a créé les conditions idéales pour l’implantation du terrorisme sur le territoire national. Mais, hélas, au-delà du problème du terrorisme, les conséquences réelles pour notre pays en sont infiniment plus graves. Il s’agit tout simplement de notre identité nationale. A cet égard, deux livres récents à succès annoncent la fin de notre pays comme nous l’avons fait nous même sans relâche et sans aucun succès, depuis près de 30 ans. L’immigration, voilà l’ennemi.

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Comment ne pas évoquer ici le cri de Louis XVI à l’annonce de la prise de la Bastille : « C’est une émeute ? » s’écria le malheureux. « Non Sire, c’est une révolution » lui a-t-on répondu (selon la légende). L’infortuné devait y perdre sa tête par la suite. Car ramener cette série d’attentats à un simple épisode du terrorisme ordinaire est singulièrement réducteur. Ici, nos responsables se trompent lourdement, et une fois de plus, de cible.
Ironie de l’histoire, c’est un président décrié, honni, dédaigné voire méprisé qui va devoir gérer une situation inédite à savoir, en premier lieu, des attentats contre des membres de la communauté juive de France ; mais aussi le massacre d’un organe de presse à tonalité vaguement anarchiste, et plus ou moins orienté à gauche, mais dont le fonds de commerce essentiel était l’impertinence voire l’insolence tous azimuts. Nul doute que son comportement digne au cours de la cérémonie expiatoire du dimanche janvier lui offrira l’occasion d’une rédemption devant l’opinion et un regain de popularité.
Mais nous sommes en présence d’un problème de société autrement grave et profond qui n’est que très partiellement tributaire d’une amélioration de notre appareil répressif ou du renforcement de nos services de renseignement.
Le terrorisme est, bien sûr, le fait d’individus isolés et fanatisés. Mais il ne peut prendre racine qu’au sein d’une population passive, consentante ou soumise éventuellement par la terreur. C’est le cas en Palestine ou au Pakistan et naguères au Liban. Il ne faudrait pas que ce phénomène, qui existe déjà l’état latent chez nous, se développe et se fortifie, rendant ainsi quasi impossible la tâche de la police.
Et pourtant les avertissements et les signes précurseur n’avaient guère manqués. Il est difficile d’interpréter ces attentats autrement que comme un formidable fiasco des pouvoirs publics qui manifestement n’avaient rien vu venir. Ils tentent tardivement de se rattraper. Faut-il rappeler qu’un pouvoir qui se montre incapable d’assurer la sécurité perd ispso facto toute légitimité politique ?
Car, comme de tradition en France en la matière, les premiers commentaires ont été pour récuser par avance le fameux « amalgame » ou la sacrosainte « stigmatisation ». Il ne fallait surtout pas « faire pleurer » la Seine Saint-Denis ou le Val de Marne. Car un attentat aussi abominable ne pouvait forcément qu’être le fait d’une toute petite poignée d’individus odieux, isolés et sans lien aucun avec la population ambiante. Le déni de réalité allait déjà bon train. La République des bons sentiments est toujours là.
A cet égard, le déluge de pieux commentaires qui se sont déversés sur les écrans et dans la presse augurent mal de l’avenir. Mais le discours des politiques est encore plus affligeant. Pas un mot sur les flux migratoires qui depuis 30 ou 40 ans ont mis en place dans notre pays une communauté musulmane homogène largement rassemblée dans l’indifférence pour la France ou parfois, au pire, la haine pour notre pays ; rien sur le ressentiment qui habite une bonne partie de la population de nos banlieues ; rien sur le refus de nombre des enfants de ces écoles d’observer une minute de silence voici quelques jours seulement. On imagine aisément les réactions de leurs parents restés à la maison visés à leurs écrans de la télé qui leur déverse des torrents d’images souvent vécues comme une provocation. Pas grand-chose sur les injures dont la police appelée en renfort sur les lieux du massacre a fait l’objet.
En fait, sans trop d’imagination, on peut se douter qu’une bonne partie des habitants de nos banlieues se sont plus ou moins ouvertement réjouis de ce massacre collectif. Mais motus et bouche cousue. Il ne faut pas dire des mots qui fâchent dans le climat de triomphalisme un peu niais qui est désormais de rigueur, au moins pour quelque temps.
Il n’est question que d’améliorer nos services de renseignement et nos effectifs chargés de la sécurité et du maintien de l’ordre. En témoigne ce dérisoire déploiement de 10 000 parachutistes coiffés du fameux béret rouge et armés jusqu’aux dents. Comme si les terroristes étaient assez sots pour aller parader dans nos rues en brandissant des Kalachnikovs après ces attentats remarquablement organisés et réussis, il faut, hélas, le constater. Car Charlie Hebdo a bel et bien été physiquement détruit. Pourrait-il ressusciter de ses cendres après ce tirage phénoménal de 5 millions d’exemplaires ? Voire.
Au surplus, l’effet d’intimidation précisément recherché va jouer à plein et pour longtemps. Tout le monde n’a pas l’âme d’un héros ou d’un martyr, tant s’en faut.

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Ce parti pris onirique ne date pas d’hier. Rappelons-nous le discours lénifiant de Jacques Chirac, – heureusement épargné par un gâtisme précoce -, sur les « fils et filles de France » rassemblés autour du drapeau au moment même où ces mêmes jeunes gaillards sifflaient à pleins poumons la Marseillaise avant le match France-Algérie.
Il en ressort que les locataires de l’Elysée ou de Matignon auront une lourde tâche, quasi insurmontable. Il leur faudra gérer de gérer une situation impossible aimablement façonnée à leur intention par leurs prédécesseurs à la tête de l’Etat : Giscard qui a mis en place le regroupement familial en 1995 ; puis Jacques Chirac, suivi de Nicolas Sarkozy, ont pieusement maintenu les flux migratoires au même niveau, -dont plus de la moitié en provenance du Maghreb et de l’Afrique noire, comportant une très large majorité de Musulmans. On en voit les conséquences délétères aujourd’hui.
Personne d’entre eux n’a eu le courage élémentaire de toucher à cette vache sacrée. D’autant plus que l’INED avec François Héran n’a cessé de déverser depuis 20 ans un flot ininterrompu de statistiques démographiques inexactes, illisibles ou torturées, gauchisme oblige, de façon à noyer le poisson et à brouiller le tableau autant que faire se pouvait. Opération parfaitement réussie.
Mais, nous dira-ton, c’est très mal ce que vous racontez là. C’est de la discrimination religieuse, justement réprimée par les lois Pléven, Gayssot et consorts. Et les innombrables associations anti racistes largement financées par l’Etat sont là pour veiller au grain et traduire en justice les malheur égarés qui auraient le malheur de dénoncer une situation mortifère à terme.
Le fond de l’affaire est que la France est confrontée aujourd’hui par un problème de société majeur patiemment constitué au cours des 30 dernières années par une immigration désordonnée et forcenée provenant majoritairement de pays de cultures et de religion aussi éloignées que possible de la notre
Car enfin, sans être totalement aveugle, n’est-il pas surprenant de constater que le cri de guerre de ces terroristes soit « Allah Akbar » et non « Dieu soit béni » et que leur origine ethnique ne soit ni la Chine, ni l’Indochine, ni la Russie ni d’aucun pays de l’Est, mais quasi exclusivement du Maghreb ou d’Afrique noire. Il y a bien un lien de cause à effet. Et si nos responsables, au lieu d’appeler clairement un chat un chat persistent à se voiler pieusement la face, le terrorisme aura de beaux jours devant lui.
C’est pour avoir grotesquement ignoré ces données élémentaires qu’au nom d’un idéalisme onirique que la France se trouve de nos jours dans le pétrin. Rappelons-nous le malheureux Bernard Stasi, avec son grotesque slogan : « l’immigration est une chance pour la France » repris à satiété, jusqu’à écœurement, par toutes les bonnes âmes des médias. Il faut plutôt se demander maintenant si ce ne serait pas plutôt une malédiction qu’il sera bien difficile, voire impossible, de neutraliser.
Car enfin ouvrons les yeux. La population de France compte 12 à 13 % d’immigrés et de leurs descendants, soit entre 7 à 8 million de personnes très largement musulmans. Bien plus, leurs enfants constituent près de 20 % de leurs effectifs scolaires. En d’autres termes dans quelques années, ils vont représenter une très forte minorité du corps social français, près du quart, en attendant d’en former la majorité. Et d’aucuns soutiendrons mordicus que cela n’aura absolument aucune conséquence, notamment sur le maintien de la sécurité dans notre pays, sans parler de l’identité nationale ?
On a longtemps cru dans les vertus assimilatrices de notre pays. Tout Congolais, tout Maghrébin franchissant, légalement ou non, nos frontières devaient instantanément, comme par un coup de baguette magique, devenir un vrai héritier de Vercingétorix. En fait, si nous n’y prenons pas garde, nous sommes aujourd’hui et encore plus demain confrontés à une situation de guerre civile latente ou potentielle à caractère religieux.
Qu’est-ce, en effet, qu’une guerre civile ? Selon le dictionnaire, il s’agit d’ un phénomène démographique et politique où une fraction, plus ou moins minoritaire, de la population se dresse contre l’autre partie, majoritaire, de la population d’un même pays, pour des raisons politiques, d’occupation d’un territoire ou, le plus fréquemment, des motifs religieux.
Il est difficile de ne pas reconnaitre dans cette définition les prémisses d’un conflit intérieur inexpiable d’une extrême gravité. Ces attentats marqueraient donc le début d’une guerre civile latente à caractère religieux. Elle opposerait une population musulmane largement attachée à sa religion et une majorité de Français de souche vaguement teintés de culture chrétienne ou tout simplement indifférents à toute notion religieuse. Les premiers interprètent comme un blasphème abominable et punissable de mort toute atteinte un peu leste à leur religion ce que la plupart de nos concitoyens ont tendance à considérer comme une simple rigolade, une gauloiserie parmi d’autres, comme notre pays s’en régale à l’occasion.
En fait, la France est confrontée à un double clivage. Le premier, comme on vient de le voir, est celui qui sépare la population d’accueil, les Français de souche, à une population d’origine étrangère de mœurs, de traditions et de religion radicalement différentes, en l’occurrence l’Islam. Cette dernière population ne se reconnait pas pleinement dans notre pays.
Mais cette communauté musulmane elle-même n’est guère homogène et comporte des variantes internes très importantes
Car être complet, il faut identifier un deuxième clivage, moins facile à discerner, mais bien réel pourtant. Il oppose les Musulmans qui ont clairement et pleinement épousé la France, et il y en a heureusement, et ceux qui se sont renfermés dans l’indifférence ou un sectarisme tenace. C’est dans cette situation contrastée mais porteuse de périls que le terrorisme fanatique et obtus fait son miel.
Ce terrorisme a un nom, bien identifié. C’est du fascisme pur jus. Ce même fascisme qui animait naguères les équipes nazies pour éliminer physiquement les Juifs, mais aussi leurs opposants quels qu’ils soient, de toute race et de toute religion, ceux qui avaient le malheur de s’opposer à eux. La gauche bien pensante devra en faire son deuil. Le fascisme a changé de couleur et de place. Il n’est plus à droite. Il est au milieu de nous.

