Mayotte, département français : un cadeau empoisonné pour la République

De par la volonté présidentielle, Mayotte, qui bénéficiait jusqu’à présent d’un statut spécial depuis le gouvernement Jospin, va donc devenir le 101 département français. Encore une chance pour la France .

La départementalisation de l’île de Mayotte, acquise depuis le référendum du 29 mars, et saluée comme un « évènement historique », est passée comme une lettre à la poste dans la presse et les médias français. Ce qui en dit long sur le degré d’aveuglement et de servilité de ces derniers en France qui , en comparaison, ferait presque apparaître la Pravda de l’époque stalinienne comme un modèle de lucidité, d’ouverture et de liberté d’esprit.
Cette triste affaire éclaire d’un jour cruel les incohérences de la politique du gouvernement en matière d’immigration, tant vantée, avant les élections présidentielles. Qu’on en juge.

Voilà que la République, qui a décidément bon appétit en ce domaine, va devoir avaler, puis digérer une population de 187 000 habitants, souvent polygame, pratiquement toute musulmane, et dont une bonne partie ne parle même pas le français. Un royal cadeau qui réduit pratiquement à zéro 10 ans de futures reconduites à la frontière du ministre de l’Immigration (soit plus ou moins, en principe, 20 000 par an selon Le Monde).

Notons au passage que cette sympathique population a triplé, passant de 47 000 en 1974 en 30 ans à 186 452 aujourd’hui, dont, détail savoureux, 50 à 60 000 clandestins. Elle accuse un taux de chômage de 22%. 54 % de la population est âgée de moins de 20 ans. Le taux de fécondité serait passé de 8,2 enfants par femme, -excusez-moi du peu-, à 3,7 enfants aujourd’hui. Ce qui reste encore raisonnable : presque trois fois le taux de la France métropolitaine de souche.

Encore que l’on peut se demander, question impertinente, comment ce taux de fécondité a été calculé puisqu’il n’existe pas d’état civil constitué, (il est en révision), ni d’ailleurs de cadastre, ni de titres de propriété. Bref, un Moyen âge administratif. Un rêve. Quoi qu’il en soit, l’immigration clandestine ou légale en provenance de Mayotte, ou des Comores via Mayotte, a encore de beaux jours devant elle. On est content pour la police des frontières. Cela va créer de l’emploi.
Il va falloir, comme hier dans les Antilles et à la Réunion, construire une infrastructure inexistante, prodiguer une aide opulente au développement, -naturellement à fonds perdus (comme dans les Antilles)- financer des équipements inexistants en matière hospitalière, de santé, de logement, tout cela à grand renfort de subventions de la généreuse métropole. Ce qui va représenter, en régime de croisière, un minimum 1,3 milliards d’euros par an uniquement en crédits de fonctionnement, (sans compter l’investissement visé plus haut, dont on ignore, bien sûr, le coût). Les Mahorais, sans perdre de temps, se réclament déjà de la « solidarité nationale ». Ils ont vite compris la France. Et cela alors que notre pays France s’enfonce dans une crise économique sans précédent dont on ne voit pas l’issue. On croit rêver.
Bien sûr, les sycophantes de service, et les poètes officiels, ne vont pas manquer de faire valoir que cette dernière acquisition territoriale va permettre à notre pays de disposer de riches pépites de métaux précieux qu’il suffira d’aller ramasser au fond de l’Océan Indien et d’une quantité incroyable de poissons volants qui vont remplacer avec avantage les bancs de harengs épuisés de la Mer du Nord.

Il est d’ailleurs curieux de constater que si le taux d’approbation du référendum a été proche de 100 %, le taux de participation, lui, n’a atteint que 61 %. En d’autres termes, cette départementalisation ne fait pas que des heureux à Mayotte même. Mais il y a plus. Car l’archipel des Comores considère encore, avec l’accord et le soutien des Nations Unies et de l’Organisation de l’Unité africaine, qu’elle dispose toujours de la souveraineté sur Mayotte. Et voilà la République française bien partie pour un interminable conflit dans l’Océan Indien dont on va naturellement se sortir, comme toujours, en payant. Il faut vraiment avoir le génie de l’embrouille pour se lancer dans des situations pareilles.
Décidément en France, les leçons du passé ne servent jamais à rien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *