Après les émeutes, le déluge?

Après les « émeutes », le déluge ?

Ce que les médias qualifient aimablement d’émeutes « urbaines, (toujours la langue de bois de la France officielle[1]) sont bel et bien en réalité, des émeutes « ethniques », les premières du genre dans notre pays.

I Le constat

Il faut considérer les problèmes d’immigration et d’intégration pour ce qu’ils sont : un conflit pour les ressources publiques et, à terme, pour la conquête du pouvoir politique.[2]
Les mesures adoptées par le gouvernement pour faire face à la situation ont-elles une chance d’aboutir ? Sans faire preuve de pessimisme excessif, cela paraît fort douteux pour un ensemble de raisons :

a) ces mesures consistent, pour une bonne part, à mettre une « couche » de plus sur celles qui existaient déjà, dans la logique de l’assistanat social d’Etat dont la France a le secret[3] ( une pluie de primes, franchises, subventions, allocations, d’éducateurs, de moniteurs, de médiateurs, etc.)[4]. Or, devant l’échec patent de la politique de la Ville, il faudrait « inventer » quelque chose de radicalement différent [5]: mais quoi ?
Au surplus, en France, les meilleures lois ne sont pas appliquées, quand elles ne sont pas vidées de leur contenu au prochain changement de majorité.

b) car il n’y a pas d’exemple dans l’histoire du monde d’une communauté d’origine musulmane, massive et croissante (rappelons que la communauté d’origine immigrée croît en France à un rythme de 3% l’an, sans compter les flux migratoires : 250 000 par an), qui se soit paisiblement intégrée dans une communauté nationale étrangère (cf le Kosovo, la Bosnie) [6].
Quant aux Noirs américains, après deux siècles et demi sur le sol américain, ils sont toujours marginalisés aux Etats-Unis, malgré l’apparition récente d’une petite bourgeoisie noire,[7]

c) au surplus, les « Jeunes » auront compris qu’en brûlant des voitures, ils ont eu accès à la télévision (le rêve de tout un chacun) et obtenu encore plus d’argent des pouvoirs publics : une leçon que l’on n’oublie pas.

II Que peut-il se passer ?

On est ici en présence de deux scénarios, le rose et le noir.

– L’officiel, « le rose », voudrait que la France, enfin éveillée à ce difficile problème, évolue paisiblement, grâce aux heureuses mesures d’intégration qui auront porté leurs fruits, vers une société apaisée et réconciliée dans ses différentes composantes « Bleu/ Black/Beur », où fils et filles de la République [8]seraient réunis autour du drapeau tricolore (comme lors de la Coupe du monde de football)[9]
– à l’opposé, un autre scénario verrait la France évoluer vers une radicalisation croissante de communautés de plus en plus étrangères les unes aux autres. [10]

1° Il serait bien surprenant, s’il ne l’a pas déjà fait, que l’Islamisme ne s’empresse pas de récupérer aussi vite que possible une partie du mouvement parti des banlieues pour l’utiliser à ses fins propres.

2° Il est vraisemblable qu’au fil des années, l’on assistera à une double prise d’otage :
– les pouvoirs publics seront pris en otage par les communautés d’origine immigrée et agiront sous la contrainte, et la crainte, perpétuelle, de l’agitation, de l’émeute ou du terrorisme.
– le gouvernement, à court de ressources sans cesse réclamées, puis exigées, prendra en otage les classes moyennes françaises, celles qui travaillent et qui produisent des ressources, par le biais d’un alourdissement constant de la fiscalité (locale ou nationale), des charges sociales (sans compter les primes d’assurances !). Car il faudra bien financer le panem et circenses de l’immigration. Les pouvoirs publics ne verront, sans doute, aucune objection à pressurer les Français dits moyens, au nom du bien public, bien sûr (les médias, déjà largement gagnés à la cause, ne risquent pas de troubler ce processus).

3° D’où le risque, à terme, d’une double guerre civile, larvée ou ouverte
– au sein de la société d’accueil (les « natifs »)[11], où, comme entre 1940 et 1945, l’on verra se dresser les « résistants » (peu nombreux) : ceux qui ne voudront accepter cette exploitation d’un nouveau genre- ; contre les « résignés », (évidemment majoritaires) : ceux qui feront le gros dos pour avoir la paix ou qui militeront avec enthousiasme pour le nouveau système afin de hâter l’avènement d’une France nouvelle.
– au sein des communautés immigrées : les ralliés ou les « nouveaux harkis » intégrés (minoritaires), qui auront choisi la France dans ses défauts et ses vertus, contre les non intégrés et les non intégrables (majoritaires), qui profiteront de la nouvelle donne pour tenter d’accéder progressivement aux commandes.

