Allocations familes et changement de société

Le constat

 

Les allocations familiales, crées par le Général de Gaule au lendemain de la Libération, ont été un puissant levier pour relever la natalité française pendant les Trente Glorieuses.

Le malheur veut qu’au fil des années, elles ont été peu à peu « grignotées » par une succession de gouvernements  plus soucieux de rigueur budgétaire que  de maintien de la natalité.   Elles servent aujourd’hui à financer tout et n’importe quoi, depuis l’aide au logement social jusqu’aux aides aux handicapés en passant par les parents isolés  et la recherche  d’emploi.

Mais il y a pire : avec les vagues successives d’immigration de masse (environ 250 000 par an)  et de naturalisations massives (environ 150 000 par an)[1]  que la France a connues depuis une trentaine d’années, les allocations familiales  ont été détournées de leur sens, notamment en ce qui concerne les familles nombreuses, (c.a.d. au-delà du 3° enfant). Elles sont ainsi devenues un puissant instrument d’incitation à l’immigration et à la substitution d’une population d’origine étrangère (ou immigrée)  à la population d’origine.

Cette situation est illustrée jusqu’à l’absurde par la récente départementalisation de Mayotte acquise depuis le 27 mars dernier. Qu’on en juge. Voilà que la République va s’enrichir de 187 000 nouveaux citoyens, hier Africains, aujourd’hui Français, pratiquement tous musulmans et largement  polygames. Leur taux de fécondité (le nombre d’enfants par femme) est de 8,2 contre 1,6/1,7 pour la France métropolitaine de souche. Avec l’extension des allocations familiales à cette population, il faut sans doute s’attendre à ce que le taux de fécondité moyen augmente encore pour passer peut-être la barre des 10 enfants par femme. Ce qui pourrait peut-être poser quelques problèmes à terme.

Ici encore les chiffres sont éloquents.

Une publication récente indique ainsi qu’en Ile- de- France en 1999 , les  familles de 3 enfants ou plus, soit 360 291, représentaient environ 12,6 % du total des familles (1 868 398)[2], les familles de 4 enfants ou plus, soit 111 777, représentaient 6 % du total. On peut légitimement supposer, faute de chiffres plus récents,  que la situation n’a guère changée en 10 ans de puis cette date, sinon dans le sens d’un renforcement de ces tendances.

Il faut bien voir que l’écrasante majorité de ces familles nombreuses était constituée de ménages d’origine étrangère ou récemment naturalisés (il y aurait entre 30 000  et 50 000 familles polygames en France selon certaines sources, bien davantage selon d’autres), si bien que les familles nombreuses d’origine  autochtone ne représentent qu’une faible proportion du total.

La même publication nous indique que les familles nombreuses (4 enfants ou plus)sont surtout localisées en banlieues ou en grande couronne  (le Nord et l’Est de la région, Seine- Saint- Denis ou Val d’Oise)). Les familles très nombreuses   (5 enfants ou plus) sont composées le plus souvent d’ ouvriers ou d’ inactifs et  logent dans des HLM[3]

La conséquence est claire. Une publication de l’INED montre que la proportion de jeunes  d’origine étrangère est passée de 11,6% en 1968 à 18,1 % en 2005, notamment en Ile- de- France où elle est passée de 16 % à 37%.[4] En d’autres termes, sur les bases actuelles, bientôt le quart puis un jour le tiers de la population française sera d’origine étrangère (dont une très forte proportion naturellement provenant du Maghreb ou d’Afrique noire, donc musulmane)[5].

Cette situation ne peut manquer d’ exercer une forte influence sur pratiquement  toutes les facettes de la société française  de demain, comme c’est déjà le cas aujourd’hui (croissance ralentie, problèmes scolaires à répétition, financement des retraites, coûts sociaux, insécurité et délinquance, , libre exercice de la religion, un jour prochain des libertés publiques et privées. Bien sûr, il faudra consentir un énorme effort d’intégration. Mais cet effort  n’est pas forcément garanti de réussite, du moins si l’on en juge par  les résultats actuels.

 

Cela dit, que peut-on faire ? Peut-on laisser les familles nombreuses d’origine européenne subventionner les familles nombreuses d’origine étrangère ?   A l’inverse , ne serait-il pas  inique d’abandonner les familles nombreuses d’origine européenne à leur triste sort, alors que celles-ci ont eu l’immense mérite, et le courage,  d’élever de nombreux enfants .

Les options ne sont pas nombreuses.

Les pouvoirs publics ne semblent guère se préoccuper de cette épineuse question.

le mieux, selon eux, étant sans doute de ne  rien faire du  tout , l’érosion des allocations familiales  au fil des années se chargeant  d’émonder  à la longue le caractère incitateur des allocations pour les familles de quatre enfants ou plus.

Il n’est évidemment pas question de reprendre la  tentative avortée d’Alain Juppé à la Mairie de Paris voulant réserver les allocations aux seules  familles  françaises. Le principe d’égalité cher  au Conseil constitutionnel ne manquerait pas de condamner cette démarche à une fin peu glorieuse.

Il n’y a pas de solution miracle mais simplement l’urgence de lancer une réflexion intelligente,  qui prenne en compte la situation d’aujourd’hui, et non celle d’il y a 30 ou 50 ans, sur un problème gravissime et d’explorer certaines pistes concevables.

Bien sûr, les partisans de l’augmentation des allocations à des fins natalistes se focalisent essentiellement sur  l’aspect financier de cette mesure, sans réfléchir aux implications démographiques qu’elle comporte. D’autant plus que pour certains ménages, ces  allocations représentent, non point un soutien accessoire  à l’éducation des enfants mais un revenu familial complémentaire non négligeable, quand il n’est pas principal.[6]

Une première piste serait de renforcer significativement les allocations familiales servies au premier et au deuxième enfant,  voire au 3°  enfant –l’écrasante majorité des familles françaises- et de les supprimer totalement ou de les réduire fortement au-delà du 3°.

Une autre solution serait de demander à l’employeur, -entreprise  ou Etat- de prendre le relais au-delà du 3° enfant sous la forme d’une allocation complémentaire. Ce qui aurait l’avantage d‘encourager les bénéficiaires de cette allocation à aller à la recherche d’un emploi.

Pour les professions indépendantes, ce serait aux collectivités territoriales  de jouer  ce rôle dans des conditions d’équité satisfaisantes.

Il ne s’agit, certes, que de simples suggestions qui risquent fort de froisser bien des idées reçues et des convictions ancrées. Il y en a sûrement bien d’autres qu’il conviendrait d’analyser avec soin.  Mais il est exclu de se contenter  de réclamer plus d’argent pour les allocations familiales et de se dispenser de lancer un effort de réflexion sur cette question.

 



[1] Source Maxime Tandonnet, Le défi de l’immigration, FX de Guibert, 2004 et Immigration ; sortir du chaos Flammarion,2006

[2] Source INSEE, Atlas des Franciliens, Ile-de- France 2002 (iaurif), tome 3  « Population de modes de vie ». .

[3] Les cadres  et les professions intermédiaires se limitent le plus souvent à 3 enfants

[4] Source INED, Jeunes d’origine étrangère en France, Bernard Aubry et Michèle Tribalat

[5] Il est de notoriété publique d’un bébé né l’année zéro donnera un adulte 18 ou 20 ans après.

[6] Les Antillais désignent les allocations familiales d’une charmante formule  : « l’argent braguette ».

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