Immigration et élections : la droite pourra-telle encore gagner ?

Les futurs « trends » démographiques en France et l’évolution corrélative de l’électorat potentiel de la gauche

Intervention d’Yves-Marie Laulan au colloque de l’Institut de Géopolitique des Populations du 13 avril 2013

I – Introduction : Le constat

Nous allons être contraints de faire un peu de démographie. Pourquoi ? Parce que les électeurs, actuels ou potentiels, sont des hommes et des femmes venus d’ailleurs, lesquels, s’ils sont naturalisés ou ont pu ou pourront acquérir la nationalité française. Mais ce sont des électeurs, comme vous et moi. Autrement dit, à terme, un nouvel immigré est un électeur potentiel ; une nouvelle naissance de même. En conséquence, chercher le poids électoral des communautés immigrées dans l’avenir nous oblige à savoir quelle va être l’évolution démographique desdites communautés.

Pour cela il faut examiner :

a) Ce que nous enseignent les expériences étrangères (Taylor Dillen) et les travaux de Lahyre ?

b) Les matériaux dont nous disposons : pas de statistiques ethniques mais des informations indirectes. Le dernier recensement date de 1999, il y a 13 ans.

Les statistiques de l’INSEE – et de l’INED – sont un prodige mathématique, avec découpage des statistiques en rondelles de saucisson avec, pour les immigrés déjà installés, de subtiles distinctions entre la 1re, la 2e, la 3e ou la 4e génération, ceux qui sont nés en France, à l’étranger, à Pampelune ou à Moscou. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits. ll ne faut pas être exact, mais il faut être précis. Telle est la devise de l’INSEE. Il faut y voir, entre le goût de la complication propre au génie français, la volonté délibérée de « tromper l’ennemi », c’est-à-dire le lecteur moyen comme vous, et de noyer le poisson par une présentation volontairement byzantine qui exige un décryptage savant à chaque ligne.

1 – Le vote communautaire à terme et ses trois composantes

L’objet de cette recherche est de mettre en lumière les composantes du vote communautaire et son évolution probable à moyen et à long terme. A cette fin, deux composantes nous intéressent : l’évolution de la population immigrée, alimentée par l’immigration et le croît naturel de cette population, commandé par sa fécondité.

Rappelons qu’à deux enfants par femme, la population reste stationnaire. En dessous de cet indice, elle décline irrémédiablement. C’est le cas de la population d’origine européenne en France (comme en Allemagne) dont l’indice de fécondité doit tourner autour de 1,6/1,7 enfant par femme. Notre population diminue chaque année. Ça se voit dans le métro, dans la rue ou dans nos écoles. Si, au contraire, la fécondité dépasse 2 enfants par femme, la population va connaître une croissance plus ou moins rapide. C’est le cas de la population maghrébine mais, plus encore, de la population d’origine africaine en France, dont la fécondité se situe à 4,2 enfants par femme ou plus.

Mais cet élément est trop global et ne nous renseigne guère sur ce que nous cherchons : le vote communautaire. Il nous faut donc identifier, à l’intérieur de cette population, sa composante principale, celle qui vote quasi systématiquement à gauche : on le sait, grâce à Etienne Lahyre, le vote des ressortissants originaires de Turquie, Afrique Noire, Maghreb, le gros des troupes que, par commodité, je désignerai sous le nom de population TAM.

Peut-on en rester là ? Pas tout à fait. Pourquoi ? Parce que le comportement démographique en termes de fécondité des Maghrébins et des Africains a eu tendance à diverger sensiblement au cours des dernières années, les Maghrébins ayant quelque peu réduit leur fécondité alors que les Africains restent sur des tendances très fortes. Le globaliser serait se condamner à de grossières erreurs dans les projections d’autant plus sensibles qu’elles seraient lointaines. Il faut donc distinguer, autant que faire se peut, l’évolution :

a) de la population immigrée qui s’accroît au détriment de la population d’accueil (il n’y a qu’à voir l’évolution des naissances depuis 10 ans) ;

b) celle de la population maghrébine largement majoritaire pour l’instant…

c) …mais qui tend à perdre du terrain au profit de la population d’origine africaine, que j’appellerai la population TAF, pour Turquie et Afrique, dont l’importance ne cesse de gagner du terrain. Ce n’est pas une mince affaire.

Pour cela, nous disposons de deux instruments, toujours les mêmes : l’immigration, que nous allons supposer à taux constant – sauf si François Hollande était touché par la grâce du Seigneur, hypothèse peu probable – et les taux de fécondité pour lesquels il faudra, par contre, envisager plusieurs hypothèses afin de mieux cerner la réalité.

