Défense et illustration de François Hollande, présentement président de la République française

Les Jeux olympiques à peine terminés, les Français, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont inventé un nouveau sport national qu’ils pratiquent avec enthousiasme. Il s’agit, dirait-on en anglais, du « Hollande bashing », que l’on peut traduire par l’exercice consistant « à casser du sucre » à qui mieux mieux sur le dos du malheureux président fraîchement élu. On n’en voudra pour preuve que le récent numéro de l’Express, magazine teigneux par excellence, hier thuriféraire, aujourd’hui contempteur, lequel publie sans vergogne un article au titre évocateur : « Les cocus de François Hollande ». Il était grand temps qu’une voix compatissante et autorisée, -celle de l’auteur de ces lignes en l’occurrence-, monte au créneau déserté pour venir au secours de l’infortuné persécuté

En fait, objectivement, il est permis d’affirmer que le nouveau président n’a pas si mal que cela commencé son mandat. On pourrait même avancer qu’il n’a pas, jusqu’à présent tout au moins, commis de fautes majeures (peut-être qu’il n’en a pas eu le temps, mais c’est déjà ça). Considérons donc les faits, non pas d’un œil polémique ou idéologique, mais tels qu’ils se présentent au regard de l’observateur impartial (que je suis).

1° Tout d’abord, pour entamer son mandat, il n’a pas fait de déjeuners coquins au Fouquet’s, ni de croisières de luxe sur le yacht des copains. Cela compte sous la V° République telle qu’elle a été pratiquée par son prédécesseur.

2° En second lieu, soyons justes, homme pour homme, la composition du gouvernement Ayrault fait plutôt bonne figure par rapport au précédent. On y retrouve même quelques « poids lourds de qualité », ne serait, pour commencer, que le Premier Ministre lui–même, qui pèse quand même plus lourd que l’inexistant François Fillon (dont on peut se demander ce qu’il a bien plus fabriquer à Matignon pendant 5 longues années, à part relayer avec constance la voix de son maître, bref, un Premier Ministre pour rire). Mais, au deuxième plan, on discerne des personnalités parfaitement respectables, malgré la présence inopportune de deux « verrues » de taille il est vrai, la gracieuse Christiane Taubira, la Madone des prisons portes ouvertes, venue tout exprès de Guyane pour détraquer encore davantage notre système judiciaire et Cécile Duflot, l’illuminée de l’EELV et du 20° arrondissement).

Mais, après tout, Pierre Moscovici aux Finances vaut largement le sémillant François Baroin à la mèche accrocheuse et Laurent Fabius a quand même plus de présence, -et surtout de bon sens-, que le cher Alain Juppé, devenu « buveur de sang » sur le tard. Après avoir eu la peau de Kadhafi, ne voulait-il absolument lancer une armée française exsangue dans une aventure plus que douteuse en Syrie ? Mais la suite de la galerie n’est pas si mauvaise. Manuel Valls est un ministre de l’Intérieur à poigne dans une situation extraordinairement difficile, largement léguée pas ses prédécesseurs : il poursuit sans barguigner le démantèlement des camps sauvages des Roms ainsi que les évacuations par charter, au grand désespoir des associations de soutien, toujours vigilantes. Même Arnaud Montebourg pourrait faire un ministre très présentable s’il consentait à grandir et à devenir adulte. Enfin, cerise sur le gâteau, le nouveau ministre de la Culture, rompant une tradition inaugurée par la droite, n’a pas, oh merveille, le « petit défaut » si cher à Paul Claudel.

Mais, dit-on d’un ton tragique, François Hollande ne tient pas ses promesses électorales. La belle affaire ! C’est ici le lieu de rappeler le célèbre apophtegme de Jacques Chirac, orfèvre en la matière : « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». On ne saurait mieux dire en si peu de mots. Quelle concision ! Quel style !

Car les Français sont d’incorrigibles gamins. Les promesses électorales sont évidemment conçues pour séduire l’électorat et faire élire le candidat, nullement pour être tenues. Et cela se comprend. Les électeurs ont évidemment envie d’entendre ce qui leur fait plaisir, ce qui va dans le sens de leur avantage personnel ou catégoriel, et nullement dans celui de l’intérêt général, qu’ils ne connaissent pas ou dont ils se moquent éperdument (les enseignants ou les fonctionnaires, par exemple). Ergo, dans la plupart des cas, tenir une promesse électorale va à l’encontre des intérêts de la nation. Qu’on se le dise. Et tant pis pour ceux qui se retrouvent parmi « les cocus » de l’élection, de scrutin en scrutin, et cela depuis la nuit des temps.

Pour en revenir à François Hollande, il ne tient pas ses promesses ? Et c’est tant mieux. C’est en cela qu’il est un bon président (à condition qu’il tienne la rampe, ce qui reste à voir). Et la droite, la plus bête du monde, dit-on, à juste titre, a bien tort de l’accabler de critiques. Elle devrait l’encenser au contraire, car il fait le « sale boulot » que le regretté Sarko a bien été incapable de mener à bien.

Il va augmenter les impôts de 33 milliards d’euros pour réduire le déficit ? C’est exactement ce qu’il fallait faire et que notre cher Nicolas n’a pas eu le courage de mettre en oeuvre. Ces impôts vont porter sur les classes moyennes ? Et sur qui diable voulez-vous qu’ils portent ? Sur les Chinois ou les Japonais, ou encore sur nos malheureux smigards ou une poignée de riches qui s’envolent à tire d’aile à l’étranger, footballeurs et artistes de gauche en tête. En fait, c’est de 80 milliards qu’il devrait réduire le déficit public, les 50 milliards de différence étant à trouver en taillant hardiment dans les dépenses de santé et, bien sûr, les retraites, sans compter les aides à l’immigration. Mais là c’est une toute autre histoire, car on toucherait ici à nos chères « vaches sacrées. Mais on en reparlera, à coup sûr, plus tard. Nécessité fait loi.

Il va créer 65 000 postes d’enseignants supplémentaires mais les compenser par une réduction drastique des emplois dans les ministères jugés non prioritaires, et Dieu sait s’il y en a. C’est très exactement qu’une droite courageuse et lucide aurait dû faire (quoiqu’à vrai dire, ces créations des postes seront, au mieux, un emplâtre sur une jambe de bois, le mal existentiel de l’éducation nationale en France étant autrement profond).

Mieux, il refuse d’augmenter la rémunération des fonctionnaires ? Mais, on le sait, nos fonctionnaires sont des privilégiés (l’emploi à vie, ça compte en période de chômage chronique), trop bien payés et bien trop nombreux.

On lui fait grief d’alléger les charges des entreprises et d’augmenter les prélèvements sur les particuliers ? Mais, excusez-moi, c’est très exactement ce que tous les économistes dignes de ce nom – il en reste – n’ont cessé de préconiser pour opérer le redressement du pays.

Ah, prenons garde de ne pas oublier dans la longue liste des bienfaits méconnus de François Hollande, – qui tel Sainte Thérèse de L’Enfant Jésus les déverse sur nous comme autant de pétales de rose, le maintien du nucléaire reconnue « filière d’avenir », le clin d’œil au gaz de schiste, le maintien de la loi Hadopi et des contrôles d’identité cependant que le blocage du prix de l’essence et l’allocation d’autonomie pour les étudiants (autrefois plus prosaïquement dénommées bourses pour étudiants) passent joyeusement à la trappe. Et comment ne pas s’en réjouir hautement ?

Bien sûr, car tout se paie dans notre monde pécheur, il faut en contrepartie s’attendre à voir fleurir un certain nombre de fleurs vénéneuses, le mariage gay, cette caricature grotesque du mariage ordinaire et pire encore l’adoption d’enfants par des ménages homosexuels, petits innocents condamnés à vivre dans un environnement familial anormal. C’est le massacre des Saints Innocents, version moderne.

Mais le malheureux François Hollande n’a guère le choix. La route des largesses économiques étant coupée, il lui faut bien donner quelques compensations dans le domaine sociétal, comme on jette un os à des roquets. Car cela ne coûte rien (sauf à l’âme de la France) et ça fait tellement plaisir à la poignée d’homosexuels qui tiennent le haut du pavé à Paris.

Décidément, vive Monsieur François Hollande, le Bienfaiteur du pays, qui fait exactement le contraire de ce qu’il a promis, pour le plus grand bien de la France.

Mais « pourvou que ça doure », comme disait naguère Laetitia Buonaparte.

4 réflexions au sujet de « Défense et illustration de François Hollande, présentement président de la République française »

  1. Pas tenues. A l’inverse, François Hollande a clairement échoué à tenir plusieurs engagements. Il ne réduira pas le déficit public à 3% du PIB en 2013. Il n’est pas parvenu à réorienter le budget européen, en recul pour la première fois de son histoire. Il a renoncé à inscrire dans la Constitution les principes de la loi de 1905 sur la laïcité. Plus question de délivrer un récépissé de contrôle d’identité pour lutter contre le délit de faciès. Quant au droit de vote des étrangers aux élections locales, il est reporté sine die.

  2. Malheureusement, selon les estimations, ce dispositif annoncé avec tambours et trompettes touchera une énorme portion de la population : 15.000 personnes ! :-)) Une grande réussite de ce tenant de la tendance libérale du parti de centre-gauche. Mais il ne faut point faire grise mine. 15.000, c’est mieux que 0. Marteler partout le retour à la retraite à 60 ans permet de faire oublier ce détail qui n’en est pas un pour les journalistes et les gens de conviction, persuadés que le PS français est encore de gauche. en attendant, les membres de ce triste parti, et m. Hollande, on bien voter le « Mécanisme de stabilité européen » qui va finir de vendre à vil prix tout ce qui reste de nos service publics, arrachés dans le sang par nos aîeux.

  3. De même, le choix des mesures évoquées et leur répartition en différentes catégories ne prétendent ni à l’exhaustivité ni à l’objectivité totale. Il n’en demeure pas moins que le regard sur Hollande change lorsque l’on dresse ce premier bilan : oui, le « mou », le « faible » tient ses engagements. Reste à savoir si ceux-ci étaient à la hauteur de la situation. Mais c’est un autre débat, qui a théoriquement été tranché par les Français le 6 mai 2012.

  4. Pas tenues. A l’inverse, François Hollande a clairement échoué à tenir plusieurs engagements. Il ne réduira pas le déficit public à 3% du PIB en 2013. Il n’est pas parvenu à réorienter le budget européen, en recul pour la première fois de son histoire. Il a renoncé à inscrire dans la Constitution les principes de la loi de 1905 sur la laïcité. Plus question de délivrer un récépissé de contrôle d’identité pour lutter contre le délit de faciès. Quant au droit de vote des étrangers aux élections locales, il est reporté sine die.

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