Pour une politique migratoire de survie, pour une droite réunie

Pour une politique de redressement démographique

La France est en guerre, une guerre démographique bien sûr, une guerre que nous sommes en train de perdre, par aveuglement, par sottise, par idéologie, par lâcheté surtout. En telle enseigne que dans 20 ou 30 ans, la France, telle que nous la connaissons, n’existera plus. C’est dire à quel point ces problèmes d’immigration sont d’une importance vitale pour la survie même de notre pays. Et tout le reste est littérature.

Dans ce contexte, quelle pourrait être une politique d’immigration de survie ?

Immigration et politique migratoire de nos jours.

C’est le phénomène par lequel des populations étrangères, ou d’origine étrangère, envahissent progressivement, pacifiquement, mais en masse, de l’intérieur ou de l’extérieur, un territoire pour être en mesure de s’en assurer, à terme, le contrôle. Il suffit de lire les diverses déclarations des responsables de ces communautés pour en prendre conscience. Le message est clair.

En corollaire, une politique d’immigration est celle qui permet à un parti politique, en l’occurrence le parti socialiste, de s’emparer du pouvoir de façon parfaitement légale par le biais du processus électoral, pour être en position de le garder à perpétuité. Quitte à jouer le rôle de l’apprenti sorcier.

En matière d’immigration, pour faire simple, deux démarches sont concevables C’est plus ou moins le laisser faire, le laisser aller, la politique du « chien crevé au fil de l’eau ». On a déjà reconnu la politique de Nicolas Sarkosy : on expulse à grand coups de trompe deux malheureux Afghans (à un coût de 10 000 euros par tête), mais on laisse rentrer quasiment sans contrôle environ 250 000 personnes par an, clandestins compris.

Ou alors, on institue des mécanismes de contrôle à fois quantitatifs et qualitatifs qui permettent de réguler plus ou moins bien le volume et la qualité culturelle de la population étrangère admise sur le territoire en fonction des besoins de l’économie et du maintien d’un équilibre démographique relatif. C’est la politique du Canada, de la Nouvelle Zélande, de l’Australie.

En France, on ne sera pas surpris de savoir que nous avons fabriqué, -le génie français pour la fabrication d’usines à gaz -, un système bâtard qui mélange à la fois certains contrôles administratifs largement inefficaces d’ailleurs, pour le droit d’asile par exemple, mais surtout des droits automatiques à caractère légal, ou institutionnels, désormais coulés dans le bronze, le regroupement familial, l’immigration nuptiale, catégories pour lesquelles il n’existe véritablement aucuns contrôles quantitatifs. Si demain il venait fantaisie à un grand nombre d’Algériens français nouvellement naturalisés d’aller « se marier au bled », rien ne pourrait les empêcher le plus légalement du monde de ramener en France leurs nouvelles épousées qui auraient, bien sûr, vocation, à devenir françaises, et donc électrices, quelques années après. Et l’on peut aisément deviner dans quel sens elles vont alors voter. Il suffit d’analyser les résultats des dernières élections présidentielles, et législatives, où les populations d’origine immigrée, souvent à majorité musulmane, ont massivement voté à gauche, à plus de 80 %.

Ce qui amène à affirmer avec force que l’immigration n’est nullement une démarche humanitaire, comme on s’acharne sottement à le proclamer, ni une démarche économique, avec plus de 3 millions de chômeurs, c’est une évidence. Il s’agit bel et bien d’une démarche politique délibérée qui vise à chasser durablement la Droite du pouvoir et de permettre à la gauche de se constituer, aux frais du contribuable, une forteresse électorale quasi inexpugnable, c’est-à-dire d’assurer à la Gauche la capacité de s’emparer du pouvoir et le conserver pour longtemps, très longtemps. Avec, au passage, le mort de notre pays. Mais quel homme politique s’en soucie vraiment?

Dès lors, il reste aux droites, le choix difficile, mais vital, de s’unir pour survivre ensemble ou de mourir chacune de son côté.
Dans ce contexte, quelle politique pourrait permettre de rassembler ces droites diverses, aux contours fuyants, autour d’une politique d’immigration de survie démographique et politique?

D’abord les chiffres

En matière d’immigration, quelles sont les grandes masses, celles qui font véritablement problème ?