4° Avec, en toile de fond, le risque bien réel (en fait, déjà en route si l’on en croit les indicateurs internationaux) de l’installation d’un processus de sous développement économique de la France, avec départ à l’étranger :
-de nos entreprises : celles qui le pourront,
– de nos élites (la France exporte des bacs plus 5 et importe des bacs moins 5 disait Jacques Dupâquier)[12]

III Sur le plan international

1° Dans un tel contexte aussi peu favorable, il est vraisemblable que la France, (devenue trop vulnérable et trop lourde à porter) fasse l’objet d’une sorte de mise en quarantaine de la part de ses voisins européens, sur le plan :
– de l’euro (par lassitude de devoir soutenir un pays à la balance des paiements structurellement déficitaire,
-des mouvements de personnes par suspension des accords de Schengen[13]

2° Il est manifeste que ce scénario s’inscrit dans la logique de la politique française des trente dernières années avec le regroupement familial, le droit d’asile, l’extension des droits sociaux les plus généreux à tout immigré qui a réussi, légalement on non à franchir la frontière, l’octroi « par fournées entières » de la nationalité française, l’accumulation d’entraves et d’interdits juridiques de toute sorte à l’action de l’Etat [14] qui fait de la France un cas unique en Europe (avec une population d’origine immigrée et de culture musulmane d’environ 5 millions de personnes, -Noirs, Maghrébins et Turcs- contre 2,7 en Allemagne, 1,5 en Grande Bretagne, 1 million en Italie, 500 000 en Espagne)[15]. Il est clair que, depuis trente ans, les pouvoirs publics ont joué les apprentis sorciers et créé une situation démographique devenue ingérable.

3° Reste à savoir si les développements récents –et à venir- ne pourraient pas, tôt ou tard, s’inscrire dans le cadre d’une stratégie mondiale de l’Islamisme. Ce dernier pourrait viser à une domination mondiale par la prise en otage d’une Europe vulnérable, riche mais molle, à partir de la conquête du pouvoir en France. Cette dernière deviendrait donc, bon gré, mal gré, la tête de pont pour le contrôle de l’Europe.[16]

Conclusion : si l’avenir confirme ces perspectives, -et, malheureusement les trends démographiques jouent dans ce sens-, il est manifeste que la France, qui a traversé les siècles à l’ombre de ses clochers malgré trois guerres, ( et la loi de 1005), risque fort de disparaître au monde au profit d’autre chose. Mais quoi ?

 

[1] Après l’aimable qualificatif de Jeunes donnés pendant des années aux voyous des quartiers sensibles par un grand quotidien du soir.
[2] La création de l’association Noirs de France au lendemain des dites émeutes est très significative à cet égard.
[3] Comme dans les DTOM et, naguère, en Afrique francophone
[4] Il est vrai que cela crée de l’emploi public, et du déficit public (il y a désormais 600 00 travailleurs sociaux en France). La dernière idée en date, sortie de ces cervelles géométriques, est qu’il faut démanteler les ghettos en répartissant la population d’origine immigrée sur tout le territoire, comme on délaie du café dans du lait pour l’édulcorer. Et cela, alors que les émeutes ont déjà touché la plupart des régions. Faudra-t-il installer, de force, une famille immigrée dans chaque immeuble et dans chaque maison comme les Bolcheviks l’ont fait pour les bourgeois à la révolution russe?
[5] Car, jusqu’ici, tout a échoué, en France comme en Angleterre, comme aux Pays-Bas
[6] Aussi l’Algérie « française », le Pakistan et les communautés musulmanes en Inde , en Indonésie, au Nigéria : les exemples sont nombreux.
[7] L’intégration des Noirs constituent un problème spécifique : en Afrique, l’Islam y progresse à pas de géant, d’une part ; d’autre part, même christianisés, -à part quelques exceptions phare particulièrement brillantes, Houphouet Boigny, Condolezza Rice- leur insertion dans une société moderne de type occidental, comme aux Etats-unis, semble, à la lueur de l’histoire, rencontrer des difficultés particulières, sans doute d’origine sociologique ou culturelle.
[8] L’expression est du Président de la République dans son allocution de fin d’émeutes.
[9] En vertu du postulat, acquit depuis 30 ans, que tout immigré qui franchit nos frontières devient, dans l’instant fils de Vercingétorix et cousin de Clovis.
[10] La référence à Haïti, où l’auteur a commencé sa carrière, est très illustrative d’un tel processus : après la « libération » par Toussaint Louverture, les Métis ont exterminé ou chassé les Blancs au cours du 19° siècle, puis les Noirs ont exterminé ou chassé les Métis. Si bien qu’aujourd’hui, Haïti est un enfer tropical d’où les meilleurs s’enfuient vers des cieux plus cléments : les docteurs haïtiens abondent à Chicago mais sont absents à Haïti.
[11] L’expression, oh combien expressive, est de la démographe Michelle Tribalat
[12] Nos universités sont déjà envahies (250 000) par des étudiants étrangers de qualité trop souvent médiocre.
[13]Nos voisins, et cela se comprend, seront sans doute fort peu soucieux de recevoir cette masse d’immigrés peu ou pas qualifiés mais porteurs de droits sociaux que la France prodigue a été si enthousiaste à accueillir : « gardez vos immigrés, nous conservons les nôtres »
[14] La Convention des droits de l’homme, parfois l’action du Conseil d’Etat (cf l’arrêt Montcho autorisant la polygamie), à l’occasion celle du Conseil Constitutionnel , d’une partie du corps judiciaire acquis aux idées de « progrès », sans compter les incessantes pressions de multiples associations, Ligue des Droits de l’Homme, SOS racisme, MRAP ,etc. L’Etat réduit à l’impuissance, voit sa politique de redressement paralysée sans espoir dans une toile d’araignée, invisible, mais terriblement efficace
[15] Selon le Wall Street Journal du 15 novembre 2005 et autres sources.
[16] Dans ce jeu aux dimensions du monde, la Turquie sera un pion essentiel .Jacques Chirac aura fait loyalement son jeu aussi longtemps qu’il l’a pu

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