2 – L’état des lieux en 2010 (ou 2012)

A) Population (effectifs et en % de la population française)

Selon l’INSEE en 2008, il y aurait 6,3 millions de TAM en France (immigrés et descendants directs d’immigrés), dont 4,6 millions de Maghrébins et 1,7 d’ Africains, soit au total 12% de la population totale (avec les Turcs).

En réalité, selon d’autres sources, on parlerait plutôt de 7 à 8 millions de TAM, soit 12 à 13% de la population totale métropolitaine (63 millions sans l’outre-mer).

Mais, de toute façon, ces chiffres dits officiels sont largement sous-estimés du fait qu’ils ne tiennent pas compte de l’immigration clandestine (dont la moitié d’Afrique Noire) ni des Harkis (500.000 personnes avec leurs descendants).

B) Nombre des naissances et % du nombre des naissances totales

– 224 000 naissances immigrées (28% du total)

– dont 150.000 naissances TAM (19%)

– et 48.000 naissances TAF (6%).

C) Immigration légale et illégale : entrées sur le territoire

– entrées légales (selon le CICI) : environ 200.000 par an

– entrées TAM : 100.000

– entrées clandestines : entre 30.000 et 50.000 par an. Mais il faut compter environ 30.000 régulations par an qui concernent essentiellement la population d’origine africaine.

Mais avant d’en terminer avec ces considérations préliminaires, je voudrais vous montrer un premier tableau qui retrace le nombre des naissances en métropole au cours des 12 dernières années. (voir ci-après)

Tout le drame français est là.

Car une constatation saute aux yeux : le nombre des naissances ne varie guère au cours de cette période (et des périodes précédentes) ; il s’inscrit dans une fourchette de 790.000 à 800.000.

Or nous savons que le volume des naissances immigrées, qui ne cesse de croître, est aujourd’hui de 224.000. En conséquence, les naissances de Français d’origine ne cessent de décroître, et atteignent à l’étiage 468.000. Mais le Figaro ne cesse de proclamer urbi et orbi que la France est championne de la natalité en Europe. Et la presse française championne du monde du mensonge statistique.

Tableau I, pris sur site INSEE – Démographie : Naissances vivantes, France métropolitaine

http://www.bdm.insee.fr/bdm2/affichageSeries.action?idbank=000067677&codeGroupe=62#uni (mise à jour du 27/02/2013)

II – Les projections

Les tableaux qui suivent contiennent des estimations jusqu’en 2060 (!!!) de l’évolution « prévisible » des différentes composantes des populations immigrées (TAM, TAF, comme définies ci-dessus), globalement et en tentant d’analyser plus finement en fonction des nouvelles arrivées, ainsi que des naissances sur le territoire. – Le premier groupe (tableau II) tente de retracer l’évolution de toute la population immigrée ;

– Le second (tableaux III et IV) concerne notre population TAM ;

– Le troisième (tableaux V et VI) est une esquisse de la population TAF, qui est appelée à jouer un rôle déterminant sur le plan démographique, et donc électoral, si rien ne change.

Quelques chiffres clefs (chiffres issus principalement de l’INSEE et de Wikipedia)

Naissances :

En 2010, 802.000 naissances en métropole, dont 224.000 d’origine immigrée (INSEE) : 28% de naissances avec au moins un parent d’origine immigrée.

Parmi elles : naissances TAM = 157.000 (19,6% du total) ; dont TAF = 48.000 soit 6% du total, mais en croissance rapide ; autres : 67.000 (8,3%).

Population immigrée dans ses composantes :

– 5,3 millions d’immigrés ;

– 6,7 millions de descendants d’immigrés déjà installés en France, soit 11% de la population vivant en ménages ; – soit au total 12 millions, ou 19% de la population totale.

– Sur ce total, 2,2 millions sont originaire d’Afrique Noire, et 4 millions d’origine maghrébine.

– Le Maghreb, l’Afrique et la Turquie représentent près de la moitié des immigrés.

– Chaque année, 180.000 nouveaux immigrés s’installent en France.

– En 2010, l’immigration africaine affiche une hausse de 45% par rapport à 1999, soit une hausse de 3,8% l’an.

En 2007, le taux de fécondité des femmes nées hors UE est de 3,3 enfants par femme.

Tableau II – Augmentation de la population immigrée totale sous le double effet des flux migratoires et du croît naturel

Hypothèses de départ (très conservatrices) :

– Base de départ = 12 millions = 12.000 milliers : (a)

– Nouveaux arrivants = 250 milliers par an (valeur fixe) : (b)

– Naissances = 224 milliers par an (valeur fixe) : (c)

– Total depuis 2010 = a + b + c

– Effectifs en milliers

A noter : le fort effet des naissances.

Tableau III – Augmentation de la population TAM

TAM = Turquie + Afrique + Maghreb

Hypothèses de départ :

Population de départ = 6,3 millions = 6300 milliers

Flux constant = 100.000 par an = 100 milliers par an

Accroissement naturel de 150 milliers par an

Tableau IV – Augmentation TAM à un taux cumulé de 2% l’an

Hypothèses de départ :

– Base de départ = 6,3 millions = 6.300 milliers

– Calcul de l’augmentation par intérêts composés au taux constant de 2% l’an

Tableau V – Population TAF

Augmentation sous l’effet de l’immigration et du croît naturel

TAF = Turquie + Afrique

Hypothèses de départ (INSEE) :

– Population de départ = 2,2 millions en 2010 = 2.200 milliers ;

– Nouvelles entrées annuelles : 41 milliers ; croissance de 3,8% l’an (taux des 10 dernières années) ;

– Naissances : 48 milliers en 2010 ; croissance au taux de 6,7% l’an (taux des 10 dernières années).

Tableau VI – Augmentation TAF à un taux de 2 % l’an

Hypothèses de départ :

– Base = 2,2 millions = 2.200 milliers

– Calcul de l’augmentation par intérêts composés au taux constant de 2% l’an

III – Interprétation des résultats sous une optique électorale

1 – L’horizon électoral

a) Les élections présidentielles :

2012 2017 2022 2027 2032 2037 2042

b) Nos projections statistiques :

2020 2030 2040 2050

Deux paramètres à prendre en compte :
-le croît naturel
-les flux migratoires, paramètre essentiel.

2 – Les chiffres globaux pour 2012

– 46 millions d’inscrits

– 37 millions de votants

– 34,9 millions de suffrages exprimés

3 – Les chiffres de F. Hollande

Hollande a été élu avec 18 millions de voix, soit 51,62% des suffrages exprimés et 48,6% des votants.

Il a obtenu 1,14 million de voix de plus que Sarkozy.

Les bulletins blancs, qui ont fait, en négatif, la victoire de Hollande et la défaite de Nicolas Sarkozy, s’élèvent à 2,147 millions de bulletins, soit 7% des votants.

Elu minoritaire en 2012 avec le concours du vote communautaire, il faudrait éviter qu’il soit réélu, majoritaire, avec les voix immigrées en 2017.

Hollande a réuni plus de 770.000 suffrages de plus que Ségolène Royal, mais moins de suffrages d’immigrés votant à l’époque. Cela ne traduit-il pas tout simplement la progression du vote communautaire en 5 ans ?

4 – Quel peut être le poids des nouveaux entrants par immigration ou par le biais des naissances d’ici 5 ans, pour les prochaines présidentielles et au-delà ?

Ce que l’on sait : les musulmans maghrébins votent à 86% en faveur de la gauche (source sondage IFOP).

a) 2012 Première question : combien d’immigrés TAM ont-ils voté pour F. Hollande en 2012 ? On ne sait pas car il n’y a pas de statistiques. On parle néanmoins de 5% des suffrages, soit un million de votants TAM. On peut donc l’évaluer à 1 / 1,5 million, soit 1 immigré sur 4. Rappelons que cette communauté est officiellement de 4 millions, en réalité, bien davantage : on parle de 6 à 7 millions (les chiffres de Bourcier de Carbon pour 2010 sont de 6.461.000). Peut-être plus, peut-être moins.

b) Quoi qu’il en soit, de cette contribution essentielle témoigne la reconnaissance émue exprimée par le président fraîchement élu au lendemain de son élection et la forêt de drapeaux, tous étrangers, à la Bastille le soir des résultats. Chacun sait de quel côté est beurrée sa tartine.

Mais, avec ces votes, 1,3 million, Hollande dépasse aisément le vote Sarkozy (d’un peu plus de 1 million) et compense largement les 2 millions de votes « blancs ». Attention à l’avenir aux votes de « mauvaise humeur ». Car les immigrés, gens sérieux, ne se déplacent sûrement pas pour glisser un bulletin blanc dans les urnes. Autrement dit, Hollande est bien « l’élu des immigrés », tout comme Obama aux USA.

5 – Les élections de 2017 dans 5 ans

– Immigration : on sait que l’on peut acquérir la nationalité française sous conditions au bout de 2 à 5 ans environ, par mariage ou conjoint de Français (5 ans de mariage non interrompu), ou à 18 ans pour un enfant né de parents étrangers (avec le mariage gay, ça ne va pas être triste).

