La guerre en Afghanistan

Comment gagner en Afghanistan ?

Le président OBAMA est désormais engagé, au  terme de longues supputations, sur une voie bien connue, car déjà plusieurs fois parcourue : le syndrome vietnamien (ou irakien).

De quoi s’agit-il ?

Devant un conflit engagé à la légère, face à un adversaire coriace et insaisissable, il faut se convaincre que cette guerre ne peut pas être gagnée, sauf à y mettre plusieurs centaines de milliers d’hommes . Vous avez bien lu, plusieurs centaines de milliers de soldats(rappelons qu’au plus fort de la guerre au Vietnam , les forces américaines dépassaient 450 000 soldats)

Or, ni l’opinion aux Etats-Unis, encore moins en Europe, n’est résignée à consentir un effort aussi colossal  à l’issue plus qu’incertaine. Que faire dès lors?

La méthode vietnamienne (ou soviétique en son temps) est là pour s’extirper de ce guêpier avec élégance en trois ou quatre étapes .

Temps I : les « alliés envoient des renforts importants, aujourd’hui 30 000 hommes, demain peut-être davantage, (le fameux surge en Irak) pour remporter l’affaire sur le terrain.

Temps II. Le pays étant  officiellement pacifié, on forme des forces locales afin de  mettre un terme au conflit  proprement et sans douleur.

Temps III: les « alliés »,  rassurés , la guerre étant gagnée aux yeux de leur opinion publique, retirent dignement leurs troupes qui rentrent à la maison.

Hélas , temps IV : l’armée vietnamienne, pardon, afghane,  s’effondre promptement sous les coups de boutoir de l’ennemi soi-disant terrassé et  les Talibans réapparaissent  triomphalement  en Afghanistan. La burka est de retour.

 

Yves-Marie Laulan

Ancien président du comité économique de l’OTAN

Ancien conférencier à l’Ecole supérieure de guerre

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