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Il faut réintégrer la communauté musulmane dans la communauté nationale pour ne pas vivre au quotidien une guerre civile latente. Face à un défi aussi colossal, la reconquête des esprits et des cœurs, nous ne ferons jamais assez.
Car la reconquête de la communauté musulmane et sa conversion aux valeurs de la démocratie et de la République passe par un triple effort : stopper net les flux migratoires qui ne cessent de verser de l’huile sur le feu ; monter un programme massif d’apprentissage de la République et de ses valeurs dans nos écoles et à l’université ; ressusciter le service militaire obligatoire qui avait une action de formation irremplaçable en faveur des jeunes, musulmans ou non.
Reconnaissons au passage que la France non musulmane ferait bien aussi de « balayer devant sa porte ». Car notre comportement social n’a rien d’édifiant. Le modèle social français largement axé sur le sexe ou la « bouffe » n’est guère séduisant. Il suffit de voir les programmes de notre télévision quasi exclusivement orientés vers de recettes culinaires et des aventures de sexe pour s’en convaincre. Une société qui se vautre allègrement du matin au soir dans une sous culture de ce genre n’a rien d’exemplaire et n’inspire guère le respect.
Ce programme est difficilement irréalisable du fait de la pusillanimité de nos élites politiques qui pratiquent encore largement la langue de bois, la novlangue des bonnes consciences. Or le premier acte rédempteur serait de reconnaître ouvertement et publiquement l’étendue du mal, une opération vérité en quelque sort. Mais les pouvoirs publics s’en gardent bien et préfèrent pousser pudiquement le problème sous le tapis. Un autre obstacle est aussi l’insuffisance de moyens financiers pour monter un programme aussi coûteux dans un pays aux finances perpétuellement exsangues.

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Sinon ce sera le terrorisme à la petite semaine, un terrorisme intermittent, un terrorisme occasionnel, comme au Pakistan, en Irak ou en Palestine, selon les arrivages d’explosifs et les livraisons d’armes. Mais on s’habitue à tout.
Ou encore la montée en puissance d’un appareil répressif efficace qui sera mis en place sans doute par le prochain président musulman (si l’on en croit Houellebecq). Et alors adieu nos libertés.
Quoiqu’il en soit, entre sécurité et liberté, il faudra bien choisir un jour.

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