Les acquisitions de nationalité, à divers titres, entre 2003 et 2009 ont tourné autour de 115.000 en moyenne par an. Les trois quarts de ces naturalisations concernent des immigrés TAM, soit un total de 431.250 sur 5 ans que nous arrondirons allégrement à 500.000 personnes. Combien sur ce total iront voter ? Aucune idée. Mais on peut compter sur le PS pour faire pression sur ces nouveaux Français comme jadis les Démocrates à Chicago pour les immigrés irlandais.

– Naissances: elles vont compter. Ici le raisonnement est le suivant. Il faut remonter à la naissance des enfants nés avant 1999, et les années précédentes, qui auront atteint 18 ans, l’âge de la majorité de vote en 2017 et, bien entendu, la nationalité française. Tous n’iront pas voter, bien sûr. Mais tous pourront le faire.

On a enregistré durant cette période environ 200.000 naissances d’origine immigrée dont les 3/4 concernent la population TAM, soit 150.000 par an. Ce qui, sur 5 ans, donne 750.000 électeurs potentiels pour la gauche ou encore, avec l’immigration, 1.250.000 personnes, qui vont s’ajouter au 1 à 1,5 million déjà décomptés pour 2012, soit une fourchette allant de 2.250.000 à 2.750.000. Bourcier de Carbon, décidément devin, estimait, pour sa part, l’augmentation des immigrés, électeurs potentiels, à 2.264.000. On n’est pas loin.

La gauche disposera donc, en principe, dans cinq ans d’un « trésor de guerre » électoral virtuel de 2,5 à 2,7 millions de voix qui risquent, à nouveau, de faire la différence en faveur de la gauche, à moins de catastrophe du PS ou de nullité de la « droite la plus bête du monde ». Laquelle porte bien son nom. A cette date, Mme Kosciusko-Morizet devrait porter la burka. Ce qui ne serait pas un mal après tout, à mon avis.

6 – Les élections dans 10 ans en 2022

Les perspectives sont encore plus sombres pour les mêmes raisons. Car si rien ne change, la gauche disposera à cette date de 4 à 5 millions de voix communautaires supplémentaires. Difficile pour la gauche de perdre dans ces conditions-là, même en y mettant beaucoup de bonne volonté.

Et dans 20 ans nous nous retrouverons, en théorie, avec un bloc incontournable de voix communautaires de 8 à 10 millions : plus de la moitié des voix qui ont élu François Hollande l’an dernier. Bourcier de Carbon, notre guide bien-aimé, évalue l’augmentation de la population immigrée TAM à 5 millions simplement entre 2010 et 2030. Cela paraît un peu faible. Mais cela ne tient-il pas tout simplement à ce que Bourcier part de 2010 et nous de 2012, deux années plus tard ?

Je renonce par avance à tracer des perspectives au-delà de 20 ans car on risque de tomber dans la science-fiction. Il suffit de regarder les tableaux que je vous ai montrés tout à l’heure pour s’en faire une petite idée. Et le paysage n’est pas rose, ou plutôt, il l’est beaucoup trop.

On pourrait dresser, et j’espère que beaucoup vont le faire dans cette salle, je m’en réjouis d’avance, une multitude de projections différentes à partir de ces données qui m’ont demandé un mal de chien pour les dresser. Je vous souhaite bien du plaisir, comme le disait en son temps un homme politique autrement célèbre.

Bien entendu, bien des paramètres pourraient changer radicalement d’ici là, comme une guerre glorieuse après le Mali contre Monaco, le Lichtenstein ou la Corée du Nord. Mais quand on examine de près les statistiques électorales et démographiques du passé, on ne peut manquer d’être frappé par la remarquable continuité des tendances.

Adoncques, compter sur la Providence pour tirer la droite du pétrin dans lequel elle s’est elle-même fourrée est un pari perdu d’avance. Mais M. Jean-Yves Le Gallou, qui est un magicien de la prospective, va peut-être nous indiquer la voie à suivre, comme Valéry Giscard d’Estaing dans des temps plus heureux.

IV – Conclusions préliminaires

Les choses peuvent-elles changer ?

Que peut-on faire sur le plan interne? A vrai dire, pas grand chose. Faudra-t-il envisager de supprimer (*) les allocations familiales ?? Peu probable. On sait aussi que sur les quelque 200 à 250.000 avortements par an sous le régime de la loi Veil, ce sont pour l’essentiel des jeunes femmes nées en métropole qui ont recours à l’IVG, alors que, pour des raisons culturelles et religieuses, la plupart des jeunes femmes immigrées s’en détournent. Faudra-t-il réformer la loi Veil ? Imaginez le tollé. On voit bien qu’ici encore l’Etat est dépourvu de tout moyen d’action significatif. Il est donc tout à fait raisonnable de projeter à vue humaine les taux de fécondité actuels des populations immigrées, sachant cependant qu’à terme ou à très long terme, ces taux pourraient rejoindre ceux des métropolitaines. Mais dans combien de générations ?