– l’immigration familiale : 82 235 titres de séjour mais 98 646 en 2006.En fait, au cours des cinq années sarkoziennes, l’immigration familiale a oscillé d’année en année entre 85 000 et 87 000 titres de séjour

– l’immigration nuptiale. Tout de suite après, le deuxième poste migratoire le plus important est l’immigration nuptiale avec 46 661 personnes en 2010 mais 50 350 en 2006. Là encore, cette catégorie a varié entre 47000 / 48 000 personnes par an.

Ces deux masses, à elles seules, représentent près des deux tiers des flux migratoires annuels.

Le reste, en comparaison, fait pâle figure. Les demandes d’aile certes s’élèvent à 41 619 en 2010 mais sur ce total 10 377 seulement sont agrées. Mais là attention. Car il est bien connu qu’en majorité, les demandeurs non acceptés disparaissent instantanément dans la nature et gonflent d’autant le nombre des « sans papiers ». D’autant plus que la République, bonne mère, accorde sans discrimination la gratuité des soins de santé, grâce à la CMUC, plus de 220 000 de bénéficiaires par an, sans compter la scolarité gratuite pour les enfants et des allocations de séjour pour les parents par l’ATA, l’allocation temporaire d’attente (un beau pléonasme administratif au passage). Qui voudrait s’en retourner au pays, avec ou sans papiers, dans de telles conditions ?

C’est une des formes de l’immigration clandestine et non des moindres. Car, pour 2010, 52 000 moins 10 000 donne environ 40 000. Ce qui explique pourquoi l’Etat chaque année régularise plus ou moins discrètement environ 30 000 clandestins. De toute façon, plus de 80 % des arrêtés de reconduite à la frontière ne sont pas exécutés.

Pour être complet, il faudrait ajouter :

– l’immigration dite humanitaire, qui tourne autour de 20 000 par an et les titres de séjour des étudiants étrangers, proche de 60 000

– et, ce que l’on oublie toujours, l’immigration Outre-mer, antichambre de l’immigration en métropole, qui nourrit une population illégale estimée à 110 00 personnes

– à ce total il faut ajouter l’immigration de travail qui varie de 10 à18 000 par an, laquelle va bientôt s’enrichir de quelques dizaines de milliers de « Gens du Voyage » qu’il importe d’insérer sur le marché du travail.

Nous arrivons bien au total à un chiffre égal ou supérieur à 250 000 immigrés.

Mais ce torrent migratoire nourrit directement, ne l’oublions pas, les naturalisations, celles qui augmentent le volume des nouveaux électeurs, de gauche en majorité.

Là encore, rappelons les chiffres. Ils sont éloquents. ils concernent trois catégories :

– les naturalisations par décrets, soit 94 573 en 2010,

– les naturalisations par déclaration auprès du ministère de l’Intérieur, soit 21 923 en majorité par mariage comme on l’a vu,

– les acquisition par déclaration auprès du ministère de la Justice, soit 26 779. Il s’agit pour l’essentiel d’étrangers nés en France

Nous arrivons ainsi à un total de 143 275 de nouveaux électeurs effectifs ou potentiels qui vont peser sur la balance des élections. Mais les décisions annoncées par la ministre de l’Intérieur laissent entrevoir que ce total sera prochainement porté à un niveau supérieur.

Un calcul rapide montre ainsi montre ainsi que, sur 5 ans, le temps d’un mandat présidentiel, en additionnant le croît naturel des populations immigrées et l’arrivée des nouveaux venus, l’heureux élu socialiste peut espérer accroître son capital électoral d’environ 12 %, et cela sans rien faire d’autre que d’ouvrir un peu plus largement les frontières de la France.

Il n’est guère surprenant dans ces conditions que la France étouffe littéralement sous le poids des dépenses sociales et du chômage qui en découle. Le coût de l’immigration a été estimé par l’Institut de Géopolitique des Populations à plus 73 milliards par an. Dans ces conditions, la réduction puis la suppression du déficit budgétaire n’est pas pour demain. Le rêve passe.

Voilà le défi auquel les Droites réunies seront confrontées pour élaborer une politique de survie électorale et politique.

Quels pourraient être les objectifs d’une telle politique ?

Le but d’une véritable politique de contrôle de l’immigration susceptible de rallier les suffrages d’une droite rassemblée, d’une droite au sens large du terme, allant du Front national au centre, UMP comprise, devrait être celle qui permettrait d’assurer la survie de la France, pour longtemps, sinon pour toujours, en terme d’identité nationale, d’identité culturelle mais aussi de sécurité intérieure, de progrès économique, de cohésion sociale. C’est cette France-là qui est compromise par une immigration massive et bien trop rapide. Car une intégration réclame du temps pour réussir. Sinon, c’est le chaos.

