Hommes et territoire

Avec la mondialisation et la construction de l’Europe couronnée par la mise en place de l’espace de Schengen, notre époque a eu tendance, avec une grande légèreté, à faire fi de la notion de frontière, voire à la vouer aux oubliettes de l’histoire. Les frontières ne sont plus désormais considérées comme la limite sacrée qui borne et marque le sol de la patrie. Elles apparaitraient plutôt une entrave indésirable, ou même insupportable, à la liberté de mouvements, des marchandises, des capitaux et, naturellement, des hommes, d’où les flux migratoires de notre temps.

Or la frontière définit un territoire, et les hommes qui y vivent, par opposition à ceux, les candidats à l’immigration, qui, nés ailleurs, veulent y pénétrer pour s’y installer à demeure, de gré ou de force. On est ici en présence d’un sujet gravissime. Il est au cœur de la problématique qui se pose en ce début de siècle à la France, à l’Europe et à la Russie. Il soulève, en effet, le problème fondamental de la légitimité de l’occupation d’un territoire par des hommes et de leur capacité à le défendre pour pouvoir y vivre paisiblement.

I La problématique

1° Hommes et territoires sont intimement liés au cours de l’histoire humaine avec une succession d’ invasions, souvent suivies d’occupations, parfois justifiées par des migrations : « nous défendrons l’Alsace et la Lorraine, car malgré tout, nous resterons Français ». Qui ne se souvient, pour ceux qui ont conservé le goût de l’histoire, du caractère mythique de la « ligne bleue des Vosges » qui faisait rêver devant le tableau noir des générations d’ écoliers au début du siècle dernier.
On découvre, on prend d’assaut, on défend un territoire, pas des abstractions, des chimères ou des utopies. Car on y vit et on y meurt. D’ où l’importance des cimetières, notamment des cimetières militaires où reposent pour toujours ceux qui ont donné leurs vie pour défendre le sol de la patrie.
Cette problématique est donc au cœur de la notion de nation, de souveraineté, d’identité nationale, qui ne peut s’incarner que dans l’espace d’un territoire particulier inscrit à l‘intérieur de ses frontières. Un citoyen du monde est un citoyen de nulle part. Le nomade n’a ni territoire, ni Etat ni patrie comme c’est le cas pour les Touaregs, ou les « gens du voyage », perpétuels migrants de frontières en frontières.
Tout territoire au monde appartient à une nation ou à un Etat, sauf pour l’instant, l’Antarctique ou la lune, mais pour combien de temps ? Traditionnellement, le premier geste de l’explorateur n’était-il pas de planter un drapeau dans le sol afin de le revendiquer au nom d’une nation et donc d’affirmer une souveraineté nationale sur un nouveau territoire, découvert ou conquis.
C’est d’ailleurs pour cette raison que les Chinois ne se contentent pas d’occuper militairement le territoire du Tibet. Ils le colonisent démographiquement, au sens propre du terme, en y envoyant plusieurs millions de colons chinois, aujourd’hui plus nombreux que les Tibétains, dans l’espoir, peut-être chimérique, de rattacher pour toujours ce territoire à la Chine.

2° Les « élites », relayées par des médias complaisants, ont tenté de convaincre l’opinion européenne qu’il ne s’agissait là que d’ un débat dépassé avec l’avènement de l’Europe et le renforcement des flux migratoires. Car les immigrés devaient-ils pas, en principe, nous sauver de la ruine et « payer nos retraites ». Ce slogan médiocre nous entraîne loin ici de l’attachement pour la nouvelle patrie adoptée par amour. Il n’est d’ailleurs guère surprenant que ce leitmotiv, inlassablement psalmodié par certains médias pendant trente ans, et encore aujourd’hui, ait fait appel aux instincts les plus sordides de la personne humaine, la « peur du manque » et le manque de courage.
Mais les immigrés emportent leurs mœurs à la semelle de leurs chaussures. Car ces gens ,nés ailleurs, viennent précisément s’installer, avec leurs lois écrites ou non, leurs mœurs et leurs coutumes, dans un territoire national. Or ce territoire abrite déjà un Etat, ses lois, ses valeurs, avec son histoire, ses frontières, ses mœurs , ses coutumes, sa langue (et toujours, dans une certaine mesure, ses traditions religieuses) etc.. Le choc était inévitable.
D’où le désarroi actuel des esprits dont témoigne le débat récurrent, relancé par la gauche aux approches de chaque élection, sur le vote des étrangers, débat qui implique bien la négation même de la notion de nation, remplacée avantageusement par les droits à la Sécurité Sociale, désormais seul lien effectif solide entre les citoyens ou plus précisément les « ayant droits ».Quelle splendide perspective que celle d’une nation entièrement composée d’ « ayant droits », débarrassée une fois pour toutes, des relents obsolètes de patriotisme. Autre problème, celui des « sans papiers » considérés comme des quasi-citoyens, ou plus précisément des « citoyens en devenir » pour la santé, l’aide médicale gratuite de l’Etat, la scolarisation obligée et obligatoire des enfants, humanitaire oblige. Dernier avatar, la construction financée par l’Etat de mosquées, avec ou sans minarets, liberté religieuse oblige, en attendant le chant mélodieux des muezzins à 4 heures du matin.
Mais alors, à quoi rime la défense nationale ? Pour qui meurt-on ou doit-on mourir s’il n’y a plus de patrie? Pour une nation vivante et charnelle ou une Europe désincarnée et sans visage?
Ce débat, ou ce défi, va dominer le destin de la France, et de l’Europe, pour le restant du XXI° siècle et déterminer sa survie ou sa disparition de la scène de l’histoire.