Le niveau d’immigration peut-il être considéré comme un invariant ? Oui, peut-être par pure commodité. Mais un gouvernement de gauche va sûrement hésiter à exercer une influence à la baisse pour des raisons politiques et idéologiques. Par ailleurs, il faut prendre en compte la pression des lobbys communautaires qui savent parfaitement où réside leur intérêt. Quant à une majorité de droite, comme sous Nicolas Sarkozy, on peut gager que, par pusillanimité, elle se gardera bien de prendre une quelconque décision significative. Voit-on Mme Kosciusko-Morizet ou M. Borloo prendre une posture ferme dans ce domaine ?

Enfin, à l’extérieur de nos frontières, la pression des flux migratoires ne peut que s’enfler démesurément. Sur le plan mondial, la fécondité moyenne est retombée à 2,5 enfants par femme grâce à l’Asie, le Moyen-Orient, la Chine et l’Inde. Mais l’indice est « dopé » par une fécondité africaine qui reste très élevée, de l’ordre de 6 enfants par femme.

N’oublions pas que l’ONU chiffre à 3,4 milliards le nombre d’Africains en 2100 (pour 1 milliard aujourd’hui). C’est la Chine, plus l’Inde, plus l’Europe, plus les Etats-Unis et la moitié de l’Amérique latine. Cela fait quand même du monde. Où iront-ils ? Personne n’ose se poser la question, comme ces enfants qui mettent la main devant les yeux pour ne pas voir le danger. Car la croissance démographique l’emporte largement sur la croissance économique. Décidément, l’immigration a encore de beaux jours devant elle.

Sur le croît naturel, on sait aujourd’hui que les jeunes femmes immigrées, notamment provenant d’Afrique et venant accoucher en France, ont un taux de fécondité supérieur à celui de leur pays d’origine sous l’effet, entre autres, des allocations familiales généreuses servies à ces bénéficiaires.

Sur le plan électoral, la situation présente de sérieuses zones d’ombre. Il faut noter que les enfants nés aujourd’hui ne voteront que dans 18 ans, et pas en 2017. Il faudrait donc ne prendre en compte que le nombre d’enfants nés en 1999, qui auront déjà le droit de vote, enfin ceux qui sont nés en 1995, etc. etc. C’est une population peu nombreuse au départ mais en croissance rapide. Je vous laisse le soin de faire ce calcul.

Pour l’immigration, la question se pose en des termes quelque peu différents. S’agissant d’adultes, ils pourraient, en principe, disposer du droit de vote immédiatement. Mais il leur faudrait, au préalable, acquérir la nationalité française, ce qui devrait aller assez vite pour l’immigration nuptiale (3 à 5 ans de vie commune ?) et le regroupement familial, mais prendre bien plus de temps pour les clandestins régularisés destinés à devenir français.

Par ailleurs, il faudrait que les nouveaux Français aillent voter. Mais, comme les Démocrates de Chicago aux Etats-Unis, on peut compter sur les partis de gauche pour employer tous les moyens nécessaires pour leur faire emprunter le chemin des urnes.

1) Autres considérations : tous les immigrés (a) ne votent pas ; (b) ou ne votent pas à gauche. En revanche, d’autres immigrés non TAM votent également à gauche.

2) Le chômage pousse le vote des immigrés vers la gauche.

3) Donc, avec une intégration réussie, le chômage de ces catégories devrait fléchir et peut-être orienter leurs votes vers la droite. Le prof. Jacques Bichot, qui est un savant, nous en dira plus là-dessus.

Conclusion

Le vote communautaire existe bel et bien en France, comme aux USA et aux Pays-Bas. Il est manifestement appelé à se gonfler avec l’évolution des « trends » démographiques. Jusqu’à quelle hauteur ? Va-t-il durablement modifier la donne électorale ?

La réponse est claire : une droite divisée va incontestablement à sa perte (les 2 millions de bulletins blancs de 2012). Une droite réunie peut encore l’emporter pendant quelque temps à condition de savoir séduire une fraction de l’électorat immigré.

(*) Ce qui nous vaut d’être les « champions » de la natalité en Europe, à défaut d’être champions de tennis comme le titre fièrement la presse française.

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