Cette politique de survie devrait se décliner nécessairement en termes quantitatifs et qualitatifs. Car c’est toujours le nombre qui, en fin de compte, fait problème. Mais à quel chiffre arrêter le curseur ? Le Front national, jadis, avec nostalgie parlait d’un objectif d’immigration zéro. Plus près de nous, Henri de Lesquen, président de Radio Courtoisie. rappelait les prophéties d’un grand Anglais, Enoch Powell, lequel appelait de ses vœux une ré immigration qui aurait permis selon lui, de ramener la part des étrangers dans la population britannique, à des proportions plus raisonnables. On peut toujours rêver.

Alors faut-il déterminer le chiffre optimal à l’aveuglette, comme on joue à la roulette ?

Il importe impérativement de s’appuyer sur un « guideline », un repère si l’on préfère. On peut le trouver dans les travaux antérieurs de Philippe Bourcier de Carbon. Ce dernier à l’occasion d’un précédent colloque en 2008, avait procédé à un certain nombre de projections sur le thème : « que se passera-t-il si les flux migratoires en provenance de Turquie, d’Afrique noire et du Maghreb, sont maintenus à 200 000 par an, ou s’ils sont ramenés à un chiffre inférieur ? »
Il serait fastidieux d’entrer dans le détail de ces calculs, fort remarquables par ailleurs. Il en ressort, et on s’en doutait un peu, qu’à un chiffre de 200 000 par an, la France sera promptement noyée, submergée, engloutie irrémédiablement sous le flux de ces immigrés venus d’ailleurs, mais majoritairement musulmans ou sous l’influence ne serait-ce que culturelle de l’Islam. On voit d’ailleurs déjà ce que cela donne dans certains quartiers ou certaines villes.
Par contre, toujours selon la même source, si l’immigration était ramenée à 100 00 personnes par an, la France devrait pouvoir survivre tant bien que mal, au moins pour un certain temps.

Bien sûr, les problèmes d’intégration subsisteraient. Il n’y a pas de miracle. Mais la France devrait normalement se montrer être capable d’assimiler cet afflux de population, pour autant que la proportion d’étrangers hors UE soit stabilisée à un niveau raisonnable. Il faut savoir donner du temps au temps, comme François Mitterrand aimait à le rappeler. Au-delà, elle dépérira puis elle mourra.

Ce chiffre de 100 000 immigrés hors UE par an devrait donc être le point de départ des négociations à entreprendre pour l’élaboration d’une politique de compromis avec les divers partenaires d’une future droite plurielle.

Les moyens

Mais comment y parvenir ? C’est là que le bât blesse. Car dans l’état actuel de notre arsenal législatif et règlementaire, cet objectif est rigoureusement impossible à atteindre
Il faudra donc nécessairement réécrire le décret Giscard / Chirac de juillet 1994 portant institution du regroupement familial et soumettre à des conditions plus rigoureuses le droit au mariage des Français avec des étrangers. Ce qui ne sera pas une mince affaire. Car à l’heure des divorces en masse, du PACS et bientôt du mariage « joyeux » (le mariage gay), les membres du Conseil constitutionnel persistent à prêter religieusement au mariage un caractère institutionnel quasi magique. Quelle pantalonnade. Ce qui en fait néanmoins un boulevard pour l’entrée en France d’une masse croissante de nouveaux mariés pour l’occasion.
De plus, il conviendrait de renforcer considérablement les conditions d’accession à la nationalité, pour les immigrés certes, aussi pour les jeunes nés sur le sol français Ces conditions devraient être subordonnées à une parfaite connaissance de la langue, de l’histoire, de la culture de notre pays, comme c’est le cas au Canada, par une série d’examens échelonnés dans le temps. Emmanuel Valls se prose de faire exactement tout le contraire. Ce n’est pas un hasard.

