DSK Président ?

Ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire DSK …

semble bien partie pour être passée par profits et pertes par la classe politique. De la dignité avant toutes choses. Comme le disait jadis un humoriste : « En France, l’honneur est comme les cheveux. Il repousse avec le temps ».
Ceci étant, réfléchissons un moment.
Supposons un instant que DSK eut été élu président de la République, chose fort possible, voire vraisemblable. Imaginez, avec tous les pouvoirs que la Constitution, et la pratique, ont concentré entre les mains de l’Elysée, ce qui aurait pu se produire, maintenant que nous connaissons le vrai visage de l’homme, derrière l’épaisse couche de fard appliquée par les médias, la propagande du parti et les amis de toujours. Les écuries d’Augias ? Caligula à la Présidence de la République ? Sodome et Gomorrhe à l’Elysée ? Avec François Mitterrand déjà, ce n’était pas si mal.
Cet épisode ne peut que rendre plus urgente une révision de la Constitution destinée à rétablir au profit du pouvoir législatif l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions de la V° République, équilibre excessivement compromis par les textes constitutionnels et surtout la pratique du pouvoir sous la V° République.
Remarquons d’ordre et déjà que la façon dont l’actuel président, Nicolas Sarkozy, interprète la Constitution est à la limite de l’illégalité constitutionnelle, voire au-delà.
L’article 5 de la Constitution dispose ainsi que : « Le président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat ».
Par ailleurs, l’article 20 prévoit que « Le gouvernement  détermine et conduit la politique de la Nation ».
Cependant que l’article 21 stipule que « Le Premier ministre dirige l’action du gouvernement ».
Or qui oserait aujourd’hui prétendre que c’est le sympathique François Fillon qui détermine la politique du gouvernement ? Où et quand a-t-on entendu des voix, à droite ou à gauche s’élever contre cette pratique manifestement contraire aux textes et à l’esprit des institutions ? Quel député ou sénateur a donc eu le courage de saisir le Conseil constitutionnel, si prompt à s’exprimer sur n’importe quel sujet de société aussi mineur qu’il soit, de cette dérive institutionnelle dont on mesure aujourd’hui les graves dangers à l’occasion de l’affaire DSK ?
Le général de Gaulle, quels que soient ses mérites, avait vu trop grand et taillé un habit à sa mesure, sans se douter que ses successeurs, de plus courte stature, ne manqueraient pas de flotter dans un costume trop grand pour eux.
Par ailleurs, quand on voit que le PS, le parti de Jaurès, parti qui avait ses lettres de noblesse, avait cru pouvoir se doter d’un héros de l’étoffe d’un DSK pour conquérir la présidence, il est permis de s’interroger sur un milieu politique un peu glauque où l’égarement des esprits semble parfois se conjuguer avec la corruption des mœurs, sous la protection de l’omerta des médias. Faudra-t-il désormais conjuguer gauche et débauche ? La fameuse « génération Mitterrand » ne risque-elle pas de sombrer dans la dégénération des comportements ? Mais la droite, si l’on devait bien chercher, est-elle exempte de ce genre de dérives morales ?
Le fait de « faire de la politique » doit-il autoriser une politique de l’excuse ? En fait, nos responsables, au niveau le plus élevé, ont depuis longtemps perdu de vue qu’une fonction représentative publique constituait nécessairement ce que les anglo-saxons appellent a role model, un modèle de référence. Dès lors, si « le poisson pourrit par la tête » comme le disent les Chinois, c’est tout le corps social qui risque d’être contaminé. Ne serait-il pas grand temps de se ressaisir et de réintroduire un peu de bonne vieille morale traditionnelle dans les équations politiques ? Après tout, personne n’oblige nos élus à faire de la politique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *