Immigration, diversité, métissage et identité

1° Quelques définitions :
– le métissage suppose un certain degré de mélange des populations par intermariages. Il s’agit donc, par essence et au départ, d’un processus biologique et non, en principe, culturel. Ceci étant le métissage comporte forcément des implications d’ordre culturel ou religieux.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Juifs sont traditionnellement hostiles au métissage de peur de perdre leur identité ethnique et religieuse.
-La diversité, selon les conceptions actuelles, serait plutôt la coexistence aussi pacifique que possible de diverses communautés autochtones ou immigrées au sein d’un même ensemble national. C’est en quelque sorte un « communautarisme apprivoisé ».
-Métissage et diversité sont le fruit d’une immigration massive et de longue durée, pacifique ou forcée. En l’absence de flux migratoires importants, la question ne se pose guère.

2° Le métissage serait-il l’antidote naturel, le remède miracle conte le communautarisme comme certains esprits en quête de remède miracle, semblent le supposer ?
L’expérience historique montre que les peuples ne se mélangent pas aisément. C’est le cas aux Etats-Unis et en Europe.
L’Afrique, malgré la colonisation, puis la décolonisation, reste, comme on sait, une mosaïque d’ethnies juxtaposées où le lien tribal ou racial reste très fort, voire dominant. D’où la grande faiblesse des institutions qui forment une sorte de manteau institutionnel formel recouvrant les réseaux ethniques lesquels véhiculent la réalité du pouvoir politique et économique.
Le cas d’Haïti est intéressant. En Haïti, les Métis ont éliminé les Blancs, puis ont été à leur tour éliminés par les Noirs qui ont pris le pouvoir (avec Papa Doc Duvalier). Le métissage a été un échec. Les rapports de force interraciaux ont pris le dessus.

3° Le métissage est-il le remède aux déséquilibres ethniques résultant d’une forte immigration ? (Cf le discours de Nicolas Sarkozy à l’Ecole Polytechnique).
Pour y répondre, il convient de se poser au préalable un certain nombre de questions.

A. Le métissage est-il source d’instabilité ou au contraire facteur d’apaisement ?
Le métissage est-il bénéfique ou nuisible à l’équilibre interne, à la stabilité ainsi qu’à la cohésion sociale d’un peuple ?

L’exemple du Brésil et du Mexique.
Le Mexique est, depuis toujours affecté d’une instabilité interne dont témoigne l’insécurité largement liée à la drogue et à l’incapacité des pouvoirs publics de la maîtriser : en témoignent les meurtres en masse et en série perpétrés par les trop fameux cartels de la drogue. Le métissage d’une bonne partie de la population n’a apparemment pas exercé une action bénéfique, bien au contraire.
Par ailleurs, le Brésil est-il vraiment un pays métissé ? En fait, il existe une séparation subtile entre Blancs, qui tiennent le haut du pavé et détiennent pratiquement tous les pouvoirs, les Métis, qui s’efforcent de s’élever dans l’échelle sociale et les Noirs croupissant dans les « favellas. Ils constituent une sorte de lumpen proletariat voué aux tâches ingrates et à une insécurité chronique (sauf s’ils sont catapultés vers la notoriété et l’argent grâce au football, comme c’est le cas pour les Noirs américains grâce à la boxe).

B. En fait l’expérience historique semble montrer que les quelques pays qui ont connu le métissage sur une grande échelle et sur une longue période l’ont parfois payé cher : les Hutus et les Tutsis au Rwanda.

A l’inverse, Il est possible d’avancer que les pays qui ont conservé une grande homogénéité ethnique c.a.d la situation majoritaire d’une ethnie particulière, (ils sont nombreux : Chine, Japon, Corée, Thaïlande, Indochine, Russie, Allemagne, Chili, Argentine, Arabie Saoudite etc.) ont bénéficié d’une certaine stabilité interne dépourvue des déchirements et des conflits internes qui ont affecté les pays à forte diversité ethnique (sauf guerres civiles à caractère idéologique ou religieux).
Les pays à grande diversité ethnique, Mexique, Brésil, Bolivie, Vénézuela, en ont au contraire souffert au cours de leur histoire. Le métissage n’y a nullement empêché l’apparition de foyers permanents de revendications économiques et politiques, parfois à caractère violent et conflictuel.

C. Au surplus, aux Etats-Unis, l’émergence de fortes minorités ethnique (Hispaniques ou Blacks) a contribué à l’affaiblissement interne et extérieur de ce pays. Parmi d’autres facteurs, la dégradation du système éducatif américain en fait foi.
En effet, sur le plan interne, cette « diversité » contribue à consommer un volume croissant de crédits destinée à apaiser les revendications ethniques grandes dévoreuses de ressources rares.
La crise du logement aux Etats-Unis et l’effondrement du marché immobilier avec les « credits subprimes » en est un exemple significatif. On sait qu’il s’agissait, pour l’essentiel, de donner à la communauté noire ou hispanique, par des crédits plus ou moins mal montés, voire carrément truqués, les moyens financiers d’acquérir un logement auquel elle n’aurait normalement pas eu accès en raison de la faiblesse de leurs ressources. On connait le résultat.
Un autre exemple tout récent serait la crise politico économique, toujours non résolue, provoquée par la création du National Health Service par le président Obama. Les Républicains estiment, non sans quelque raison, qu’elle sera, à l’avenir, une des causes majeures et permanentes de déficits budgétaires américains. Il s’agit, en fait, d’une immense politique de redistribution au détriment des couches les plus favorisée en faveur des minorités défavorisées, soit quelque 40 millions bénéficiaires, pour la plupart appartenant à aux communautés noires ou hispaniques. En réalité, derrière l’intention affichée de justice sociale se dissimule visiblement une arrière-pensée politique : consolider le parti démocrate en créant de nouveaux obligés, ou clients : c’est une forme bien connue de clientélisme politique classique (Chicago et les Démocrates).
Sur le plan externe, cette diversité même exerce des effets encore plus perturbants. Comment, en effet, dégager un minimum de consensus national pour une grande cause nationale, la guerre ou l’aide internationale, à partir d’une société composée d’un conglomérat de communautés hétérogènes n’ayant rien en commun entre elles, ni appartenance religieuse, ni traditions patriotiques ni héritage culturel commun.

D. Les conditions d’un essor du métissage réussi : le temps et des rapports sociaux apaisés. Cela a été, en partie, le cas aux Etats-Unis avant la guerre de Sécession : la coexistence sereine pacifique et de longue durée de deux communautés que tout séparait, notamment les rapports de force économique et sociaux, de dominants à dominés. En dépit de cela de liens très forts ont fini par se tisser d’individus à individus et de familles à familles (la case de l’Oncle Tom). La guerre de Sécession a détruit tout cela. La haine et la peur ont remplacé l’affection tendresse et l’estime (le Ku-Klux Clan). Ceci étant, avec l’esclavage, le Sud des Etats-Unis n’était nullement un paradis terrestre.
Autre exemple : en dépit d’une occupation de la France de 5 ans, les cas d’intermariage ou de liaisons durables entre deux ressortissants appartenant aux deux pays plongés dans des rapports conflictuels violents sont restés l’exception. ll manquait les conditions de durée et de sérénité.

En conclusion, le métissage reste l’exception et la diversité la règle. Le métissage relève naturellement de choix individuels parfaitement justifiables. Mais prétendre en faire une panacée à usage universel pour faire régner la paix et la concorde au sein d’une société relève de la plus grande confusion intellectuelle dont certains responsables politique se sont rendus malheureusement coupables.

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