L’immigration intérieure

Mais ce n’est pas tout. Le contrôle de l’immigration comporte en fait deux volets : l’immigration venue de l’extérieur, comme on vient de le voir, et l’immigration intérieure, de loin la plus importante, celle qui est née sur notre sol.
Il s’agit des jeunes nés de l’immigration, ceux de la deuxième et troisième génération, ceux qui font problème, les jeunes désoeuvrés de nos cités, ceux d’Echirolles ou d’ailleurs, les Merah connus ou inconnus qui se dissimulent avant de frapper. Car il faut savoir qu’aujourd’hui un enfant sur 4 ou 5 nés sur le sol français est d’origine étrangère, c’est à dire majoritairement africaine ou maghrébine et souvent musulmane. Or les vieux sont chez nous et les « Jeunes » de l’autre côté. Autrement dit, maîtriser l’immigration de l’extérieur est bien, mais cela ne règle qu’en partie le problème. Inutile de fermer partiellement un robinet si à côté un autre reste largement ouvert
Cette l’immigration intérieure, celle que l’on ne maîtrise absolument pas, provient de populations à la fécondité deux ou trois supérieure à la nôtre. En 2008 ils représentaient 165 000 naissances sur une totale de 810 000 naissances. Ils doivent aujourd’hui représenter quelques 180 000 naissances sur un total de naissances de 800 000.

Le drame de la France est de réunir des populations ayant un comportement démographique et culturel totalement opposé. D’un côté, il y a les Françaises, qui constituent une population post « transition», comme les démographes aiment à le dire, à fécondité apaisée, tournant autour de 1,6 enfant par femme. De l’autre se trouvent des populations avant transition, à fécondité forte ou très forte, allant de 2,7 à 4,2 enfants par femme dans les cas extrêmes. Le résultat de ce taux différentiel est clair. Le premier groupe tend à s’amenuiser d’année en année alors que le deuxième ne cesse de croître. Ce qui, à terme, ne peut manquer d’engendrer de graves troubles sociaux. Il importe de rééquilibrer ces deux groupes.

Ici il n’existe qu’un seul moyen de maîtriser cette immigration intérieure de façon à inciter ces familles à rejoindre les taux de fécondité de l’ensemble de la population : limiter sévèrement les allocations familiales aux familles, quelle que soit leur origine, qui dopent artificiellement leur fécondité. Ces allocations seraient réservées au 1+ et 2° enfants et rien, ou pratiquement rien, au-delà.

Pour couronner ce dispositif de redressement démographique, on ne peut manquer de prendre en compte la loi Simone Veil/Roudy. Cette loi avait hypocritement pour objet de supprimer les avortements. Sancta simplicitas. Le nombre des avortements cavalcade allègrement entre 200000 et 250 000 par an selon les années. Mais, grâce à Dieu, Simone Veil trône honorablement à l’Académie française en récompense des bons et loyaux services rendus à la nation.

Quoiqu’il en soit, si l’on veut faire sérieux, une politique de survie ne pourra laisser cette loi de « suicide démographique » inchangée.

Quelles sont les chances de voir un jour cette politique de survie adoptée ? Chacun pourra en juger par lui-même. Mais son indice de probabilité est sans doute égal à celui qui calculerait la probabilité de voir François Hollande gravir l’Everest en solitaire, sans bouteille d’oxygène.

Quoi qu’il en soit, la France vit clairement sur un volcan démographique. Et elle ne le sait pas. Et, plus précisément, ne veut pas le savoir. Mais ce volcan va tôt ou tard entrer en éruption.

3 réflexions au sujet de « Pour une politique migratoire de survie, pour une droite réunie »

  1. La France blanche et chrétienne est en guerre, une guerre démographique bien sûr, une guerre que nous sommes en train de perdre, par aveuglement, par sottise, par idéologie, par lâcheté surtout. En telle enseigne que dans 20 ou 30 ans, la France blanche et chrétienne , telle que nous la connaissons, n’existera plus.

  2. Les politiques migratoires des Etats ne peuvent avoir de sens que si sont pris en compte les fondamentaux d’une démographie mondiale et de la pauvreté qu’elle génère inexorablement.

    La pauvreté – comme la richesse – est une composante de la société, structurelle et mécanique, aussi relative qu’incontournable ; et les inégalités de toutes sortes en résultent. En prendre conscience serait le premier pas à faire pour atténuer cette pauvreté et ces inégalités, voire les maîtriser, à défaut de pouvoir les éradiquer. La preuve a en été largement administrée depuis plus 20 siècles ; les raisonnements, les doctrines ainsi que les méthodes appliqués pour les combattre n’ont fait que les augmenter et les exacerber.

    En occident comme ailleurs, dans les pays développés comme dans les autres, la société des hommes est, a toujours été et sera jusqu’à sa fin, faite d’inégalités. L’exception y domine la masse ; le pouvoir y domine le peuple, la force la faiblesse, l’intelligence la sottise, le savoir l’ignorance , la richesse la pauvreté etc. ; dans tous leurs aspects. Et plus les richesses augmentent – qu’elles soient d’ordre matériel ou immatériel –, plus s’accroît l’écart entre le sommet d’une pyramide sociale qui n’a pas d’autres limites que l’ambition humaine et les capacités de la planète et, à l’opposé, une base où règnent la pauvreté absolue et l’indignité, dernier état de la condition humaine.

    Il existe des chiffres et un mécanisme vieux comme le monde, dont il faudrait pourtant avoir clairement conscience avant de tenter quoi que ce soit d’utile pour secourir durablement les plus nécessiteux d’entre nous, qu’il s’agisse de continents, de nations, de régions, comme d’individus.

    À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en compte plus de 7 milliards aujourd’hui, dont 1,5 milliard vivent dans un état de pauvreté profonde. L’homme et le progrès dont il est porteur ont ainsi créé, en 20 siècles, 5 fois plus de miséreux qu’il n’y avait d’individus de toutes conditions sur terre au début de leur entreprise. Et la population augmente, quotidiennement, de 220 à 250 000 âmes qui viennent dans leur grande majorité surpeupler la base d’une pyramide sociale dans laquelle le « descenseur social » prend le pas sur l’ascenseur du même nom démontrant, s’il en était besoin, que la pauvreté est plus facile à partager que la richesse.

    Les objections ne manqueront pas, à commencer par le reproche de voir la bouteille en partie vide plutôt qu’en partie pleine et de faire ainsi preuve d’un pessimisme exagéré. À supposer que tous les hommes aient été pauvres au début de notre ère, ce qui ne saurait être le cas du simple fait de le relativité de la pauvreté – comme de la richesse bien entendu –, alors que le nombre de ces pauvres a été multiplié seulement par 4 à 5, celui de la population totale l’a été par 28. De quoi effectivement dédramatiser leur augmentation en nombre ! D’autant que le même raisonnement conduit, en supposant qu’il n’y ait eu que des non pauvres au début de notre ère – ce qui ne saurait davantage être le cas que le contraire – le nombre en est passé, par différence, de : 250 millions à 7 milliards – 1.4 milliards = 5.6 milliards, soit une multiplication par 22.4, d’où raison supplémentaire de se réjouir. Mais ce qui nous préoccupe ici est la pauvreté et sa progression en nombre ; et non leur progression dans ce qu’elles ont de relatif. Ce qui est important et prioritaire n’est pas de savoir si la civilisation a créé plus de riches que de pauvres mais de savoir quels ont été ses effets sur la pauvreté. Quand bien même il n’existerait qu’une poignée de miséreux sur terre, c’est leur sort qui nous intéresse et non celui des heureux élus qui ont le bonheur d’y échapper. Or l’observation est indiscutable : le nombre de pauvres profonds a augmenté de un milliard et demi en vingt siècles, si nous ne chipotons pas sur quelques dizaines de millions.

    Quant à savoir si cette variation a connu des fluctuations ; quels en ont été les pics ou les baisses, il s’agit d’autres aspects de la question. Il suffit de réaliser qu’à un moment donné de l’histoire des hommes – en l’an 2000 – le nombre d’êtres humains atteints de misère profonde est inacceptable, même s’il est communément admis qu’il ne représente que 10 à 20% (?) de la population totale de la planète.

    En dépit du véritable escamotage du facteur démographique par la plupart de ceux qui se penchent sur le cas des pauvres, la pyramide sociale, pour aussi schématique qu’elle soit, met pourtant en évidence le fait que les pauvres des uns sont les riches des autres, dans une relativité universelle que non seulement les uns et les autres négligent, mais qu’ils contribuent à masquer avec un égoïsme comparable à celui des riches du sommet qu’ils ne font le plus souvent qu’imiter et jalouser dans leur impuissance. Ceux qui confondent richesse avec confort et bonheur avec richesse, démontrent ainsi que le sort d’un milliard et demi de pauvres réels et profonds leur importe moins que les enjeux de leur propre lutte, reprochant aux riches d’être nés ce qu’ils sont et tentant de leur arracher ce qu’ils leur envient, avec une rapacité obstinée. En dépit de leurs généreux principes, ils méprisent ainsi ceux dont ils sont eux-mêmes les riches tout en s’en prétendant les défenseurs. Ils ignorent, dans un égoïsme médian qui vaut n’importe quel autre, que tout ce qu’ils parviennent à obtenir pour améliorer leur propre confort est autant de moins pour plus pauvres qu’eux et, in fine, pour ces pauvres et miséreux authentiques qu’ils contribuent ainsi, la conscience plus ou moins tranquille, à priver de leur pain.