II Le drame démographique de la France, de l’Europe, de la Russie

Faute d’hommes en nombre suffisant, il faute bien se convaincre que ces nations ou cet ensemble de nations rassemblées au sein d’une Europe largement virtuelle, sont largement incapables de défendre leurs territoires, de garder leurs frontières ni d’assimiler les « gens venus d’ailleurs », étrangers ou immigrés et leurs descendants.

A. Un cas extrême est celui de la Russie. Elle occupe le plus grand territoire au monde avec une population de 148 millions susceptible de tomber, dans 30 ans, sauf redressement inespéré, à 110 millions d’habitants, en raison d’un taux de mortalité excessivement élevé et d’une fécondité qui s’effondre.
Ce vide démographique criant est sans aucun doute à l’origine de la colonisation insidieuse de la Sibérie par les colons chinois, lesquels qui s’infiltrent subrepticement sur le territoire russe. Certes, les responsables russes, après avoir trop longtemps ignoré ce problème, commencent aujourd’hui à s’en inquiéter sérieusement. Mais comment s’en sortir sans risquer de déclencher une grave crise avec leur redoutable et puissant voisin, passé maître dans l’art de l’étouffement progressif. ? La Russie, démographiquement exsangue, n’est-elle pas devenue, un « colosse aux pieds d’argile » éminemment vulnérable ?

B. L’Europe n’est pas dans une situation plus favorable. La faiblesse de la fécondité européenne depuis 30 ans a créé « un appel d’air » par lequel s’engouffrent des millions d’immigrés -près de 50 millions au total selon Eurostat-, avec une forte composante de Turcs, Maghrébins, Africains.
C’est le cas de la Grande Bretagne, avec les Pakistanais et les Jamaïcains, de l’Allemagne avec les Turcs et, maintenant, de l’Italie et de l’Espagne. D’où des réactions de violence sporadiques brutales, comme en récemment en Sardaigne ou en Espagne. Mais ces pogromes d’un nouveau genre ne résolvent rien. L’Europe n’ a pas su, ou voulu, résoudre le défi d’une immigration massive et continue qui tend à substituer une population à une autre sur un territoire déterminé.

C. Le cas français.
Il nous touche au cœur. Car :
-plus de 10 % de la population française est d’origine étrangère (5 à 6 millions au moins, 2,5 millions d’Africains sur le sol national).
-on ne sait pas où on en est exactement depuis la suppression du recensement en 1999.Car l’INSEE ment depuis 30 ans sur le nombre de la population d’origine étrangère installée sur le territoire de la République (connue à 1 ou 2 millions près). Il ment aussi sur la fécondité française, soi disant « championne d’Europe » En réalité , la fécondité des immigrés est, en moyenne, au moins deux fois supérieure à celle des Français dits d’origine, soit 2,8/ 2,9 enfants pour femme (mais 4,2 pour les Africaines) contre 1,6/1,7 pour la fécondité des Français de souche. Les Français de souche sont bien partis pour devenir minoritaires sur leur propre territoire d’ici la fin du siècle ou bien avant. Cela n’ira pas sans quelques tiraillements, on s’en doute.
Le calcul secret du gouvernement est manifestement de cacher aujourd’hui la réalité, désastreuse, de la situation démographique réelle de la France, d’où le refus obstiné de publier des statistiques ethniques. Elles révèleraient au grand jour toute l’étendue du mal, pour placer, demain, l’opinion publique devant le fait accompli sur le thème bien connu: « il est trop tard, sachons nous résigner, accepter l’inévitable…etc.etc. », discours qui n’est pas sans rappeler le propos défaitiste de Pétain en 1940.
D’où le discours officiel sur le « métissage », planche de salut improvisée pour prévenir les conflits inter ethniques à venir sur le refrain: « Mélangeons-nous, Folleville, et tout s’arrangera » , discours qui relève d’une philosophie primitive et d’une moralité douteuse, laquelle suppose que les ethnies se mélangent aisément comme les couleurs dans un pot de peinture. Sancta simplicitas !
La France, dans l’indifférence générale, est progressivement en train de perdre le contrôle de son territoire national. Peut-elle encore réagir ?

Conclusion : l’Europe vit sur un volcan démographique. Elle meurt à petit feu. Mais l’Europe de Bruxelles n’en a cure. Elle s’en moque éperdument.

Annexe

La situation démographique de l’Europe, un tableau effrayant

1° La situation en Russie
-fécondité très faible : 1,4 enfant par femme ( la population se renouvelle à l’identique à 2 enfants par femme)
-mortalité très élevée : 4 fois celle de l’Europe (alcool, homicides, état sanitaire déplorable
etc.)
-espérance de vie inférieure à 64 ans (celle de la Namibie !)

2° la situation en Europe occidentale

A. Allemagne : fécondité très faible depuis 30 ans : 1,4 enfant par femme
Mais taux de mortalité très faible aussi
Conséquence : l’Allemagne vieillit. Des besoins de main d’œuvre criants : d’où une immigration de 3 millions de Turcs difficilement assimilés

B. Angleterre
-fécondité un peu supérieure : 1,6 enfant par femme et 3 à 4 millions d’étrangers (en majorité Pakistanais et Jamaïcains)

C. Italie et Espagne
-situation démographique effarante : 1,2 enfant par femme
D’où des entrées massives venant principalement du Maghreb et d’Afrique noire (2 à 3 millions)

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