    Face à ce constat, s’il est possible de penser que l’accroissement de la population est porteuse de progrès, il est aussi permis d’imaginer qu’il peut avoir d’autres effets ? N’est-il pas en tout cas surprenant que si peu parlent de démographie ? Ne devons-nous pas, tous autant que nous sommes, ouvrir les yeux et en débattre sérieusement si nous voulons véritablement, sincèrement, offrir avec lucidité et réalisme quelques chances aux plus malheureux d’entre nous de voir s’améliorer durablement leur sort et surtout celui de leur descendance ?

    Apprécier la mesure dans laquelle leur nombre influence le sort des hommes, tel est le vrai sujet. Car s’il est possible aux individus qui bénéficient d’un confort matériel évident de se livrer avec un certain recul à une telle réflexion, tout se passe dans l’opacité d’une misère aggravée par une démographie galopante pour les autres. Les nantis faisant par ailleurs cette opinion qui dénonce la pauvreté, n’est-il pas utile d’y réfléchir, spécialement à l’époque où la population du globe a franchi le cap des 7 milliards ? Nul doute que ce soit d’autant plus indiqué que cette dénonciation repose sur des critères d’évaluation contestables – et contestés.

    Soulevant davantage de questions qu’ayant la prétention d’apporter de réponses, les présents propos émanent d’un profane, selon le terme servant aussi bien aux scientifiques qu’aux religieux à désigner ceux qui n’appartiennent pas à leurs communautés. Néanmoins curieux de sociologie et interpellé par une misère omniprésente que la démographie entretient sans vergogne au vu et au su de tous, Candide voudrait partager les sentiments que lui inspire le croisement de ces deux disciplines. Son ambition de partage et de vulgarisation d’idées touchant à ce qu’il considère comme l’aspect fondamental de la vie en société et de ses difficultés, pourrait-elle lui être reprochée ?

    Les évidences auxquelles sa réflexion renvoie, constituent en tout cas les postulats d’un équilibrage dont la société moderne a le plus grand besoin :
    – La richesse et la pauvreté sont relatives et existent l’une par l’autre.
    – Chacun d’entre nous hérite à sa naissance de sa part de l’une et de l’autre.
    – La structure pyramidale de la société humaine est non seulement inéluctable mais incontournablement assortie de sa distance – variable il est vrai – entre sa base, la pauvreté et son sommet
    – Si la richesse n’a pas de limites, la misère a la sienne, qui est le fondement même de la condition humaine, là où elle est le plus concernée par la démographie ; là où, absolue, elle peut descendre au niveau zéro, au-dessous duquel règne l’inexistence sociale.
    – Tuer les riches nuit à la richesse globale et aggrave le sort des pauvres, sans pour autant les faire bénéficier du partage qui pourrait en résulter.

    Aucune résignation dans ce qui précède, mais bien au contraire un appel à regarder la pauvreté pour ce qu’elle est réellement, à une échelle planétaire qui concerne dorénavant chacun d’entre nous, du plus humble au plus riche. L’histoire nous enseigne qu’une révolution chasse l’autre … jusqu’à celle d’après, aucune n’ayant jamais changé durablement quoi que ce soit à un ordre établi dont il serait temps de prendre conscience et de tenir compte avec l’intelligence dont l’homme est censé être doté.

    Une conviction par contre : si l’éradication de la pauvreté est un mythe, son endiguement dans des limites aussi tolérables que possible ainsi que l’élimination de la misère sont à sa portée. Niant une décroissance contraire au progrès qui distingue l’espèce, autant qu’une course irresponsable au « toujours plus », de tels objectifs passent toutefois, inéluctablement, par une croissance démographique maîtrisée, au profit d’une population contrôlée et pour le plus grand bien d’une planète qui n’en peut plus.

    Visiter attentivement à ce sujet : http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com (articles et schémas). Agnostique et apolitique, la simple observation d’une réalité démographique, y est mise en relation avec la pauvreté et les inégalités sociales, en laissant à chacun la liberté d’en prendre ce qu’il jugera compatible avec ses propres convictions, aussi bien religieuses que philosophiques ou politiques.

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